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À Bollywood, une première comédie romantique avec un couple gai

Dépénalisée en 2018 en Inde, l'homosexualité est en 2020 au cœur d'une comédie romantique grand public de Bollywood.
L'acteur Ayushmann Khurrana dans le film "Shubh Mangal Zyada Saavdhan"
L'acteur Ayushmann Khurrana dans le film "Shubh Mangal Zyada Saavdhan"

Tous les vendredis, c’est la sortie cinéma en Inde. À l’affiche, on trouve des films d’action, des thrillers ou encore des comédies romantiques. C’est le cas du film Subh Mangaal Zyaada Savdhaan («Soyez très prudents avec le mariage» en français), sorti le vendredi 21 février dernier. À un petit détail près: le film raconte l’histoire d’amour de deux hommes, une première en Inde dans un long métrage destiné au grand public, où l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 2018.

Ce film respecte tous les codes du cinéma indien grand public, celui que les Indiens vont voir en majorité. Il allie romantisme, humour, chanson et danse. Annoncée depuis l’année dernière et très attendue, la bande-annonce a dès sa sortie été visionnée de nombreuses fois, jusqu’à atteindre plus de 59 millions de vues.

Avec des dialogues et des scènes qui reprennent avec humour les questionnements et les craintes que peut avoir la société indienne au sujet de l’homosexualité, le film raconte l’histoire du couple formé par Kartik (Ayushmann Khurrana) et Aman (Jitendre Kumar), qui bataillent pour faire accepter leur relation à la famille du second.

Dans une des scènes, Kartik, vêtu d’un drapeau de la communauté LGBT en guise de cape, accuse ainsi le père de son compagnon d’être atteint d’une sévère maladie: l’homophobie. Un propos qui fait écho au fait que l’homosexualité est souvent considérée comme une maladie en Inde.

Ayushmann Khuranna, acteur engagé

Une semaine après sa sortie, Subh Mangaal Zyaada Savdhaan et son sujet dans l’air du temps a trouvé son succès dans les salles indiennes. De quoi prouver qu’un an et demi après la dépénalisation de l’homosexualité en Inde, les mentalités évoluent.

Il faut dire que le film est porté en tête d’affiche par Ayushmann Khuranna, un acteur qui a réussi depuis le début de sa carrière à fédérer le plus grand nombre autour de films qui abordent souvent des thèmes de société. Du don de sperme au trouble de l’érection en passant par le débat des castes, la star n’hésite pas à aborder des sujets souvent tabous ou sensibles dans la société indienne.

Avec ce film, Ayushmann Khuranna ouvre la voie à d’autres films de ce genre. L’acteur explique notamment dans une interview au Bollywood Hungama qu’il a fait ce film «pour contrer l’homophobie qui existe encore dans le pays» et que «toute personne, quelle que soit son orientation, devrait pouvoir aimer sans restriction».

L’homosexualité encore taboue

La question de l’homosexualité a déjà été abordée par le cinéma indien, mais jamais de cette manière. En général, le personnage est soit caricaturé, soit mis au second plan. L’homosexualité n’avait encore jamais été le centre de l’intrigue. Pour citer quelques films, on peut noter Dostana, une comédie à succès sortie en 2008 qui raconte l’histoire deux hommes qui se font passer pour un couple homosexuel pour obtenir un appartement. Mais aussi, Margarita with a Straw sorti en 2014, un film plutôt indépendant, dans lequel une jeune fille atteinte de paralysie cérébrale a une relation avec une femme.

Mais le changement se fait surtout sentir sur les nouvelles plateformes où la communauté LGBT est davantage représentée, c’est le cas avec la série Made in Heaven sur Amazon Prime, où l’un des protagonistes est gai, ou de la télé-réalité de Netflix What the Love.

Même si être homosexuel en Inde est désormais légal depuis 2018, il est souvent encore très mal vu de l’afficher publiquement au risque de déshonorer sa famille. Mais un changement est visible, la population indienne est très jeune et est très connectée.

Grâce à internet, elle s’ouvre davantage et les mentalités changent. En effet, le public est de plus en plus demandeur de films avec des sujets de fond et le cinéma s’adapte. C’est de nouveau le cas cette semaine, avec la sortie ce vendredi 28 février d’un film sur les violences conjugales, Thappad - gifle en français -, où le personnage principal est également incarné par une star de cette industrie.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

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