POLITIQUE
25/01/2019 11:53 EST | Actualisé 28/01/2019 13:46 EST

Royalmount: Valérie Plante entend forcer un arrêt temporaire, au besoin

Des négociations avec le promoteur sont entamées, mais Montréal pourrait agir unilatéralement si elles échouent.

Olivier Robichaud

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, entend utiliser tous les moyens à sa disposition pour forcer un «pas de recul» dans le dossier du méga-centre commercial Royalmount. Des négociations avec le promoteur Carbonleo sont entamées, mais la mairesse promet d'utiliser des moyens légaux pour forcer la main de l'entreprise si celle-ci est réticente.

Mme Plante fait donc siennes les recommandations de sa Commission sur le développement économique et urbain et l'habitation. Jeudi, les commissaires ont voté à la majorité pour demander un temps d'arrêt au promoteur. Ils ont aussi recommandé à la Ville d'utiliser des moyens légaux et de demander au gouvernement du Québec d'imposer un décret.

La mairesse dit favoriser la négociation et les invitations ont été envoyées vendredi. Mais toutes les options sont sur la table.

«Comme j'ai ces leviers-là, si c'est nécessaire, oui [je vais les utiliser]. Mais moi je compte énormément sur la bonne foi et jusqu'à maintenant les discussions qu'on a eues sont positives», affirme-t-elle.

Courtoisie - Carbonleo
L'entreprise Carbonleo prévoit un mégacentre commercial nommé Royalmount à l'angle des autoroutes 15 et 40, à Montréal.

Vers une bataille judiciaire?

L'administration Plante compte utiliser les articles 6 et 86 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ces articles permettent, entre autres choses, à l'agglomération de Montréal de forcer une ville liée à adopter un programme particulier d'urbanisme pour un secteur donné. L'administration Plante contrôle le conseil d'agglomération.

Le promoteur Carbonleo a émis un bref communiqué vendredi, pour dire qu'il accepte l'invitation de la mairesse. Les questions du temps d'arrêt ou de possibles mesures légales sont toutefois absentes du document.

«Nous saluons la volonté de la mairesse d'intensifier la concertation et de bonifier un projet qui possède un potentiel extraordinaire pour Montréal, notamment par la présence de partenaires locaux et internationaux. L'ouverture de la mairesse est à notre avis un signal positif pour doter Montréal d'un nouveau quartier et d'une nouvelle destination qui fera l'envie de grandes métropoles», lit-on simplement.

Jeudi, l'entreprise a dit, par voie de communiqué, qu'un temps d'arrêt n'était pas nécessaire.

La municipalité de Ville Mont-Royal, où se trouvent les terrains en question, appuie le projet. Le maire Philippe Roy n'a pas encore réagit.

Olivier Robichaud
Philippe Roy, maire de Ville Mont-Royal, lors de la présentation de son mémoire sur le projet Royalmount à l'hôtel de ville de Montréal.

Jeudi, ses collègues de Montréal-Est et Dollard-des-Ormeaux ont déploré l'ingérence de la métropole dans les pouvoirs des villes liées. Même son de cloche du côté de l'Association des municipalités de banlieue, qui regroupe l'ensemble des villes défusionnées de l'île de Montréal.

Des impacts régionaux

Mme Plante souligne que le projet a été accepté par Ville Mont-Royal, mais que la décision de cette municipalité aura des impacts dans tout le Grand Montréal.

«C'est un projet qui a été présenté comme un projet local. Mais il a des ambitions régionales et ses impacts seront régionaux», dit-elle.

Divers observateurs montréalais craignent des impacts majeurs sur la circulation, sur la vitalité des artères commerciales de Montréal ainsi que sur la vie culturelle au centre-ville.

L'opposition au projet, tel que présenté, fait d'ailleurs consensus parmi les élus de Montréal. Le chef du parti d'opposition Ensemble Montréal, Lionel Perez, appuie aussi les recommandations adoptées jeudi par la commission. Il dit aussi privilégier la négociation avant les moyens légaux.