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Cavale de Martin Carpentier: la SQ dévoile le fil des événements

L'inspecteur-chef Guy Lapointe a fait le récit de ce qui s'est passé entre l'accident de voiture et la mort de Norah, Romy et Martin Carpentier à Saint-Apollinaire.
Norah Carpentier, 11 ans, et sa soeur Romy Carpentier, 6 ans.
Norah Carpentier, 11 ans, et sa soeur Romy Carpentier, 6 ans.

Les petites Norah et Romy et leur père Martin Carpentier étaient tous décédés quelques heures après le mystérieux accident de voiture dans lequel ils ont été impliqués le 8 juillet dernier en soirée, estime la Sûreté du Québec (SQ).

«Ce que l’enquête démontre, c’est qu’au lever du jour le 9 juillet dernier, l’irréparable était déjà commis. Les fillettes étaient malheureusement décédées et le suspect aussi», a déclaré l’inspecteur-chef Guy Lapointe, directeur des communications, lors d’un point de presse mercredi.

Retraçant le fil des événements, l’inspecteur-chef a confirmé que la SQ classait la mort de Romy, 6 ans, et Norah, 11 ans, comme un double meurtre. Le corps de leur père, Martin Carpentier, a été retrouvé lundi dernier. Les policiers estiment qu’il n’y a «clairement» pas eu d’implication d’un tiers dans les tragiques événements. L’enquête criminelle est donc close.

«Cette embardée-là c’est vraiment un point de bascule.»

- L'inspecteur-chef Guy Lapointe de la SQ

L’inspecteur-chef a décrit les déplacements connus de Martin Carpentier et de ses filles après l’embardée sur l’autoroute 20 est, dans le secteur de Saint-Apollinaire, près de Québec.

«Cette embardée-là c’est vraiment un point de bascule», a affirmé l’inspecteur-chef, ajoutant que c’est à ce moment que le comportement de Martin Carpentier est devenu «hors-norme».

L’enquête a démontré que l’embardée ne semblait pas intentionnelle. Des traces sur la chaussée semblent même indiquer que l’homme a tenté de reprendre le contrôle du véhicule.

Des témoins oculaires auraient ensuite aperçu le trio en train de traverser l’autoroute en courant. «L’une des fillettes marchait et l’autre était portée dans les bras [de Martin Carpentier]», a précisé M. Lapointe.

C’est au cours des premières heures suivant l’accident que Martin Carpentier, qui était pieds nus après avoir perdu une de ses sandales dans la voiture, s’est introduit dans une roulotte pour se ravitailler. Il était vraisemblablement toujours en compagnie de ses fillettes à ce moment.

Les corps des deux fillettes ont été retrouvés le 11 juillet en avant-midi, dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, à quelques kilomètres du lieu de l’accident. Celles-ci avaient possiblement été blessées dans l’embardée, mais ont été tuées «avec un objet contondant» moins de 12 heures plus tard, a expliqué Guy Lapointe.

Martin Carpentier s’est suicidé peu de temps après, a-t-il ajouté, refusant de décrire la méthode utilisée par le suspect pour mettre fin à ses jours.

Le corps de Martin Carpentier a été retrouvé lundi soir derrière une résidence sur le rang Saint-Lazare, dans la municipalité de Saint-Apollinaire. 
Le corps de Martin Carpentier a été retrouvé lundi soir derrière une résidence sur le rang Saint-Lazare, dans la municipalité de Saint-Apollinaire. 

Son cadavre a été retrouvé derrière une propriété isolée sur le rang Saint-Lazare, un endroit densément boisé de la municipalité de Saint-Apollinaire, à l’ouest de Lévis.

L’homme de 44 ans était recherché depuis 12 jours, et c’est une information transmise par un citoyen qui a mené à la découverte du cadavre, a fait savoir la SQ.

Des questions sur l’alerte AMBER

L’alerte Amber, qui a été déclenchée le 9 juillet vers 15h et a pris fin lors de la découverte du corps des fillettes deux jours plus tard, a été la plus longue de l’histoire du Québec.

Lors du point de presse, des journalistes ont demandé pourquoi celle-ci n’avait pas été déclenchée plus tôt. Les soeurs Carpentier manquaient à l’appel depuis plus de 18 heures lorsque celle-ci a été déclenchée.

La chasse à l'homme pour retrouver Martin Carpentier, 44 ans, a duré 12 jours.
La chasse à l'homme pour retrouver Martin Carpentier, 44 ans, a duré 12 jours.

Aux dires de la SQ, rien ne portait à croire que Martin Carpentier représentait un danger pour les deux enfants au moment de l’accident. Il venait d’aller acheter une crème glacée en compagnie de ses filles et était vraisemblablement en route pour aller les reconduire chez leur mère lorsque tout a basculé, a expliqué M. Lapointe.

La famille, bien qu’inquiète en raison de l’accident, n’avait aucune raison de craindre que le père soit une menace pour les deux fillettes, a-t-il répété à quelques reprises. «Là, tout ce qu’on a c’est une embardée, on n’a pas de notions que le père ne va pas subvenir aux besoins des fillettes.»

«La présomption, c’est quelqu’un les avait ramassés: un citoyen, un taxi, un Uber...» a expliqué M. Lapointe.

C’est plus tard, lorsque les policiers ont retrouvé des traces de pas s’enfonçant vers le boisé, qu’ils ont compris qu’il y avait «anguille sous roche», a-t-il poursuivi.

«Le principal intéressé est décédé, donc il y a des choses qu’on ne saura jamais réellement.»

- L'inspecteur-chef Guy Lapointe de la SQ

Il a toutefois ajouté que les policiers étaient à pied d’oeuvre pour retrouver les fillettes et leur père bien avant que l’alerte Amber ne soit déclenchée, ajoutant que la déclencher plus tôt n’aurait vraisemblablement rien changé aux résultats, puisque les trois personnes recherchées n’ont pas été revues après avoir quitté les lieux de l’accident.

L’inspecteur-chef a refusé de spéculer sur l’état d’esprit ou les motifs de Martin Carpentier, préférant attendre les résultats de l’enquête du coroner. Mais on ne comprendra vraisemblablement jamais tout ce qui s’est passé, a-t-il admis.

«Le principal intéressé est décédé, donc il y a des choses qu’on ne saura jamais réellement.»

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