LES BLOGUES
14/02/2019 16:55 EST | Actualisé 14/02/2019 17:14 EST

Une fenêtre est présentement ouverte pour le Bloc québécois

Qui aurait cru après le malheureux passage de Martine Ouellet à la tête de cette formation, que le Bloc québécois redeviendrait un joueur de premier plan sur la scène fédérale...

Le passage de Martine Ouellet au Bloc aura tellement été néfaste pour la formation souverainiste qu'Yves-François Blanchet n'a qu'à tenir diligemment le volant sans coups d'éclat afin que son parti renoue avec une meilleure perception de la population.
CP/Adrian Wyld
Le passage de Martine Ouellet au Bloc aura tellement été néfaste pour la formation souverainiste qu'Yves-François Blanchet n'a qu'à tenir diligemment le volant sans coups d'éclat afin que son parti renoue avec une meilleure perception de la population.

Pour ceux et celles qui pensaient que le Bloc québécois était en fin de vie, force et d'admettre que l'actualité politique avec un gouvernement libéral centralisateur au pouvoir à Ottawa, les maladresses conservatrices ainsi que la chute du NPD, combiné à l'arrivée du nouveau chef bloquiste, Yves-François Blanchet, sont des éléments qui changent complètement la donne...

En effet, qui aurait cru après le malheureux passage de Martine Ouellet à la tête de cette formation politique que le Bloc québécois redeviendrait un joueur de premier plan sur la scène fédérale...

Comme Mario Dumont — un confrère cacounois — l'a très bien expliqué dans une récente analyse publiée dans Journal de Québec, le passage de Martine Ouellet au Bloc aura tellement été néfaste pour la formation souverainiste qu'Yves-François Blanchet n'a qu'à tenir diligemment le volant sans coups d'éclat afin que son parti renoue avec une meilleure perception de la population.

Malgré cela, l'élection d'un gouvernement nationaliste à Québec, en l'occurrence la Coalition avenir Québec, qui ne cesse de se faire dire non par Ottawa dans ses demandes autonomistes, ouvre une grande fenêtre dans laquelle le Bloc doit se faufiler puisque la joute politique se joue présentement sur des questions en lien avec le nationalisme québécois désirant œuvrer à l'intérieur du giron canadien...

François Legault dit à qui veut l'entendre qu'il est nationaliste et continu ainsi de marteler — malgré les nombreux refus d'Ottawa sur ses demandes — qu'un prix politique sera à payer au Québec pour les partis fédéraux refusant d'octroyer plus de pouvoir à la belle province.

Par contre, François Legault tentera-t-il ainsi de favoriser ses alliés conservateurs qui l'ont abondamment appuyé lors de la dernière campagne au provincial ou provoquera-t-il une alliance avec le Bloc québécois afin d'élire un gouvernement minoritaire au fédéral pour faire avancer ses dossiers en tentant d'aider le Bloc québécois à se procurer la balance du pouvoir à Ottawa?

Si François Legault veut vraiment faire avancer le Québec au sein de la fédération canadienne, il ne doit pas jouer la carte de l'alliance avec les conservateurs, mais bien de souhaiter l'élection du plus de députés bloquistes possibles le 22 octobre prochain pour faire pression sur un gouvernement minoritaire, qu'il soit libéral ou conservateur...

Pourquoi d'ailleurs ne pas céder aux pressions conservatrices? Simple, les troupes d'Andrew Sheer, à l'instar de celles de Stephen Harper, se servent uniquement du nationalisme québécois à des fins partisanes afin de faire élire le plus de députés conservateurs au Québec pour, au final, se donner un gouvernement majoritaire et ensuite, nous imposer le passage d'un oléoduc sur nos terres, même si une majorité de Québécois est contre...

On a récemment vu le bon Canadien-français de service, en l'occurrence le libéral Pablo Rodriguez, frapper sur les Québécois, on peut également se rappeler les propos de colonisé du député conservateur de la circonscription de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold qui reprochait à la libérale Diane Lebouthillier de répondre seulement en français à la Chambre des communes...

Rappelons-nous aussi la saga de l'Université francophone en Ontario où le chef conservateur n'a pas voulu froisser son allié, le premier ministre Doug Ford, en omettant de le condamner publiquement pour son geste...

Ainsi, la meilleure façon pour faire avancer les demandes du Québec n'est sûrement pas de donner carte blanche aux conservateurs qui doivent jongler avec tous les intérêts des Canadiens et des lobbys d'un océan à l'autre, mais bien d'envoyer une majorité de députés du Bloc pour représenter les Québécois dans un gouvernement minoritaire à Ottawa, et ainsi faire pression sur celui-ci.

Si Legault veut demeurer au sein de la grande famille canadienne et reprendre le combat de ses aïeux, la seule façon d'y parvenir est de s'allier avec le Bloc québécois, afin que celui-ci se procure la balance du pouvoir à Ottawa.

À moins que Legault soit en train de manigancer pour créer une crise constitutionnelle dans le but de remettre à l'avant-scène l'idée de l'indépendance du Québec, ou monnayera-t-il le passage d'un oléoduc sur au Québec contre certains pouvoirs?

Le Bloc se doit d'être inclusif

Pour que le Bloc québécois puisse détenir la balance du pouvoir à Ottawa, il doit sortir de ses vieilles pantoufles d'exclusivité souverainiste pour ses rangs en accueillant dans sa formation politique des nationalistes hésitants...

Pourquoi?

Vaut mieux avoir des nationalistes dans nos rangs qui ont la moitié du chemin de fait en ce qui concerne l'indépendance du Québec, que de laisser ceux-ci dans un parti pancanadien avec les mains attachées par le fédéralisme.

Je fais allusion ici à certains députés nationalistes du NPD qui n'attendent qu'une main tendue d'Yves-François Blanchet afin de faire le saut avec le Bloc.

À 8% des intentions de vote au Québec pour le NPD et un chef qui ne passe pas très bien, il y a présentement des agents presque libres qui pourraient bonifier l'équipe du Bloc...

Cependant, pour ce faire, Yves-François Blanchet devra sortir des sentiers déjà trop battus du mouvement souverainiste pour enfin faire place à des nationalistes hésitants qui sont tout de même des nationalistes...

Il ne s'agit pas ici de faire mourir l'idée de l'indépendance du Québec, mais de la bonifier en prenant un chemin différent.

La donne politique a changé au Québec avec l'arrivée d'un gouvernement nationaliste.

Il ne s'agit pas ici de faire mourir l'idée de l'indépendance du Québec, mais de la bonifier en prenant un chemin différent, et ce, en usant habilement des forces en présence plutôt que d'être nostalgique en faisant du surplace avec des stratégies d'exclusivités comme si nous étions encore dans les années 90...

Il y a plus d'un chemin qui mène à Rome n'est-ce pas? Il en va de même avec l'indépendance du Québec...

Il est ainsi plus facile de convaincre des nationalistes hésitants sur les bienfaits d'un Québec indépendant que de faire défroquer des fédéralistes purs et durs n'est-ce pas?

Maintenant, c'est au chef du Bloc à réagir habilement!

À LIRE AUSSI:

» Enregistrement des armes ou soins en santé mentale? Faux débat!
» 15 bons vins de spécialité de moins de 20$
» Venezuela: la faiblesse de la diplomatie occidentale

La section des blogues propose des textes personnels qui reflètent l'opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.