POLITIQUE
21/03/2017 10:39 EDT

Cafouillage dans la tempête: un expert de l'Université McGill blâme la société québécoise dans le «Maclean's» (VIDÉO)

Est-on en présence de «Québec bashing» de la part du directeur du McGill Institute for the Study of Canada?

Le cafouillage de l'autoroute 13 au cours de la tempête de la semaine dernière ne cacherait rien de moins qu'un profond malaise social qui ronge les fondations de la société québécoise. C'est du moins la thèse que défend Andrew Potter, directeur du Institut d'études canadiennes de McGill, dans le magazine Maclean's.

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«Le fiasco est présenté comme un scandale politique, marqué par l'inaction administrative, le faible leadership et des ratés dans les communications, écrit Potter. Et s'il est vrai que ces aspects ont joué un rôle dans la situation, le plus inquiétant demeure qu'elle révèle un malaise social qui ronge les fondations de la société québécoise.»

«Comparativement au reste du pays, la société québécoise est presque aliénée pathologiquement, démontre un faible niveau de confiance et est déficiente dans plusieurs formes d'interaction sociale (social capital) que d'autres Canadiens tiennent pour acquis.»

Il évoquera par la suite nombre d'exemples pour démontrer le manque de solidarité des Québécois... Policiers sans uniforme, restaurants où deux factures différentes seraient supposément offertes, le paiement comptant demandé dans certains lieux ou le fait que les Québécois se situent au bas du classement des provinces dans le bénévolat.

Des propos, doit-on le préciser, qui ne sont pas passés inaperçus.

Le secrétaire principal du premier ministre Justin Trudeau, Gerald Butts, a lui-même relevé qu'il s'agissait d'un argumentaire inhabituellement faible de la part de Potter.

Le député du Bloc québécois Mario Beaulieu, de son côté, n'a pas hésité à qualifier le texte de «québécophobe».

L'animateur et ex-député péquiste Bernard Drainville a montré son dégoût devant la publication de ce texte. «Il est payé par nos taxes et nos impôts et il nous chie dessus. Faut être fait fort pour endurer pareilles âneries», a-t-il écrit sur Facebook.

Elsie Lefebvre, conseillère municipale dans Villeray, a ajouté son grain de sel...

Antonine Yaccarini, directrice des communications du PQ, n'y voit pas une analyse très chic.

L'auteure et journaliste Toula Drimonis, fait valoir que d'énumérer ainsi des faits avant d'en arriver à une telle conclusion est injuste et biaisé.

Et le journaliste et chroniqueur de La Presse, Marc Cassivi, lui, aimerait pouvoir traduire «WTF»...

Pas surprenant que certains exigent maintenant des excuses de l'Université McGill.

Mise à jour: L'Université McGill a fait savoir en début d'après-midi qu'elle n'endossait pas les propos de M. Potter: