POLITIQUE
02/10/2018 16:07 EDT | Actualisé 02/10/2018 16:07 EDT

L'environnement, un point d'achoppement entre Montréal et la CAQ?

La mairesse Valérie Plante rappelle qu'elle a été élue avec un «mandat clair» axé sur le transport collectif et la réduction des gaz à effet de serre.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Valérie Plante et François Legault s'étaient rencontrés au début du mois de septembre.

QUÉBEC - Les questions liées à l'environnement, particulièrement le transport collectif, seront à surveiller au cours des quatre prochaines années. Malgré des paroles conciliantes au lendemain de l'élection de François Legault et la Coalition avenir Québec (CAQ), les visions contrastées du nouveau gouvernement et de l'administration de la Ville de Montréal pourraient être source de conflit.

M. Legault a remporté un de ses plus importants défis lundi, en route vers son élection historique. Il a raflé deux sièges sur l'île de Montréal, dont la circonscription de Pointe-aux-Trembles qui sera représentée par la mairesse d'arrondissement Chantal Rouleau.

Mais cette percée de la CAQ en territoire montréalais n'est que le début d'un partenariat qui s'annonce parsemé d'embûches entre le gouvernement et l'administration de Valérie Plante. Notamment en ce qui concerne l'environnement.

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«Je prends acte du mandat très clair qui a été donné à la CAQ. Mais il est important de rappeler que j'ai aussi reçu un mandat clair l'an dernier de la part des Montréalais, pour une vision axée sur la mobilité et ancrée dans la réduction des gaz à effet de serre (GES)», a dit la mairesse mardi, lorsque pressée de questions à ce sujet.

La ligne rose à surveiller

Mme Plante affirme qu'elle poursuit dans sa volonté de faire construire une «ligne rose» du métro, projet phare de son administration qui relierait Montréal-Nord au centre-ville.

En campagne électorale, M. Legault s'est opposé à la ligne rose. Il s'est ensuite ravisé, disant qu'il serait possible de mener le projet en mode hors terre.

Les deux politiciens se sont entendus pour poursuivre les études lancées par l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), dont celle sur la ligne rose.

M. Legault a toutefois été clair sur ses priorités en transport. Dans son «Plan de décongestion» du Grand Montréal, il promet de poursuivre le prolongement de la ligne bleue, de prolonger le REM à Laval et à Boucherville, d'implanter un tramway vers l'Est et vers Montréal-Nord et de prolonger la ligne jaune sur la Rive-Sud.

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Il prévoit aussi le prolongement de plusieurs autoroutes, avec l'ajout de voies réservées aux autobus.

Mme Plante rappelle toutefois la raison d'être de sa ligne rose: la décongestion de la ligne orange.

«Il ne faut pas oublier une chose: tout autre projet de transport collectif, et je pense notamment au tramway de l'Est, [...] va mettre de la pression sur le squelette de notre réseau de métro, qui est la ligne orange», dit-elle.

Des ponts à bâtir

Mme Plante a toutefois passé la majeure partie du point de presse à minimiser les différences qui séparent son administration du gouvernement Legault.

«M. Legault est un homme d'affaires. Il comprend que la métropole est la locomotive du Québec. [...] Ça veut dire qu'il faut entretenir cette locomotive pour qu'elle puisse tirer les autres wagons, qui sont les régions du Québec», a-t-elle illustré.

M. Legault a aussi pris un ton conciliant mardi.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
François Legault a déjà établi ses priorités au lendemain de sa victoire écrasante.

«Si nous voulons une économie forte, nous devons avoir une métropole forte. J'habite à Montréal, c'est très important pour moi», a-t-il dit.

Il a aussi dit qu'il souhaite agir sur les questions environnementales. Il a rappelé sa promesse de développer la production hydro-électrique pour «exporter plus d'énergie propre».

M. Legault n'a pas précisé si Mme Rouleau ou le nouveau député de Bourget, Richard Campeau, obtiendront le poste de ministre responsable de la métropole.