POLITIQUE
03/10/2015 10:58 EDT

Élections fédérales 2015: les inépuisables bénévoles à la chasse aux indécis (VIDÉO)

À deux semaines du scrutin, la chasse aux indécis est lancée. Les bénévoles des partis politiques sont plus que jamais indispensables pour aller identifier et convaincre ces électeurs qui pourraient faire pencher la balance en faveur de leur formation.

Diego, Amel, Louis-Philip, Alice. Quatre bénévoles au parcours atypique qui se donnent corps et âme pour aider leur candidat à être élu le 19 octobre prochain. L’un est en fauteuil roulant, l’autre a 17 ans et a déjà participé à trois campagnes électorales, les deux autres ont immigré de Tunisie et de Chine tout récemment…

Qu’est-ce qui les motive à s’investir autant? Quelles sont les stratégies utilisées par leur parti pour faire «sortir le vote» en leur faveur? Le Huffington Post Québec est allé à leur rencontre.

Louis-Philip Prévost, Bloc québécois : L’art du pointage

Il est 18h à Sainte-Julie et les bénévoles du Bloc québécois fourmillent dans le local de la jeune candidate Catherine Fournier, qui se présente dans le comté de Montarville. «Bonjour Mme Tremblay, est-ce qu’on peut compter sur votre vote?» demande Louis-Philip Prévost. Le jeune bénévole de 17 ans multiplie les appels, c’est «le meilleur moment de la journée pour joindre les gens», dit-il. Malgré son jeune âge, Louis-Philip en est déjà à sa quatrième campagne électorale; deux provinciales, une municipale et une première fédérale… «J’adore ça!», dit-il simplement. Le jeune homme aime surtout la cause pour laquelle il s’implique autant, l’indépendance du Québec.

Pour convaincre les électeurs d’accorder leur confiance aux troupes de Gilles Duceppe, rien de mieux que d’identifier les sympathisants à l’aide du pointage, raconte Louis-Philip. «Le pointage, c’est tout simplement quand on parle à un électeur, au téléphone ou en personne, et qu’il nous indique pour qui il veut voter, ça nous permet de collecter de l’information et de le rappeler le jour du vote», explique-t-il. Pour convaincre les indécis, l’équipe de Catherine Fournier (plus de 150 bénévoles) a créé plusieurs pamphlets imagés, qui identifient un enjeu susceptible de les influencer favorablement. «Nous distribuons une carte montrant une photo de la tragédie de Lac-Mégantic aux gens qui habitent près des rails de train, en leur rappelant que le Bloc souhaite que Québec possède un veto sur le transport de pétrole», cite-t-il en exemple.

Diego D’Amico, Parti libéral du Canada: Mobiliser les abstentionnistes

«Qu’ils soient bloquistes, néodémocrates, libéraux… Je leur dis tous la même chose : allez voter!», lance Diego. Aux yeux de ce militant libéral atteint d’une paralysie cérébrale depuis la naissance, la stratégie la plus importante est de s’assurer que les électeurs aillent voter. «Surtout les électeurs du Parti libéral du Canada (PLC)», précise-t-il avec un sourire.

Depuis des mois, le bénévole en fauteuil roulant en fait beaucoup pour aider la candidate dans Laurier-Sainte-Marie, Christine Poirier, qui affronte notamment le chef bloquiste Gilles Duceppe. «C’est une femme merveilleuse, j’aimerais travailler pour elle», confie-t-il. Pour l’aider à gagner, Diego met à jour les listes d’électeurs en se basant sur les informations collectées par les bénévoles qui font du porte-à-porte et des appels. «Diego est très organisé, son travail nous aide à identifier les secteurs où il y plus d’indécis et des gens qui ont tendance à s’abstenir», témoigne l’organisatrice de campagne Christina Lazarova. À son avis, beaucoup d’électeurs de la circonscription –notamment ceux vivant dans le quartier chinois- n’ont pas exercé leur droit de vote en 2011, d’où l’importance de les identifier et d’aller les inciter à voter.

Amel Zaazaa, Nouveau parti démocratique : Une communication «haute couture»

Chaque communauté a des préoccupations particulières, il suffit de savoir ce qui les intéresse quand on les approche. Voilà la stratégie d’Amel Zaazaa, bénévole pour la candidate néodémocrate Anne Lagacé Dowson, qui tente de déloger Justin Trudeau dans Papineau. Originaire de la Tunisie, où elle assurait les communications de plusieurs diplomates, Amel n’aurait pas imaginé qu’un an et demi après son immigration elle serait déjà plongée en politique. «J’ai décidé de m’impliquer, car je veux que les choses changent, je veux un meilleur avenir pour ma fille», explique la jeune mère monoparentale.

Pour convaincre les électeurs que le NPD est la meilleure alternative au parti au pouvoir, Amel estime qu’il faut plus que de présenter le programme. «On doit adapter le message à chacun des groupes, faire une communication sur mesure, de la haute couture!», s’exclame-t-elle. Par exemple, elle a traduit en arabe les engagements clés du parti en matière d’immigration, de reconnaissance des diplômes et d’emploi, des sujets qui touchent beaucoup les groupes d’origine maghrébine. Pour le «sprint final» des deux dernières semaines, Amel ajoute que les centaines de bénévoles néodémocrates s’assureront de rappeler aux électeurs d’aller voter, tant en utilisant les médias sociaux, les courriels et les textos, qu’avec la distribution de programmes qui «s’accrochent» aux poignées de porte.

Xiaoxiao Liu, Parti vert du Canada : Informer plutôt que persuader

Le Parti vert souffre encore de préjugés, trop souvent décrit comme un parti «immature», déplore Xiaoxiao Liu. La jeune bénévole d’origine chinoise participe à la campagne du candidat Daniel Green, dans le comté Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Sœurs. Pour elle, le travail des bénévoles permet avant tout de faire connaître le parti aux citoyens, de les informer de leurs engagements, qui vont bien au-delà de l’environnement. Celle que ses amis prénomment Alice a rencontré la chef du parti, Elizabeth May, lors de son arrivée au pays dans la ville de Victoria, en Colombie-Britannique.

«C’est une femme aussi inspirante que son parti, il faut tout faire pour leur donner de la visibilité», dit-elle. Outre le porte-à-porte et la présence aux entrées des stations de métro, Xiao Xiao explique que les bénévoles sont aussi très actifs sur Facebook et Twitter. La participation aux débats locaux est aussi très importante et donne une visibilité qui peut faire la différence, estime la militante.

À noter

Le Parti conservateur du Canada n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du Huffington Post Québec.

Galerie photo Pancartes électorales revisitées... Voyez les images