POLITIQUE
09/01/2018 10:40 EST | Actualisé 09/01/2018 14:00 EST

La promesse de Valérie Plante se confirme: la STM achètera 300 autobus hybrides

La facture dépassera vraisemblablement les 225 millions $ annoncés.

Les ministres provinciaux Martin Coiteux et André Fortin ainsi que la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Olivier Robichaud
Les ministres provinciaux Martin Coiteux et André Fortin ainsi que la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La Société de transport de Montréal (STM) passe la commande pour les 300 autobus hybrides additionnels promis par Valérie Plante en campagne électorale. La facture finale sera toutefois revue à la hausse.

L'appel d'offres pour les nouveaux autobus a été lancé mardi, lors d'une conférence de presse conjointe de la STM, de la mairesse de la Ville de Montréal et des ministres des Transports et des Affaires municipales.

Mme Plante avait fait de cet achat la priorité de son administration au lendemain du scrutin du 5 novembre.

«On commence l'année en grand!»Valérie Plante

Selon Philippe Schnobb, président de la STM, l'achat fera augmenter de 15% l'offre de service du réseau d'autobus.

«Les 300 autobus arriveront en 2020. Il s'agit de la plus grande croissance en un an de notre flotte de l'histoire de la STM», a-t-il souligné.

Le transporteur montréalais comptera 2107 autobus en décembre 2020, contre 1807 actuellement. Cet été, la STM entamera une refonte complète de son réseau d'autobus.

Plus cher que promis

Le coût estimé des autobus n'a pas été dévoilé par la STM afin de ne pas influencer les soumissions. M. Schnobb a toutefois laissé entendre que les 225 millions $ estimés par Projet Montréal ne couvrent pas l'ensemble de la facture.

«Quand on achète des autobus, on n'achète pas juste un véhicule. Il y a les taxes, le système d'air climatisé, les intérêts et d'autres coûts qui s'y ajoutent», a-t-il lancé.

Le parti de Mme Plante a estimé le coût à 750 000$ par véhicule. Les estimations précédentes de la STM faisaient plutôt état de coûts dépassant 1 M$ par autobus.

Dans un document confidentiel coulé au journal Métro, la STM estimerait maintenant le coût à 1,3 M$ l'unité.

À cela s'ajoute une charge récurrente de 75 M$ au budget d'exploitation de la STM afin de faire rouler les nouveaux autobus. Cette somme comprend notamment l'embauche de personnel d'entretien et de 600 nouveaux chauffeurs.

krblokhin via Getty Images

Par ailleurs, le projet a obtenu l'aval du gouvernement provincial, mais la teneur de sa participation financière n'a pas encore été précisée. Le ministre des Transports, André Fortin, souligne que la Société de financement des infrastructures locales (SOFIL) permet de financer jusqu'à 85% du coût d'acquisition des autobus.

Où loger ces autobus?

Selon le journal Métro, la STM s'interroge d'ailleurs où loger ces appareils lorsqu'ils ne seront pas sur la route. Plusieurs garages du transporteur sont vieillissants et le nouveau garage Bellechasse n'est prévu qu'en 2022.

Avec la fermeture en 2019 du garage Saint-Denis, devenu vétuste, il manquera 400 espaces pour garer les autobus.

«Nous prenons le pouls de tous les scénarios possibles. Nous avons suffisamment de scénarios pour dire que la solution sera connue cet été», affirme M. Schnobb.

Achat précipité, selon l'opposition

Pour l'opposition officielle, l'annonce de mardi apporte plus de questions que de réponses.

«Tout ça démontre que c'est une décision qui a été vraiment guidée par la mairesse et qui a été précipitée. Elle met la charrue devant les bœufs», lance Lionel Perez, chef intérimaire du parti de l'ex-maire Denis Coderre.

Selon M. Perez, la mairesse aurait dû profiter de la conférence de presse pour annoncer l'ouverture d'un nouveau garage.

En plus des 300 autobus livrables en 2020, l'appel d'offres lancé mardi comprend également des autobus qui seront livrés d'ici 2024. À cela s'ajoutent des véhicules destinés aux sociétés de transport de Québec, Laval et Longueuil, entre autres, qui se sont joints au processus de la STM.

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