POLITIQUE
22/05/2018 13:17 EDT | Actualisé 22/05/2018 19:59 EDT

800 M$ pour stationner les 300 nouveaux autobus hybrides de la STM

Projets devancés, garages agrandis, espaces loués...

La mairesse de Montréal Valérie Plante (centre), le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb (droite) et le directeur général de la STM, Luc Tremblay (gauche).
Olivier Robichaud
La mairesse de Montréal Valérie Plante (centre), le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb (droite) et le directeur général de la STM, Luc Tremblay (gauche).

Projets devancés, garages agrandis, espace loué: la Société de transport de Montréal (STM) devra avancer plus de 800 millions $ afin d'accueillir les 300 nouveaux autobus commandés à la demande de la mairesse Valérie Plante.

La STM prévoyait commander ces 300 autobus d'ici 2025. À son arrivée au pouvoir, l'administration Plante a toutefois demandé que cette commande survienne cinq ans plus tôt.

Du coup, le transporteur doit devancer deux projets de centre de transport qui étaient déjà dans les cartons.

Des discussions sont en cours avec l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie afin d'accélérer la construction du nouveau centre Bellechasse, sensé ouvrir ses portes en 2022. La Ville a aussi annoncé la construction d'un nouveau centre sur un site indéterminé. D'abord dans les cartons pour 2025, il devra être construit d'ici 2023.

La facture totale pour ces deux projets est évaluée à 612 M$. Selon Luc Tremblay, directeur général de la STM, l'échéancier accélérer n'aura pas d'impact sur les coûts.

À cela s'ajoutent deux mesures intermédiaires afin d'accueillir les nouveaux véhicules dès 2020. Trois autres centres, ceux d'Anjou, de Legendre et de Saint-Laurent, seront agrandis au coût de 165 M$. Cela permettra à la STM d'accueillir la moitié des 300 bus hybrides.

Finalement, un ancien bâtiment industriel situé près du centre de transport Stinson sera loué pour accueillir 50 autobus. La mesure coûtera 5 M$.

Les agrandissements et le local loué permettront donc à la STM d'accueillir 200 autobus. Selon Philippe Schnobb, président du conseil d'administration de la STM, le transporteur a aussi déjà une capacité supplémentaire de 86 véhicules.

«Ça veut dire qu'il y aura 14 autobus qui dormiront dehors», dit-il, tout en précisant que cette situation affectera uniquement des véhicules qui ne doivent pas reprendre la route le lendemain.

Au total, les mesures intermédiaires forceront la Ville de Montréal à débourser 170 M$ de plus que si les autobus avaient été commandés pour 2025, tel que prévu. À cela s'ajoutent 19,4 M$ pour rénover le centre de transport Saint-Denis en attendant son remplacement par le centre Bellechasse.

Mme Plante affirme que les partenaires gouvernementaux de la Ville et la STM se sont manifestés pour rendre possibles ces investissements. Elle n'a toutefois pas précisé quels montants seraient injectés par Québec ou Ottawa.

Selon le chef de l'opposition Lionel Perez, l'annonce de mardi confirme que la mairesse a imposé une décision politique à la STM.

«La STM n'était pas prête à accueillir ces autobus d'ici 2020. L'annonce d'aujourd'hui est la preuve que ce qu'on avançait en janvier était véridique. Lorsque la mairesse leur a demandé de préparer l'annonce de 300 autobus, elle a imposé une décision politique. Elle leur a rentré ça dans la gorge», affirme-t-il.

Mme Plante défend ces investissements.

«Les investissements qu'on fait en ce moment dans le transport collectif sont absolument nécessaires pour donner envie à des Montréalais et des Montréalaises d'utiliser davantage le transport collectif. Mais pour qu'ils aient le goût, il faut qu'il y ait assez d'autobus qui passent aux heures inscrites et que ce soit confortable», affirme-t-elle.

Cette affirmation fait suite à un reportage du quotidien 24 Heures, qui montre que le réseau d'autobus a été délaissé par 3% des usagers, au profit du métro. Ce changement est survenu à la suite d'une réduction de service imposée par l'ancienne administration de Denis Coderre.

Selon M. Tremblay, cette baisse est également attribuable au fait que les autobus sont parfois pris dans la congestion causée par les nombreux chantiers de construction. Un problème qui ne se pose pas avec le métro.

Une partie des 300 autobus serviront d'ailleurs à contourner la congestion. La STM prévoit ajouter des autobus «renforts» à certains endroits pour rétablir un horaire normal lorsqu'un autobus est retardé.

Mme Plante et M. Schnobb défendent également la décision d'acheter des autobus hybrides plutôt qu'électriques. La semaine dernière, l'ex-ministre de l'Environnement Daniel Breton a fustigé l'administration pour avoir privilégié les hybrides.

«On a acheté un véhicule à recharge lente qui circule sur le boulevard Monk depuis un an. Il faut qu'on évalue la performance de la technologie avant d'acheter 300 autobus de plus», affirme M. Schnobb.

En chiffres

420 M$: Coût des 300 nouveaux autobus hybrides

801,4 M$: Coût total des travaux sur les centres de transport d'ici 2023

170 M$: Coûts liés à la décision de devancer de cinq ans l'achat des véhicules

75 M$: Coût annuel de l'ajout de main-d'oeuvre pour conduire et entretenir les nouveaux autobus

657: le nombre de places ajoutées d'ici 2023 pour accueillir les nouveaux autobus

230: le nombre de places qui seront perdues avec la fermeture du centre Saint-Denis et la fin de la location d'un espace près du centre Stinson