POLITIQUE
11/08/2015 11:30 EDT | Actualisé 12/08/2015 07:44 EDT

Le comédien Denis Trudel, candidat pour le Bloc québécois, n'en a que pour Pierre Karl Péladeau (VIDÉO)

Pierre Karl Péladeau. C’est «le moteur» qui a motivé Denis Trudel à faire le grand saut … en politique fédérale. Outre sa forte conviction que la souveraineté est nécessaire pour un Québec tourné vers l’avenir, l’acteur qui a joué dans plus de 25 films, dont Octobre et C.R.A.Z.Y, est convaincu que le Bloc québécois peut faire un retour en force. Un retour nécessaire pour paver la voie au Parti québécois et à PKP aux prochaines élections provinciales, affirme le candidat de Longueuil-St-Hubert.

Sept heures et demie du matin au parc de la Cité, en plein cœur de St-Hubert. Une vingtaine de personnes de l’âge d’or membres du club des marcheurs se réunissent, comme elles le font trois fois par semaine. Denis Trudel les rejoint en trombe. «J’arrive! lance-t-il le souffle court. C’est du travail une campagne, mais j’adore aller à la rencontre des gens, c’est génial.»

Accompagné du Huffington Post Québec, M. Trudel raconte ce qui l’a motivé à se lancer en politique malgré les déconfitures successives du BQ et du PQ. «Le moteur a été l’élection de Pierre Karl Péladeau», dit-il sans détour. Aux yeux du cofondateur de la troupe d’humour les Zapartistes, PKP est non seulement inspirant, mais il apporte la crédibilité économique nécessaire pour vendre l’idée d’un pays aux Québécois.

Pourquoi dans ce cas avoir choisi de joindre le Bloc, et non le PQ? «Car il faut des joueurs à Ottawa, il faut être là-bas pour promouvoir la souveraineté, pour favoriser l’arrivée au pouvoir de PKP aux élections de 2018», répond-il.

L’ex-chef du BQ, Mario Beaulieu, a aussi contribué à la décision de Denis Trudel. Les deux hommes se sont longtemps côtoyés alors que M. Beaulieu était à la tête de la Société Saint-Jean Baptiste et que M. Trudel était porte-parole du mouvement Montréal français, de 2007 à 2009. Ils ont mené des batailles de front, entre autres contre le bilinguisme dans les services publics et en matière d’affichage commercial.

Le «coup de barre» de Beaulieu

Denis Trudel ajoute que le passage de Mario Beaulieu à la tête du Bloc québécois a eu du bon : «Il n’est pas resté longtemps, mais il a donné un coup de barre au parti. Il l’a tourné vers sa mission première, celle d’aider à faire l’indépendance du Québec, ce que Gilles Duceppe va conserver». Les candidats du Bloc s’assureront de «paver la voie au PQ et à la souveraineté», croit-il. De fait, ils seront «moins centrés sur l’unique défense des intérêts du Québec à Ottawa», comme c’était à son avis le cas sous le règne de Duceppe avant 2011.

Le comédien qui joue actuellement dans la télésérie 30 Vies a officialisé sa candidature au mois de février. Il a depuis cogné à plus de 2500 portes pour recruter de nouveaux membres. Oui, il l’admet, plusieurs citoyens lui disent avoir perdu la foi indépendantiste.

«Mais les sondages prouvent que la flamme n’est pas éteinte; encore 40% de Québécois y croient et voteraient Oui à un référendum demain matin, affirme-t-il. Pour toutes sortes de raisons, ils ont voté pour le Nouveau parti démocratique (NPD) en 2011… mais l’électorat est extrêmement volatile, le paysage politique peut changer à nouveau. À ce stade, tout est possible».

L’acteur engagé se réjouit de voir autant de jeunes candidats se présenter au Bloc. «Des jeunes dans la vingtaine comme Catherine Fournier, c’est extraordinaire, ça donne un nouveau souffle au parti et à la cause», croit-il. Force est de constater que beaucoup sont aussi inexpérimentés en politique. «Bah! Ils sont inexpérimentés, peut-être, mais extrêmement motivés. Et faut-il rappeler que les candidats du NPD étaient eux aussi inexpérimentés [lors de la vague orange]», lance-t-il.

Un Québec en contrôle de ses moyens

Avec l’indépendance, Denis Trudel estime que le Québec pourra effectuer une exploitation durable des ressources naturelles, et miser sur l’électrification des transports. Il s’inquiète particulièrement du sort du fleuve Saint-Laurent, dont la voie maritime est sous contrôle fédéral. Comme les autres membres de son parti, il s’oppose farouchement au projet de pipeline Énergie Est de TransCanada, qui transporterait sur le territoire québécois environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Ouest canadien.

Quant à la loi «antiterroriste» C-51 du Parti conservateur, qui accroît notamment l’échange d’informations et prolonge les détentions préventives de personnes suspectes, l’acteur la qualifie de «liberticide». À ses yeux, un Québec souverain n’aurait pas besoin de ce type de loi, puisqu’il aura «moins d’ennemis». «On doit retrouver notre tradition pacifiste, et multiplier les missions de paix plutôt que les missions armées», fait-il valoir.

Tout a commencé avec Falardeau

Le cinéaste Pierre Falardeau a été un grand mentor pour le comédien Denis Trudel. «Il m’a donné le goût de m’engager politiquement». C’est en 1988 qu’a eu lieu la première rencontre, alors que le comédien participe aux auditions du film Le Party. Il développe une amitié avec M. Falardeau, qui le pousse à s’engager dans la cause indépendantiste. «C’est lui qui a amorcé ma carrière cinématographique et politique», confie M. Trudel. Désormais, l’art et la politique sont pour lui indissociables.

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