POLITIQUE
22/06/2018 16:16 EDT | Actualisé 22/06/2018 16:16 EDT

L'ARTM prévoit mettre la ligne rose à l'étude

L'Autorité de transport attend le OK du gouvernement provincial.

La Presse canadienne

La ligne rose de Valérie Plante a franchi une nouvelle étape. L'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) souhaite entamer les études qui permettront sa réalisation... mais elle doit attendre l'accord du gouvernement provincial.

L'ARTM est l'organisme responsable de planifier et coordonner le transport collectif dans le Grand Montréal. Elle tenait vendredi sa toute première séance publique afin de recueillir les questions des usagers.

L'organisme a annoncé qu'une liste de projets a été soumise au gouvernement, qui doit décider lesquels seront mis à l'étude. Les dirigeants ont annoncé que le prolongement des lignes orange et jaune était sur la liste puis, du bout des lèvres, ont confirmé que la ligne rose s'y trouve également.

«Ça fait partie des études. [...] Pour nous, lorsque la Ville de Montréal nous fait une demande d'étude, je pense qu'il faut prendre ça au sérieux et je pense qu'il faut le regarder», a dit le président du conseil d'administration de l'ARTM, Pierre Shedleur.

L'annonce complète des projets à étudier sera faite au cours des prochains jours.

Cette liste ne confirme pas que la ligne rose fait partie des priorités de l'ARTM. Une fois les études complétées, l'organisme devra dresser une liste de projets qu'elle souhaite réaliser. Le gouvernement devra ensuite, encore une fois, choisir lesquels seront financés.

Le politique décide

Questionné sur ce va-et-vient entre l'ARTM et le gouvernement, M. Shedleur estime qu'il est normal de procéder ainsi.

«À la fin, c'est le gouvernement qui décide des projets qu'il veut retenir, peu importe le parti au pouvoir. Pour faire les études, on veut s'assurer que le gouvernement est d'accord d'aller dans cette direction. On ne veut pas faire des études juste pour faire des études», a-t-il répondu.

Rappelons que l'ARTM a été créé pour tenter de dépolitiser les investissements en transport en commun. Pour cette raison, les élus provinciaux sont absents du conseil d'administration, qui est majoritairement composé d'experts indépendants.

Des usagers s'impatientent

Une soixantaine d'usagers du transport en commun se sont déplacés au Palais des Congrès vendredi pour questionner les dirigeants de l'ARTM. Plusieurs d'entre eux s'impatientaient quant à l'avancement des dossiers prioritaires de l'organisme, comme la simplification des tarifs.

Un résident de la Rive-Sud, Jean-Michel Laliberté, se demande quand l'ARTM mettra fin aux conflits entre les transporteurs. Il a rapporté plusieurs cas aberrants, comme un autobus d'exo (anciennement le RTM) qui peut prendre des passagers à Boucherville, mais ne peut pas les laisser descendre, puisque Boucherville est normalement desservi par le Réseau de transport de Longueuil (RTL).

Paul Côté, directeur général de l'ARTM, a souligné que ce genre de problème était l'un des principaux motifs derrière la création de son organisme. Il a toutefois admis qu'aucun échéancier n'a été établi pour entamer un processus pour les régler.

Une réponse qui n'a pas satisfait M. Laliberté.

«Ça me préoccupe. C'est une réalité qui peut être réglée sur le plan réglementaire d'une manière très simple. Il n'y a pas de contraintes techniques, c'est vraiment quelque chose qui est purement réglementaire», s'est-il désolé.

Une grosse tâche dès l'automne

L'ARTM clôt ce mois-ci sa première année d'existence. Et le gros du travail est encore devant elle. L'Autorité doit produire son plan stratégique d'ici 2020, mais un premier plan à court terme doit être dévoilé dès l'automne prochain, en novembre.

Au printemps 2019, les usagers seront également consultés sur leurs priorités.

Également cet automne, l'ARTM procédera à une nouvelle Enquête origine-destination. Cette vaste étude des habitudes de transport servira de guide pour l'élaboration du plan stratégique.

«Il ne faut pas sous-estimer l'importance de cette étude. Elle sera névralgique», a lancé le directeur général de l'organisme, Paul Côté.

Parallèlement, l'ARTM procédera à la refonte de la grille tarifaire afin de simplifier les quelque 700 titres différents qui ont cours sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. Un projet de grille est en cours d'élaboration et sera soumis aux consultations publiques du printemps 2019.