POLITIQUE
23/03/2016 04:01 EDT | Actualisé 23/03/2016 09:37 EDT

Un budget fédéral décevant pour le Québec, selon les partis d'opposition à Ottawa

OTTAWA – Aide aux agriculteurs, transferts en santé, subvention pour Bombardier, le premier budget du gouvernement Trudeau a ignoré des mesures spécifiques au Québec, déplorent les partis d’opposition à Ottawa.

« Je constate qu’il n’y a rien pour Bombardier dans le budget. Il n’y a pas de mention d’une compensation pour les agriculteurs qui pourraient être affectés par l’accord de libre-échange avec l’Union européenne », indique Hélène Laverdière, députée du NPD dans Laurier-Ste-Marie.

Le ministre des Finances a déposé son premier budget le 22 mars 2016.

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Le gouvernement Trudeau avait déjà confirmé que le budget ne comporterait pas d’aide financière dans le budget, puisque les discussions sont toujours en cours. Mais les délais d’attente nuisent à l’industrie aérospatiale au Québec, dit-elle.

« L’incertitude qui règne avec le gouvernement qui ne veut pas se décider à prendre position, ça nuit concrètement et directement à Bombardier. Il faudrait qu’ils se décident et qu’ils fassent une annonce. »

L’accord de libre-échange avec l’Europe, qui pourrait entrer en vigueur l’an prochain, pourrait faire mal aux producteurs québécois avec les quotas d’importation de fromages européens. Ottawa avait promis une compensation aux fromagers qui ne figure pas dans le budget Morneau.

Laverdière déplore également qu’il n’y ait aucun engagement pour davantage de transferts en santé, « alors que c’est un enjeu majeur et que les besoins sont criants ».

Le chef par intérim du Bloc québécois, lui, ne comprend pas pourquoi certaines régions touchées par la baisse des prix du pétrole seraient avantagées par le programme d’assurance-emploi, alors que le Québec contribue à 25% de la caisse.

« On s’attendait à davantage de sensibilité de la part de notre gouvernement pour le Québec, ce qu’on ne voit pas du tout ici, au contraire », a déclaré Rhéal Fortin, qui croit que ce budget est « néfaste » pour les Québécois.

Pas d’aide pour les PME

Gérard Deltell, le député conservateur de Louis-St-Laurent, est furieux que les libéraux soient revenus sur leur promesse de baisser les impôts pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Le gouvernement précédent avait prévu de diminuer leur taux d’imposition de façon progressive jusqu’à 9% en 2019. Or, le budget fédéral prévoit qu’il restera au taux actuel, c’est-à-dire 10,5% depuis le 1er janvier 2016.

Gérard Deltell ne comprend pas pourquoi les PME n'ont pas de baisses d'impôts.

Mais les « vrais créateurs d'emplois, les vrais créateurs de richesse », ce sont les entrepreneurs, dit Deltell. La majorité des PME au Canada, elles, se trouvent au Québec et en Ontario.

« Non seulement ils n’aident pas les PME, mais en plus, ils mettent un bâton dans la roue que nous avions enlevée. Nos entrepreneurs, nos créateurs d’emplois, sont embêtés avec le budget actuel », critique-t-il.

Son collègue Denis Lebel se désole de voir que les petites entreprises sont laissées à elles-mêmes et que le gouvernement n’a « pas de plan pour créer de l’emploi ».

« On voit de l’argent qui va être transféré d’un politicien à un autre politicien ailleurs au Canada et on pense que c’est comme ça qu’on va créer de la richesse au pays », a ironisé le député de Lac-St-Jean.

Des mesures positives

Le gouvernement Trudeau a tout de même respecté bon nombre de ses promesses qui bénéficient à la Belle Province, comme le crédit d’impôt pour les fonds des travailleurs, dit Alexandre Laurin, directeur de recherche à l’Institut C.D. Howe.

Ottawa finance aussi les transports en commun pour chaque province en fonction de son achalandage. Pour le Québec, cette somme avoisine le milliard de dollars sur trois ans dans la première phase du plan d’infrastructures.

« On avait demandé depuis le début d’investir massivement dans les infrastructures, mais ce n’était pas un one size fits all. Évidemment, toute la question de la mobilité durable, c’est devenu intéressant parce que c’est basé sur l’achalandage et pour Montréal, c’est un gros morceau », se réjouit Denis Coderre, maire de Montréal.

Le maire Denis Coderre pense que c'est le début d'une nouvelle ère à Ottawa.

Il se dit aussi heureux de voir des investissements massifs pour lutter contre l’itinérance et pour faire construire plus de logements abordables. Sans oublier les fonds supplémentaires octroyés à Radio-Canada et à la scène culturelle.

« On a un bon partenaire qui veut investir, qui a démontré sa sensibilité. On va lire les crédits demain, mais ça répond amplement à nos besoins et à partir de ça, comme dirait l’autre, on est en business. »

- Avec les informations de Daphnée Hacker-B.

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