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Les fourbes, les menteurs et le peuple

30/09/2016 10:01 EDT | Actualisé 30/09/2016 10:01 EDT

Je ne suis jamais à l'aise pour jaser politique, mais là, je commence à en avoir plein le pompon. En 2005, j'ai été approché par un parti municipal d'une ville de province et voulant relever le défi, je m'y suis lancé. C'est là que tu vois comment ça fonctionne. Des élus connaissant tous les personnages clés, vous savez, ceux qui influencent les votants. Des proches (firmes et autres) qui versent des sommes au noir, des élections clé en main, etc. Ceci étant une norme établie.

Il y aura eu quelques commissions d'enquête, l'UPAC et autres. Vous croyez que ça change quelque chose? Bien non. Nous attendons encore les procès au fédéral. Au Québec, ça traîne encore plus que pour les motards. Plusieurs politiciens auront le temps de mourir de leur belle mort avant d'être sentenciés.

Toutes les semaines, nous apprenons sans surprise, qu'un élu vient de se faire prendre en défaut. Le dernier en liste étant Laurent Lessard qui trouve normal que son ancien bras droit, Yvon Nadeau, reçoive des subventions, gère des chalets et ne respecte pas le contrat, oubliant de payer son dû. Que l'épouse de celui-ci soit aussi mêlée à un scandale. Pire, que sa propre épouse et un ex-organisateur libéral soient eux aussi dans l'eau chaude. Je n'ose même plus parler de Nathalie Normandeau, c'est de la vieille nouvelle. Arthur Porter est mort, le pauvre. L'ineffable Sam Hamad est mis de côté et notre premier ministre chante «Tout va très bien Madame la marquise».

J'allais oublier les transfuges de la CAQ, partant avec de la documentation. Vous croyez que ce sont les premiers à l'avoir fait? Ce sont probablement les premiers à se faire prendre aussi bêtement. Comment un parti politique peut accepter une telle façon d'agir, simple... Ça ne se saura pas! Et si jamais on est découvert, on fera les surpris, on lancera une boutade et «Passons à autre chose».

Mentir? Bien sûr. Mentir jusqu'au bout et à la fin, s'il ne reste plus d'alternatives, avouer piteusement et trouver le mot qui fera que l'on demeure quand même sympathique. Souvenez-vous de l'affaire Nixon, mentir, puis mentir à nouveau, sacrifier les autres et à la fin, devant un monceau de preuves, avouer humblement et faire un peu pitié.

Pendant ce temps, au municipal, l'ex-maire Michael Applebaum se débat comme un diable dans l'eau bénite pour ne pas se faire varloper par la justice. De requête en requête, il tente par tous les moyens à sa disposition soit de retarder soit d'annuler l'échéance. D'autres l'ont fait avant lui. Souvenons-nous de l'affaire Cinar, tous ces beaux messieurs aux airs suffisants, croyant pouvoir tenir jusqu'à la mort de l'adversaire.

Alors, quand un médecin spécialiste se dit «Je vais faire la piassssse», il faut qu'un médecin prenne sa retraite pour dénoncer la fraude, ce n'est pas rien. Un bonhomme qui charge trois fois le prix, un petit profit d'un million et demi. Pire, il menace de partir si quelqu'un veut l'en empêcher. Pourquoi ne le ferait-il pas? L'exemple vient de plus haut.

Chers politiciens, chères élites, ceux qui nous disent se lancer en politique pour notre bien commun et ceux qui les entourent si bien, je suis las, fatigué, usé par tant de scandales. Le peuple devient cynique, morose, désabusé. Vous attaquez les pauvres gens et les traitez en parasites. Pourtant, de ce que je vois, les parasites sont plutôt assis bien à l'aise sur des fauteuils rembourrés dans des parlements vides de sens.

«Ceux qui sont en bas veulent la justice et ceux qui sont en haut, la paix sociale.»

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