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05/04/2019 13:22 EDT | Actualisé 05/04/2019 13:52 EDT

Développement professionnel: un remède contre le mal-être des enseignants?

Les enseignants se sentent démunis, voire inefficaces dans l’accueil des élèves à besoins particuliers parce qu'ils n’ont pas reçu de formation les préparant à intervenir auprès de cette clientèle.

Cavan Images via Getty Images
Les activités de formation continue s’avèrent une avenue prometteuse, puisqu’elles permettent un processus de transformation par lequel les enseignants parviennent peu à peu à améliorer leur pratique, à maitriser leur travail et à se sentir plus à l’aise dans leur pratique.

La société confie aux enseignants ce qu'elle a de plus précieux, ses enfants. À son tour, l'école a le mandat d'assurer la transmission des valeurs et de la culture de la société et prépare les jeunes à contribuer au développement de cette société. Or, la réalité actuelle du métier d'enseignant rend l'exercice de la profession beaucoup plus complexe.

Dans une approche d'intégration scolaire, le système scolaire québécois ouvre les portes de ses écoles à un nombre sans cesse croissant d'élèves à besoin particulier: élèves handicapés, élèves en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA).

Dans sa plus récente enquête, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse annonçait qu'entre 2001 et 2016 on observe une hausse des effectifs d'EHDAA de 52,6% au primaire et de 96,4% au secondaire.

Malgré ce constat, force est d'admettre que la formation initiale des enseignants ne répond malheureusement pas à leurs besoins et ne permet pas de faire face à la réalité des classes d'aujourd'hui.

À cet effet, plusieurs études montrent que les enseignants se sentent démunis, voire inefficaces, dans l'accueil des élèves à besoins particuliers, et ce puisqu'ils n'ont pas reçu de formation les préparant à intervenir auprès de cette clientèle. Ces ressentiments sont à leur tour fortement corrélés avec l'épuisement professionnel et l'abandon de la profession.

À la lumière de ses constats, les activités de formation continue s'avèrent une avenue prometteuse, puisqu'elles permettent un processus de transformation par lequel les enseignants parviennent peu à peu à améliorer leur pratique, à maitriser leur travail et à se sentir plus à l'aise dans leur pratique.

Or, encore faut-il que celles-ci soient efficaces et répondent aux besoins des enseignants. Les enseignants pourront en témoigner, la succession de formations ponctuelles, fragmentées et décontextualisées sans suivi ni accompagnement ne permet pas un apprentissage significatif.

Il convient alors de se questionner quant aux manières de favoriser le transfert dans le contexte scolaire québécois des principes d'efficacité du développement professionnel puisqu'ils influencent de manière significative l'efficacité avec laquelle les activités de formation continue produiront leurs effets.

Bref, il faut abolir les frontières entre les milieux de la pratique et les universités afin d'offrir aux enseignants des activités de développement professionnel qui permettront d'accroître leur satisfaction au travail, leur sentiment d'efficacité personnel et par le fait même la qualité du climat de travail.

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