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«Scrooge» Couillard et le Noël de l'austérité

05/12/2015 09:30 EST | Actualisé 05/12/2016 05:12 EST

Des contes de Noël pleins de joie, d'amour, d'espoir, de peur, de colère, de fantasmes... C'est le calendrier de l'Avent du Huffington Post Québec. Retrouvez chaque jour un conte de Noël en attendant le passage du père Noël.

Une société dont les maîtres ne se préoccupent que de rentabilité sans se soucier du bien-être général est une société mortifère - Charles Dickens

Prélude

Scrooge Couillard, ce vil personnage, ne connaît ni la bonté, ni la bienveillance, ni la charité, ni l'amour de son peuple... Il déteste l'entraide, la solidarité, la générosité... Seriez-vous surpris si je vous disais qu'il réprouve Noël, les célébrations entourant la nouvelle année, ainsi que les congés qui leur sont associés?

Intro

Alors que Scrooge Couillard sirotait, tel un grand aristocrate sans âme, un excellent scotch à plusieurs centaines de dollars la bouteille, il songeait au prochain plan pour aliéner davantage la population. Bien entendu, l'austérité - avec ses multiples mesures néfastes visant à appauvrir le secteur public et l'ensemble des citoyens - représentait encore et toujours la pierre angulaire de la stratégie du bon vieux Scrooge...

Les nombreux salariés du secteur public avaient pourtant toute la misère du monde à s'acheter ne serait-ce qu'un café filtre pour se réchauffer, ainsi que pour soutenir les nombreuses heures supplémentaires non payées, imposées par le lutin Coiteux et son maître Scrooge Couillard...

C'était le 24 décembre 2015, une journée bien sombre, selon Scrooge Couillard. En effet, la convention sociale en vigueur obligeait le vieux Scrooge à octroyer un jour férié à ses employés...

- Scrooge Couillard: «une pauvre excuse pour payer des fainéants qui vont boire et s'amuser plutôt que de travailler!»

Vous aurez compris, Scrooge était un vieux grincheux, un cheap, un sans compassion, qui en demandait toujours plus, tout en redonnant toujours moins...

Le spectre de Johnny Charest

Alors que Scrooge Couillard complétait péniblement sa journée du 24 décembre - maugréant contre le secteur public qui souhaitait aller chercher quelques sous additionnels pour arriver à survivre, il vit apparaître, tout près du porte-manteau, le visage de Jean Charest, son prédécesseur disparu depuis les allégations de la Commission Charbonneau.

- Scrooge Couillard: «Bonté divine, c'est Johnny!»

Bien que croyant, au départ, à une révélation - après tout, Johnny était aussi, sinon plus grippe-sou que Scrooge Couillard -, le vil personnage eu la surprise de recevoir une mise en garde du fantôme de l'ancien premier ministre...

- Fantôme de Johnny: «Fait attention Scrooge Couillard... la population est beaucoup moins niaiseuse que tu pourrais le croire. En plus, lorsqu'elle persiste, normalement elle signe [en se remémorant le printemps 2012 et la fin abrupte de son règne]. Elle a eu ma peau... Elle aura la tienne Scrooge Couillard!».

Balayant de la main l'avertissement émit par son ancien chef, Scrooge Couillard, avec sa mou dubitative, s'écria: «vive l'austérité libérale!».

Quelques heures plus tard, après s'être empiffré tel Gargantua, il décida d'aller se coucher afin de ne pas entendre la plèbe s'amuser et festoyer.

L'esprit libéral du passé

Une heure sonna à l'horloge... Scrooge Couillard se réveilla subitement, remarquant une étrange lueur percer l'obscurité de sa chambre à coucher.

- Scrooge Couillard: «Mais qu'est-ce que...»

Les rideaux volèrent violemment, tirés par une main invisible... la main de l'esprit libéral du passé qui l'invitait à revivre ses souvenirs d'antan... Scrooge Couillard pouvait voir ses années passées comme jeune libéral, se replongeant dans ses idées jadis progressistes.

- Couillard [adolescent]: «Un jour, je changerai le monde! [...] Quand je serai premier ministre, j'octroierai deux semaines de congés payés à Noël!»

Voilà une vision, transmise par l'esprit libéral du passé, qui aurait dû émouvoir le principal intéressé. Or, bien au contraire, Scrooge Couillard s'exclama: «calvasse que j'étais naïf quand j'étais jeune!»

Et puis, soudain, l'esprit disparu et Scrooge se retrouva à nouveau dans son lit. Il se rendormit.

L'esprit libéral du présent

L'horloge sonna à nouveau... Dongggg... Dongggg... Il était deux heures du matin. La chambre du médecin était sombre et tranquille. Pourtant, une force indescriptible poussa Scrooge Couillard hors du lit. Lorsqu'il ouvrit la porte de la pièce adjacente, un immense braisier apparut au cœur du foyer de pierre. C'était l'esprit libéral du présent!

- Scrooge Couillard: «Ah non, pas un autre!»

L'esprit décida de conduire Scrooge dans les rues de la ville afin qu'il assiste, impuissant, aux célébrations de la plèbe. Devant la fenêtre du salon d'une maison appartenant à un jeune enseignant en histoire, Scrooge Couillard regardait la scène où le plébéien et sa famille chantaient des cantiques ancestraux - [il est né le divin enfant, jouez hautbois, résonnez musettes...] -, riant aux éclats, s'amusant et s'aimant. La joie de donner, d'être réuni en famille, et ce malgré les piètres conditions salariales de l'enseignant, auraient dû émouvoir le vieux Scrooge, mais sans plus. Certes, il se demandait bien comment ces gens pouvaient s'égayer, tout en étant si pauvres; mais, il éprouvait très peu de sympathie pour ce jeune travailleur du secteur public.

L'horloge sonna trois heures... Scrooge Couillard se retrouva soudainement au milieu d'une rue déserte. Le fantôme de l'esprit libéral du présent se dissipa, laissant place à la brume épaisse, qui envahissait la chaussée. Au loin, une ombre apparut...

L'esprit libéral à venir

Sous sa toge et son capuchon, on pouvait discerner l'esprit libéral à venir, qui s'approchait lentement de Scrooge Couillard.

Ressemblant étrangement à la mort, du moins à sa représentation visuelle, le vil personnage était maintenant aux aguets.

L'esprit le prit par le bras et, tous les deux, ils se retrouvèrent dans un cimetière. De la main, l'esprit libéral à venir ordonna à Scrooge Couillard de regarder l'épitaphe. Ce dernier était de plus en plus réticent. La main de l'esprit ne bougeait pas, ordonnant toujours à Scrooge de lire l'écriteau sur la pierre tombale. Hésitant, mais résigné, il se tourna et lut à haute voix:

- Scrooge Couillard: «Mort suite à la révolte du secteur public»

C'était donc lui, enterré dans ce vieux cimetière, son corps mort, rongé par le mépris, par l'arrogance, par son satané désir d'austérité.

«Des sons parvinrent alors jusqu'au cimetière. Dans les rues avoisinantes, on fêtait la fin d'une grande noirceur».

Devant, cette dernière scène, Scrooge ne put retenir ses larmes. Il pleurait maintenant abondamment, promettant à l'esprit libéral à venir qu'il allait changer, qu'il serait un meilleur premier ministre, qu'il viendrait en aide au secteur public.

- Scrooge Couillard: «Je vais changer... je promets que je vais changer... je le jure...»

Conclusion

Au milieu de son grand lit luxueux, toujours profondément endormi, Scrooge Couillard marmonnait sa promesse.

- Scrooge Couillard: «Je vais changer... je promets que je vais changer... je le jure...»

Il se réveilla dans un sursaut, constatant qu'il était toujours là, en vie. Il était heureux d'avoir vécu toutes ses émotions, tout en étant conscient qu'il devait changer son attitude et son comportement.

Ainsi, en cette journée du 25 décembre 2015, Scrooge Couillard annonçait, sur son compte Twitter, qu'il allait offrir des augmentations substantielles à tous les employés du secteur public. En 140 caractères, il venait de donner un nouvel espoir:

«J'annonce que mon gouvernement offrira, comme cadeau des fêtes, des augmentations de 15% à l'ensemble des employés de l'État... Joyeux Noël!»

Les contes de Noël de notre calendrier de l'Avent:

1er décembre:Un joli compte de Noël - Réjean Bergeron

2 décembre: Le père Noël n'existe pas - Bianca Longpré

3 décembre:Le dernier cadeau - Yannick Marcoux

4 décembre:Pour Noël, j'aimerais manger trois fois par jour... - Virginie Chaloux Gendron

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