On a les héros qu'on mérite et les Québécois, qui ont une piètre estime d'eux-mêmes, éprouvent sans doute du mal à accorder de la grandeur et de la vertu à de leurs semblables. Le cas est particulièrement évident avec nos hommes et nos femmes politiques qui se sont portés à la défense de nos droits à travers l'histoire. Alors que la France célèbre Clémenceau et de Gaulle, et les États-Unis, Washington et Roosevelt, le Québec a plutôt pour héros des bagarreurs pugnaces, de Louis Cyr à Maurice Richard, des hommes « de peu de mots ».
Comment peut-on concilier la plus grande liberté individuelle possible et l'égalité entre tous au sein de la communauté? Voilà un paradoxe politique fondamental et on ne peut plus actuel. Au Québec comme ailleurs, un discours de droite pseudo-libertarien affirme haut et fort que ce paradoxe est insoluble - on peut le lire sur toutes les tribunes : à lire et à écouter ses auteurs, la gauche serait liberticide en défendant l'intervention de l'État (notamment) pour favoriser une plus grande justice sociale, à combattre les inégalités socioéconomiques.
Jeune, dès que j'ai eu assez d'argent pour m'abonner à un journal, c'est au Devoir que je l'ai fait. Bien que plus mince que ses concurrents, la qualité des analyses et des lettres d'opinion inspiraient le militant politique précoce que j'étais. C'est donc avec une grande tristesse que je vois Le Devoir glisser dans la non-pertinence. En période d'éclipse de la question nationale, cette déliquescence est surtout visible sur les enjeux internationaux.
Les données issues de la recherche en santé montrent qu'il faut améliorer le sort des personnes qui reçoivent de l'aide sociale. Le lien étroit qui existe entre la pauvreté et une mauvaise santé est irréfutable. Il a été mis en évidence régulièrement à diverses périodes de l'histoire, dans différentes parties du monde et parmi différents groupes de personnes.
Il existerait un déséquilibre systémique et récurrent: alors que la population anglophone du Québec compte pour moins de 9 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25 %, et plus, des fonds du gouvernement québécois et quelque 35 % de l'aide du gouvernement fédéral. Ceci revient à dire que les universités québécoises francophones ne reçoivent pas leur juste part.
Plus qu'un conflit armé, improbable, un effondrement du régime désordonné, qui deviendrait vite incontrôlable et entraînerait une guerre civile (avec une nation nucléaire,une première!), est sans doute le plus grand danger qui menace la péninsule.
En octobre dernier, la FAO faisait un triste constat: les progrès en matière de réduction de la faim dans le monde ralentissent depuis 2007-2008. Dès lors, il faut poser la question: combien de plus? Combien d'autres personnes le monde laissera-t-il souffrir de la faim et la sous-nutrition, se vider peu à peu de leurs forces au point souvent d'en perdre la vie?
Ce qu'il est convenu d'appeler d'une façon générale l'"antisémitisme" -improprement- ou la "judéophobie" pourrait être défini simplement, du point de vue des victimes, comme l'ensemble des violences subies par les Juifs dans l'Histoire. Mais l'existence de victimes juives implique celle de leurs agresseurs ou de leurs "bourreaux", dont les motivations et les actes peuvent être qualifiés, toujours aussi improprement, d'»antisémites" - car ce ne sont pas "les Sémites" qui sont visés par les "antisémites", mais bien "les Juifs".
Des études en médecine, c'est une aventure folle qu'on commence très jeune. C'est une sur-stimulation continuelle, une quantité inimaginable de matière à ingérer dans des laps de temps limités. C'est incroyablement excitant, mais par moment épuisant. On pourrait facilement penser que ça laisse peu de place à autre chose. Faux.
En 1968, j'avais 20 ans presque 21, et toute une année de police derrière moi. Embauché avec 140 autres jeunes comme moi, tout juste avant l'Expo 67, nous avions profité de cette époque bénie entre toutes. Ma première Saint-Jean-Baptiste en tant que flic, fut un souvenir impérissable. Les gens en liesse applaudissant les fanfares et les chars allégoriques, les jeunes filles légèrement vêtues, peu farouches et séductrices, les officiers aux dorures étincelantes... Bref, une Saint-Jean comme on n'en verra plus pendant des années.
Le mois de mai est typiquement chargé dans le monde des séries. Entre les renouvellements, les annulations de séries et les nouveaux pilotes commandés par les chaînes, il est facile de se perdre. Votre série préférée a-t-elle été reconduite pour une nouvelle saison? Quelle chaîne a annulé le plus de programmes cette année? Réponse ici.
L'ADN est un exemple frappant de la Nature exponentielle du progrès technologique. En 1985, les généticiens considéraient que l'on ne pourrait jamais séquencer l'intégralité de notre ADN. En réalité, ce projet colossal de trois milliards de dollars toucha au but en 2000, avec l'annonce d'une première ébauche du génome humain.
Au XVIIe siècle, dans l'éventail des référents identitaires (individuels ou collectifs) que pouvait mobiliser un paysan du Royaume de France, il est certain que celui de "blanc" n'avait pas sa place. Il se définirait sans doute par sa parenté, son village, sa seigneurie, sa région; des qualités y seraient certainement attachées, physiques ou morales, mais de "couleur de peau", point. Le processus de caractérisation chromatique avait pourtant débuté, aux frontières du Royaume.
Le choc ressenti par les Canadiens à la suite de la récente tragédie au Bangladesh montre qu'en tant que pays, nous nous soucions profondément du bien-être d'autrui et nous voulons des pratiques commerciales responsables et l'absence d'exploitation des travailleurs. Le statu quo n'est pas une option. Il est plus que temps d'adopter des mesures pour responsabiliser davantage les entreprises canadiennes qui mènent des activités ou font de la sous-traitance à l'étranger.
Politiques antisociales, mépris de la science, rhétorique haineuse - pour plusieurs, les conservateurs d'ici et d'ailleurs semblent difficiles, voire impossibles à comprendre. Or, la psychologie étudie depuis longtemps ce mouvement, avec des résultats surprenants. Vous ne verrez plus jamais les conservateurs de la même façon!
Le dernier billet de Bruno Massé sur le Huffington Post Québec est cinglant, accusateur, dénonciateur, mais, surtout, il n'est ni nouveau, ni original. Ce blogue est le chapitre le plus récent aux cinquante dernières années de diabolisation de la droite et du conservatisme. Ces dernières ne sont pas pareilles quoiqu'en pense l'auteur de La psychologie des conservateurs. Mais ce qui frappe le plus dans ce billet c'est à quel point Massé utilise l'objectivité de la science pour en faire un argument moral qui à comme objectif d'exclure une pensée politique et philosophique du débat public.
Juliette Morillot, 20.05.2013
Claudel Petrin-Desrosiers, 20.05.2013
François Danel, 20.05.2013