POLITIQUE
06/06/2018 18:03 EDT | Actualisé 07/06/2018 12:52 EDT

La Malbaie: une ville, deux mondes pendant le G7

En dehors de la zone sécurisée, c'est «business as usual».

Deux réalités se côtoient depuis lundi à La Malbaie, petite municipalité de Charlevoix qui accueille le sommet du G7. D'un côté, une zone sécurisée à l'allure militaire. De l'autre, les résidents se rendraient à peine compte qu'il se passe quelque chose... si ce n'était des nombreuses voitures de police.

Le Groupe de sécurité intégrée, dirigé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a érigé un périmètre clôturé de 1,5 km autour du Manoir Richelieu, dans le secteur de la Pointe-au-Pic. Personne n'y entre, sauf ceux qui travaillent pour le G7 et les quelque 800 personnes qui habitent ou travaillent dans le secteur.

On voit notamment des militaires armés et des caméras de surveillance, sans parler des véhicules banalisés qui entrent et qui sortent.

À quelques kilomètres de là, le centre-ville de La Malbaie paraît à peine touché par l'événement. Les citoyens rencontrés par le HuffPost Québec affirment que l'événement n'a eu presque aucun impact sur leur quotidien.

«Ça ne change aucune habitude. C'est aussi calme qu'avant, on dirait qu'il ne se passe rien, malgré tout ce qu'on reçoit de policiers, d'agents de sécurité, de gendarmerie royale. Ils sont tellement bien cachés qu'on les voit presque pas. Tout se passe à la Pointe-au-Pic», affirme Marie-Thérèse Belay.

Olivier Robichaud

Pour plusieurs résidents, ces policiers sont le seul indicateur notable qu'il se passe quelque chose. Certains résidents auraient subi des fouilles de véhicules.

«C'est sûr qu'il y a des gens qui ont des choses à cacher. Alors pour eux, ça peut causer du stress», affirme un prénommé Sébastien.

Celui-ci ajoute qu'il faut faire attention aux convois militaires, qui brûlent souvent les feux rouges.

Mais les policiers, les militaires et le personnel diplomatique font aussi des heureux. Les commerces de la rue Saint-Étienne profitent de leur passage.

«Pour nous c'est très bon. Même à partir du mois de janvier, parce qu'il y avait déjà des agents de la GRC qui venaient ici. C'est une clientèle qu'on n'a pas habituellement», affirme Karine Dufour, propriétaire de la boulangerie Pains D'Exclamation.

Mme Dufour a déjà embauché du personnel supplémentaire, alors que la saison touristique ne s'entame généralement qu'à la fin du mois.

Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, abonde dans le même sens.

«C'est un événement extraordinaire qu'on vit tous ensemble depuis un an. [...] Je pense que les gens sont très courtois et très cordiaux avec la population. À date, on le prend comme un comme un événement extraordinaire. Je pense que les gens en tirent profit et s'amusent», affirme-t-il.

La sécurité continuera de s'intensifier jusqu'aux deux jours du G7, vendredi et samedi. Entre-temps, certains résidents s'installent au parc du Quai Casgrain, sur le bord du fleuve, pour observer le va-et-vient des hélicoptères.

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