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16/03/2019 06:00 EDT | Actualisé 17/05/2019 11:43 EDT

À la SQ, la crise est terminée. Mais où va le système?

À mon humble avis, les dirigeants tentent ostensiblement de faire oublier toutes ces affaires infâmes qui pourraient en dévoiler d'autres, tout aussi scabreuses.

CP/Mario Beauregard
Le système de police ressemble de plus en plus à une Tour de Babel et devient de moins en moins efficace.

Ce texte est une suite à: L'affaire Martin Prud'homme: mystère et boule de gomme

L'affaire Prud'homme, qui était tout un coup d'éclat la semaine dernière est déjà reléguée aux oubliettes. La tempête médiatique d'il y a quelques jours est devenue une légère ondée... sans plus. Tous, nous avons d'autres chats à fouetter.

L'enquête devra suivre son cours. Pendant tout ce temps, l'UPAC sera immobilisée, la SQ déstabilisée et le crime organisé... pourrait bien être déçu de tout cela.

C'est drôle, je m'attendais à plus. Un peu comme pour la saga du SPVM où une indiscrétion, pour ne pas dire un scandale, n'attendait pas l'autre. Le plus gros service de police municipal, passé récemment sous le couperet — et aujourd'hui sous le joug d'un homme de la SQ —, doit sûrement se poser quelques questions. Monsieur Caron, le numéro 1 de ce service doit se sentir assez seul; il est quand même l'ancien adjoint de M. Prud'homme.

Je dois néanmoins faire amende honorable car ce vendredi 15 mars, le Journal de Montréal nous apprend que le numéro 2 de l'UPAC, André Boulanger, aurait dénoncé les agissements de son patron au DPCP, dans l'affaire Ouellette. Maintenant, les BEI croit que le «bandit» recherché serait nul autre que Monsieur Lafrenière.

Maintenant que le gouvernement en place vient de poser le geste, il devra choisir rapidement un remplaçant. Le directeur visé par les allégations ne reviendra pas, il est dans le jargon habituel brûlé jusqu'à la moelle.

Qui voulait la peau de ce directeur? L'enquête, s'il y a enquête, apportera peut-être quelques lumières. Si l'on se fie à celles-ci, j'en doute fort.

Résumons-nous: qui sait avec certitude ce qui arrive à l'enquête sur les affaires d'écoute à propos des journalistes. Qui sait avec certitude ce qui arrive avec les suspensions d'officiers supérieurs du SPVM. Nous parlons quand même d'un délai de près de deux ans. Je sais de certaines sources que dans quelques enquêtes il y a du trainage de pieds.

À mon humble avis, les dirigeants tentent ostensiblement de faire oublier toutes ces affaires infâmes qui pourraient en dévoiler d'autres, tout aussi scabreuses.

Il n'y a pas d'enquêtes qui durent des mois et des années qui sont si complexes que personne ne peut les résoudre; ou le poisson est volontairement noyé. Dans ces cas-ci, j'opterais pour la deuxième hypothèse.

Les départements de police ont pris l'habitude de mettre à la retraite les officiers supérieurs après leur suspension.

Puis ils signent des ententes de confidentialité, ce qui met fin aux dossiers et permet une certaine opacité bienfaisante pour les deux parties. N'oublions pas que dans ce système, où les amis amènent trop souvent les amis avec eux, tout le monde connaît les travers des autres.

Le BEI aura beau tenter de travailler efficacement, il y aura toujours des gens pour contrer leurs enquêteurs. Et ces enquêteurs du BEI ne viennent pas de Mars. Enquêter, sur certains anciens confrères ou anciens officiers, doit se faire en toute transparence. Mais comment faire? Faut-il un bureau de procureurs s'impliquant dans les enquêtes du BEI, qui enquête sur l'UPAC et sur la SQ, tout en ayant un œil sur le SPVM?

Et tout ça sans compter les autres dossiers qui s'accumulent. Dans ces dossiers qui s'entremêlent, nous finissons par ne plus comprendre qui enquête qui, et qui est redevable de quoi.

Dans son ensemble, le système de police ressemble à tout le reste de notre magnifique administration. Malgré tous les efforts, il ressemble de plus en plus à une tour de Babel et devient de moins en moins efficace.

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