POLITIQUE
22/03/2016 04:19 EDT | Actualisé 22/03/2016 05:13 EDT

Budget 2016 : une avalanche de promesses dans l'espoir de faire croître l'économie

OTTAWA – Le ministre des Finances Bill Morneau reste optimiste dans son but d’atteindre l’objectif budgétaire d’ici cinq ans, même si le déficit frôlera les 100 milliards de dollars à la fin du premier mandat du gouvernement Trudeau.

« Je veux vous rappeler nos objectifs. Les Canadiens nous ont dit deux choses : aidez nos familles et faites des investissements pour le futur. Nous croyons que ce budget comporte des investissements importants pour le futur du Canada et nous savons que c’est le bon temps pour faire ces investissements », s’est-il justifié.

Le premier budget libéral prévoit un déficit de 29,4 G$ cette année, soit près de trois fois plus important que les « déficits modestes » prévus en campagne électorale. Il se chiffre ensuite à 29 G$ en 2017-2018, à 22,8 G$ en 2018-2019 et à 17,7 G$ en 2019-2020, pour un total de 98,9 G$.

Après une décennie de faible croissance économique, selon Bill Morneau, il est temps de réinvestir afin de faire rouler l’économie. Les libéraux injecteront 11,9 G$ sur cinq ans dans la première phase de leur plan d’infrastructure et 8,4 G$ sur cinq ans pour aider les peuples autochtones.

Ils effacent également l’héritage des conservateurs de Stephen Harper en annulant plusieurs de leurs mesures controversées. Les prestataires de l’assurance-emploi ne seront donc plus obligés d’accepter du travail moins bien rémunéré et loin de chez eux, et l’âge des prestations pour les aînés revient à 65 ans.

« Notre but est de faire croître l’économie. Avec nos mesures, nous pensons que nous allons avoir un niveau de croissance plus haut. Nous avons expliqué qu’avec un niveau de croissance plus haut, nous pensons que c’est possible d’avoir un budget équilibré dans à peu près cinq ans », a-t-il expliqué en conférence de presse.

Sortir la carte de crédit

Pour Alexandre Laurin, directeur de recherche au C.D. Howe Institute, le ministre des Finances a sorti la crédit du gouvernement pour financer des causes très nobles. Mais il se demande si le moment était bien choisi pour le faire.

« C’est un budget qui dépense où il y a des besoins. Par contre est-ce que le gouvernement pouvait se le permettre à ce moment-ci? Je crois que non », indique-t-il, en entrevue.

Tout autre son de cloche de la part de Sheila Block, économiste sénior du Centre canadien de politiques alternatives. Au contraire, elle pense que le gouvernement Trudeau aurait pu et dû en faire plus.

« Je ne pense pas qu’il y avait beaucoup de surprises dans ce budget. Je pense que le budget est resté fidèle à leur plateforme électorale. Il y avait quelques changements en termes de l’échéance. »

Alexandre Laurin pense que le ministre des Finances devra rembourser ses dettes avec des compressions ou des hausses d’impôts aussitôt qu’il aura rangé sa carte de crédit si la croissance économique anticipée n’est pas au rendez-vous.

« La toile de fond, c’était quand même une économie faible et des perspectives de croissance économique à long terme extrêmement faibles. Alors c’est assez surprenant que le gouvernement dépense. »

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