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09/06/2018 08:33 EDT | Actualisé 09/06/2018 08:33 EDT

Des restaurateurs de Charlevoix sortent perdants du G7

Un groupe de Baie-Saint-Paul songe à réclamer des dédommagements.

kokouu via Getty Images

L'arrivée massive de policiers, de militaires et d'employés de tous genres liés au G7 ne fait pas que des heureux dans la région de Charlevoix. Un groupe de restaurateurs de Baie-Saint-Paul songe même à réclamer un dédommagement pour les pertes encourues.

Le Sommet du G7 bat son plein depuis vendredi, mais les préparatifs vont bon train depuis plusieurs semaines. L'événement nécessite tellement de policiers et d'ouvriers de tous genres qu'une chambre libre est pratiquement introuvable dans toute la région de Charlevoix.

Or, si les hébergeurs sortent gagnants de cette aventure, il semblerait que ça ne soit pas nécessairement le cas pour les restaurateurs. En tout cas, pas à Baie-Saint-Paul, environ 45 km à l'ouest de l'endroit où se tient le sommet.

«On nous a tellement vendu ça comme quoi ce serait big qu'on a embauché des gens. On doit leur donner des heures maintenant, mais il n'y a personne», affirme Steve Michel, propriétaire du Diapason.

M. Michel s'attendait à une augmentation de 25% des ventes par rapport à la même période l'an dernier. Il affirme être 20 000$ en-deçà de l'objectif et il vendrait même moins que pour un mois de juin normal.

«Juin, c'est pas la saison forte. Ce n'est pas les semaines de la construction. Mais sans le G7, on aurait quand même eu plus de monde», dit-il.

Même son de cloche du côté du bistro La Muse.

«Je n'ai pas les chiffres encore, mais c'est moins achalandé que l'an dernier», affirme la gérante Maude Beaulieu.

Deux restaurateurs contactés par le HuffPost Québec affirment que la propriétaire du restaurant Pierre-Narcisse, aussi appelé le «PN», sonde actuellement l'intérêt de ses homologues pour demander un dédommagement au gouvernement fédéral. Vendredi, le HuffPost n'a pas été en mesure de contacter la propriétaire, Mélanie Hudon.

Mieux à La Malbaie

À La Malbaie, dans le coeur de l'action du G7, les restaurants rencontrés mercredi par le HuffPost Québec étaient plutôt heureux de la présence policière. Mais la situation n'est pas la même pour tout le monde là-bas non plus.

«Ça n'a pas nécessairement baissé, mais on s'est préparés pour une hausse qui n'est pas venue», explique Christian Schweitzer, propriétaire de franchises Mike's à La Malbaie et à Baie-Saint-Paul. Il indique que la situation est similaire dans ses deux établissements.

Selon trois des restaurateurs contactés, ce sont surtout les épiceries qui ont profité de la nouvelle clientèle. Des autobus entiers seraient débarqués dans les IGA et les Provigo du secteur pour alimenter les forces de sécurité.

La bière, au moins, ça marche

Tout le monde n'est toutefois pas perdant. Les policiers affectés au G7, comme n'importe qui d'autre, aiment bien prendre un verre après le boulot, selon la gérante de la microbrasserie Saint-Pub, Sylvie Dion.

«Pour moi, ça a augmenté. C'est plus calme que d'habitude le midi, mais j'ai dû mettre plus de monde sur le plancher le soir. Il y a beaucoup de policiers le soir», dit-elle.

Rumeur, rumeur...

Une rumeur circule comme quoi le gouvernement aurait réservé des maisons habituellement louées aux touristes alors qu'il n'en avait pas besoin, simplement pour éloigner les curieux pendant l'événement. Vérification faite auprès de deux entreprises d'hébergement du secteur, les chambres sont toutes occupées.

«On le sait parce qu'on a des équipes de ménage qui vont là. Elles ont un horaire fixe pour ne pas déranger les gens qui sont là», affirme Daniel Guy, propriétaire des Hébergements Charlevoix, une entreprise qui loue des maisons aux touristes.

Selon Jean Dubuc, vendeur dans une entreprise semblable nommée Immeubles Charlevoix, certaines chambres ont simplement été occupées plus tard que prévu. Il ajoute qu'il est possible qu'un petit nombre de chambres supplémentaires aient été louées.

Le président-directeur général de Tourisme Charlevoix, Jacques Lévesque, n'a pas retourné notre demande d'entrevue.