LES BLOGUES

L'essentielle addition

20/09/2016 10:22 EDT | Actualisé 27/09/2016 12:24 EDT

L'indépendance du Québec, la création de la République du Québec, c'est le seul objectif qui soit au-delà des partis, au-delà des égos. Le Parti Québécois a initié le cheminement du peuple québécois vers son indépendance, mais comme le mentionnait très justement Pierre-Karl Péladeau, il n'en est plus le seul véhicule.

Nous ne pouvons plus nous contenter de faire un appel aux «brebis égarées» afin qu'elles fassent un retour au PQ. Nous devons reconnaitre la diversité des composantes du mouvement indépendantiste et considérer cette réalité comme une force à exploiter plutôt qu'un empêchement à avancer. Ces partis, groupes et mouvements qui font également la promotion d'un statut de pays pour le Québec sont regroupés pour la plupart au sein des Organisations Unies pour l'Indépendance (OUI-Québec). Le Parti québécois, dans ses plus belles années, était un parti de coalition. Il est temps de revenir à la base.

Grâce à l'initiative de la société civile, l'alliance entre les partis souverainistes, Parti Québécois, Québec Solidaire et Option Nationale, a commencé à se développer à travers les États généraux sur la souveraineté, lancés par le Conseil de la souveraineté en 2012, auxquels de nombreux militants de ces trois partis et du Bloc Québécois ont participé. Qu'arrivera-t-il de ces travaux si le Parti québécois capitule sur l'engagement de faire l'indépendance dans un premier mandat ? Les discussions seront vraisemblablement dans une impasse et l'élection de 2018 risque fort d'être une malheureuse répétition de 2014... ou pire encore.

«Réaliser la convergence indépendantiste en 2018, c'est se donner les moyens de s'entendre afin de faire bloc contre les libéraux.»

Réussir la convergence des indépendantistes

Une des conditions importantes pour qu'une convergence puisse se faire, c'est le respect mutuel. Il est grandement temps de laisser de côté les vieilles rancunes et les blâmes. Cela vaut autant pour les militants de la base, les membres des partis et leurs exécutifs, les élus et les chefs. Réaliser la convergence indépendantiste en 2018, c'est se donner les moyens de s'entendre afin de faire bloc contre les libéraux. Ce n'est qu'ensemble, en s'additionnant plutôt qu'en se divisant que nous serons en mesure de sortir ce gouvernement délétère, sûrement un des plus dommageables qu'on ait eu pour le Québec.

Nous devons regarder attentivement nos programmes respectifs et faire ressortir les aspects qu'ils ont en commun, comme le processus de constituante par exemple. Il est clair pour moi que nous avons beaucoup plus de points de ralliement qu'on a tendance à le croire. Mais pour réussir cette «rencontre historique», nous devons faire bien plus que de lancer de jolis messages et tendre la main sans trop y croire. Nous devons nous engager fermement à ne plus balayer l'indépendance toujours plus loin devant.

Mes trois engagements pour une convergence réussie

Mes collègues candidats ont manifestement capitulé sur l'idée de convergence puisqu'aucun d'entre eux ne propose de faire l'indépendance dans un premier mandat, condition sine qua non pour rallier Québec solidaire et Option nationale. Et ce n'est pas que moi qui le dis!

Pas plus tard que la semaine dernière, Sol Zanetti, chef d'Option nationale, s'exprimait sur la question dans un article de La Presse et soulignait que Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Paul St-Pierre Plamondon ont démissionné de cet enjeu fondamental qu'est la convergence des forces indépendantistes.

Moi, j'ai un plan pour y arriver. Dans mon dernier billet de blogue, je vous ai mentionné mon Plan 2018 pour la victoire des indépendantistes. La convergence est un des trois axes de mon approche, avec la mobilisation du Parti québécois et une consultation populaire sur le projet de pays.

«Proposer la sempiternelle gouvernance provinciale ne fera qu'isoler plus encore le Parti québécois tout en continuant la fragmentation du mouvement indépendantiste.»

Chaque parti ou mouvement a sa propre personnalité. Ça n'empêche nullement ce nécessaire rapprochement puisque l'objectif ultime est commun. Je m'engage à réaliser l'indépendance dans un premier mandat, condition essentielle pour rallier Option nationale et Québec solidaire, bien entendu, mais aussi pour convaincre les 30 % d'indépendantistes de la CAQ de se joindre à ce mouvement. Si on leur dit qu'on exclut l'indépendance d'un premier mandat ou encore qu'on ne sait pas encore ce qu'on en fera, on propose en fait un statu quo et chacun reste sur ses positions.

Je le répète : remettre l'indépendance dans un hypothétique deuxième mandat, ne pas statuer sur le moment en restant flou ou la soumettre à une étape supplémentaire comme un registre de signature sont toutes des avenues qui mènent à l'échec de la convergence. Et qui dit échec de la convergence dit - j'en suis malheureusement convaincue -impossibilité de gagner les élections de manière majoritaire en 2018.

>L'an 1 du gouvernement Ouellet

Proposer la sempiternelle gouvernance provinciale ne fera qu'isoler plus encore le Parti québécois tout en continuant la fragmentation du mouvement indépendantiste. Capitulation et repli sur soi causés par la peur de perdre, désolée mais c'est hors de question. Ça prend du courage et une vision claire pour faire un pays.

J'entends miser sur ces forces pour que nous soyons en mesure d'établir une plate-forme commune. Mon approche assumée m'a déjà permis de m'adjoindre des membres actuels ou passés d'Option nationale et Québec solidaire. J'entends poursuivre dans cette direction tout en respectant l'autonomie de tous les partis.

Une fois élue chef du Parti québécois, je soutiendrai fermement le principe de la convergence de l'ensemble du mouvement indépendantiste en assurant une participation proactive à la table de concertation du OUI-Québec avec les partis indépendantistes. Nous apporterons notre propre contribution à la définition d'une feuille de route vers l'indépendance du Québec et en ferons la promotion au cours de la prochaine campagne électorale et soutiendrons les efforts de promotion des mouvements de la société civile dans la critique du régime canadien et la promotion du pays du Québec.

Ensemble, c'est tout le pays du Québec qui en sortira gagnant !

À LIRE AUSSI

>Course à la chefferie du Parti québécois: les candidats débattent par blogues interposés

> 2e débat de blogues entre les candidats


VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Qui pourrait devenir chef du PQ

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter