POLITIQUE
04/07/2018 13:26 EDT | Actualisé 04/07/2018 16:11 EDT

La ligne rose du métro de Montréal mise à l’étude

Le prolongement des lignes orange et jaune aussi.

Olivier Robichaud

Le gouvernement provincial prend un premier engagement envers la concrétisation de la «ligne rose» du métro, un projet chéri par la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Ce projet et d'autres bénéficieront d'une enveloppe de 14,75 millions $ pour procéder à diverses études.

Le gouvernement a annoncé mercredi les projets qu'il accepte de mettre à l'étude, parmi une liste fournie par l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Les autres projets sélectionnés sont le prolongement des lignes orange et jaune à Laval et Longueuil, l'ajout de service sur le boulevard Taschereau, le prolongement du SRB Pie-IX et l'ajout d'un SRB (système rapide par bus) sur la rue Notre-Dame.

On note aussi l'étude d'un projet dans l'axe de la ligne de train Mascouche, qui sera en partie amputée par le Réseau express métropolitain (REM). L'ensemble de ces idées sont au stade d'avant-projet.

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L'ARTM évaluera, entre autres, les coûts potentiels et les technologies à privilégier. La «ligne rose» pourrait donc, éventuellement, devenir autre chose qu'un métro.

Des projets déjà étudiés

Plusieurs de ces projets ont déjà fait l'objet d'études, notamment de la défunte Agence métropolitaine de transport (AMT), remplacée l'an dernier par l'ARTM. Le prolongement de la ligne jaune avait même été approuvé par l'ancien gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Le ministre des Transports, André Fortin, se défend de reprendre du travail déjà accompli en ramenant le tout au stade d'avant-projet.

«Il y a peut-être des données qui datent pour certains de ces projets, mais dû au développement de la grande région de Montréal, dû à un achalandage qui est différent de ce qu'il y a pu y avoir il y a quelques années à peine, dû à des évaluations de coûts qui peuvent être différentes, dû à des modes de transport qui peuvent changer, on va mettre tout ça à jour», affirme-t-il.

Refaire le «train de l'Est»

Même son de cloche en ce qui concerne la ligne de train Mascouche. Inaugurée il y a à peine quatre ans au coût de 744 M$, elle sera bientôt amputée par le REM. Les élus de la région demandent maintenant de remplacer le reste de la ligne par une technologie compatible avec le REM.

«Si la priorité des gens de cette partie de la couronne nord est de regarder pour avoir une offre bonifiée, il est tout à fait approprié de regarder les possibilités», affirme M. Fortin.

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Plusieurs maires de la Rive-Nord se sont insurgés contre cette amputation de la ligne Mascouche. En mars, ils ont demandé l'étude de plusieurs scénarios pour que les usagers du «train de l'Est» puissent se rendre au centre-ville sans faire une correspondance avec le REM. Parmi les solutions, on a pensé à l'élargissement du tunnel du mont Royal, le creusement d'un nouveau tunnel ou la construction d'une voie de contournement de la montagne.

Une structure lourde

Les études seront effectuées au cours des 18 prochains mois. Les projets devront ensuite franchir une série d'autres étapes en vertu d'une nouvelle structure d'approbation des projets imposée par l'ARTM.

Selon le quotidien La Presse, les différentes sociétés de transport, notamment l'opérateur de trains exo, dénoncent la lourdeur de cette structure. L'approbation des projets devra passer par des comités séparés par sous-région et par niveau de service.

Les projets mis à l'étude mercredi devront d'ailleurs passer plusieurs étapes avant même d'être intégrés au Plan québécois des infrastructures (PQI), une projection décennale des grands projets du gouvernement. L'ARTM devra sélectionner les projets à prioriser et renvoyer une nouvelle liste au gouvernement, qui déterminera quels projets financer.