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15/04/2019 13:16 EDT | Actualisé 15/04/2019 13:17 EDT

Avons-nous besoin de croix ou de croyants?

Choisissons un avenir de croyants de toutes confessions qui, plutôt que de s’attacher aux croix et autres signes religieux, s’attacheront à vivre pleinement leur foi dans la diversité.

CP/Paul Chiasson
À l’hôtel de ville de Montréal, l’emblème que représente l’auguste croix du Christ, symbole éloquent du christianisme, prend le chemin des collections muséales avec l’honneur et le respect qui lui reviennent.

Le choix est crucial. L'État devra statuer clairement sur sa laïcité en la garantissant bientôt par une loi. La métropole québécoise au pluralisme religieux donne déjà le ton. À l'hôtel de ville de Montréal, l'emblème que représente l'auguste croix du Christ, symbole éloquent du christianisme, prend le chemin des collections muséales avec l'honneur et le respect qui lui reviennent.

Nous en sommes à affirmer le caractère laïque de l'État, tout en préservant le patrimoine religieux. Ce projet de loi est l'aboutissement d'un débat politique qui n'est pas nouveau. C'est le fruit d'un long cheminement: celui de la reconnaissance des droits des minorités, des droits et des libertés de la personne —le respect des libertés fondamentales en somme!

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D'emblée, nous avons déconfessionnalisé bon nombre d'écoles tandis que d'autres sont demeurées confessionnelles par respect des droits et libertés de croyants, justement. Le pas avait été franchi en préférant la conciliation et l'unité à la contestation et à la division. Poursuivons donc notre route, nourris d'un profond respect des uns envers les autres. Écoutons avec diligence les paroles divines, l'appel à une véritable expérience de fraternité.

Des croix ou des croyants? Le choix est crucial. Qu'on soustraie des croix à la vue, ici ou ailleurs, j'estime que cela ne constitue pas une préoccupation de première importance.

Dans notre société largement sécularisée, l'essentiel consiste à trouver des personnes croyantes socialement engagées pour le mieux-être, pour le mieux-vivre de la collectivité.

Le pape François remet au cœur de notre foi la mission de l'être humain, soit celle d'entrer dans la «mystique du vivre ensemble», véritable raison d'être de notre vie sur Terre. L'Église explore aujourd'hui tous les moyens de marquer un tournant, dans l'écoute, le dialogue, l'accompagnement. Nous devons endosser les valeurs chrétiennes, qui excluent l'exclusion.

Nous avons moins besoin de crucifix que de croyants qui savent rendre compte du sens de la Croix dans leur vie. Sachons être des «fervents de la vraie foi» habités de la présence de l'amour divin. Voilà le vrai sens qu'est venue apporter la Croix!

Dans ce monde qui blesse, où tant de gens affectés par la misère languissent de ne pouvoir trouver de véritables cœurs compatissants et fraternels, un peu d'amour guérisseur et consolateur, nous avons grand besoin de croyants.

Nous sommes au troisième millénaire... Les médias nous rapportent comme jamais des images de pays aux prises avec des divisions qui se multiplient comme un cancer généralisé, où croissent les inégalités et où s'érigent des murs de haine.

Ce monde espère des croyants de toutes confessions qui s'écrieront: c'en est assez! Des croyants qui travailleront à réconcilier les divisions, à faire régner cette fraternité nécessaire et à souder les communautés.

Nous devons nous rallier enfin à la réalité du monde qui réclame des frères et sœurs dont le véritable souci est celui du partage dans le respect de la tolérance et de la diversité.

Sous le vernis du crucifix de la discorde et des divisions politiques apparaît la source du véritable débat: la laïcité.

Une laïcité qui reste à clarifier, mais qui offre déjà l'avantage de donner un sens réel et positif à notre quête d'aujourd'hui et de demain.

Choisissons un avenir de croyants et de croyantes de toutes confessions qui, plutôt que de s'attacher aux croix et autres signes religieux, s'attacheront à vivre pleinement leur foi dans la diversité. Travaillons ensemble au service d'une nouvelle humanité, d'une civilisation de l'amour, comme le proclamait Jean-Paul II.

La séparation de la religion et de l'État est chose faite. Dans le contexte social que nous vivons, dans cette attente de l'adoption de la loi sur la laïcité, attachons-nous au devoir du savoir-vivre ensemble pour un mieux-être commun.

Il y a trop de crucifiés sur Terre. Cessons de voir les religions sous l'angle des extrémistes de tout acabit. Puisons plutôt en elles des forces nouvelles constructives pour un véritable devenir communautaire. Voilà la véritable responsabilité sociale qui nous incombe, croyants et croyantes de toutes confessions.

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