Yanick Barrette

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Deux poids, deux mesures

Publication: 04/05/2013 10:16

Depuis plusieurs mois, l'actualité québécoise est ponctuée par les scandales de corruption et de collusion. Bref, par la commission Charbonneau et ses nombreuses révélations fracassantes sur le copinage entre la mafia, les firmes de génie, les fonctionnaires municipaux et les entreprises en construction. Or, ce que l'on souhaitait réellement savoir, c'est-à-dire l'implication de nos élus municipaux et provinciaux dans ce système - après tout, les relations entre les entrepreneurs, les ingénieurs et le crime organisé étaient déjà un fait pratiquement incontestable, et ce depuis des années - est sur le point d'être révélé au grand jour. À ce sujet, la commission s'est, dans les derniers jours, attardée au sujet névralgique du financement des partis politiques, une perspective qui mérite toute l'attention nécessaire, car elle permettra, espérons-le, de révéler la profondeur des ramifications de cette structure insidieuse.

Retournons brièvement dans le passé, quoique pas si lointain, pour une meilleure compréhension générale. Après plusieurs mois de contestations et de demandes incessantes de la part de la population et de plusieurs intervenants de la société civile afin de faire la lumière sur les divers scandales, le gouvernement du Québec, alors dirigé par Jean Charest, décida sous une immense pression de créer une commission d'enquête chargée de vérifier les allégations et d'éclaircir la situation dans le domaine de la construction. Le désir de mettre en place un grand ménage éthique déboucha sur la nomination non partisane de la juge France Charbonneau et d'un mandat toutefois on ne peut moins clair. Néanmoins, il s'agissait d'un pas en avant, considérant que les libéraux refusaient depuis déjà longtemps d'acquiescer à la demande populaire.

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  • Avril 2009

    Les premiers appels en faveur d'une commission d'enquête publique sur la construction sont lancés à l'Assemblée nationale.

  • Septembre 2009

    L'hôtel de ville de Montréal annule le plus gros contrat de son histoire, une entente de 355 millions $ pour l'acquisition de compteurs d'eau, après la découverte d'irrégularités. Des rumeurs circulent selon lesquelles d'influents politiciens auraient séjourné sur le yacht de l'un des entrepreneurs ayant remporté une partie du contrat.

  • Octobre 2009

    La controverse prend du poids après que l'émission <em>Enquête</em> révèle l'ampleur de la corruption dans l'industrie de la construction, notamment dans les processus d'appel d'offres. Un groupe d'entrepreneurs de la région de Montréal, surnommé le «Fabulous Fourteen», agirait comme un cartel en se divisant les contrats, bloquant ainsi la voie aux compétiteurs, selon les journalistes de Radio-Canada. Un ancien sous-ministre des Transports soutient pour sa part que la mafia contrôle 80 pour cent des contrats de construction accordés dans la région et entretient des liens avec les entreprises du secteur. Les montants versés pour les projets de construction au Québec sont plus élevés qu'ailleurs au Canada, conclut <em>Enquête</em>.

  • Octobre 2009

    Quelques jours avant les élections municipales à Montréal, le magazine Maclean's publie son édition de novembre avec le titre «Corrompue, en ruine et criminalisée, Montréal est une honte» sur sa couverture.

  • Octobre 2009

    Québec annonce le déclenchement de l'Opération Marteau, une unité policière provinciale établie pour faire la lumière sur la corruption et la collusion dans le domaine de la construction.

  • Mars 2010

    L'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare accuse le gouvernement libéral d'avoir accepté de généreuses contributions politiques visant à influencer les nominations de juges. Jean Charest déclenche la commission Bastarache pour faire la lumière sur ces allégations.

  • Mai 2010

    Le député libéral et ministre de la Famille Tony Tomassi est forcé de démissionner après la diffusion d'informations selon lesquelles il utilisait une carte de crédit fournie par la firme de sécurité BCIA, firme qui a conclu des contrats avec le gouvernement. M. Tomassi fait maintenant face à trois accusations au criminel.

  • Août 2010

    La firme d'ingénierie Axor se voit imposer des amendes pour avoir illégalement donné 150 000 $ aux trois plus importantes formations politiques du Québec, dont 113 000 $ aux libéraux.

  • Octobre 2010

    «Mafia Inc.», un livre des journalistes d'enquête André Noël et André Cédilot, révèle que jusqu'à 600 entreprises versent un montant d'argent à la mafia sur une base régulière pour être «protégées».

  • Octobre 2010

    Le Maclean's fait encore des vagues, cette fois en qualifiant le Québec de «province la plus corrompue au Canada». La couverture du magazine montre l'emblématique Bonhomme Carnaval tenant un porte-document débordant d'argent.

  • Novembre 2010

    La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) s'affiche en faveur d'une commission d'enquête publique sur la construction, laissant les libéraux de Jean Charest virtuellement seuls à s'y opposer.

  • Novembre 2010

    Les libéraux survivent à une motion de non-confiance à l'Assemblée nationale grâce à leur majorité. Le premier ministre reporte un voyage en France avec deux ministres pour s'assurer que son gouvernement ne tombe pas.

  • Janvier 2011

    La commission Bastarache conclut à l'absence de népotisme dans la nomination des juges au Québec.

  • Février 2011

    Sept personnes, dont une ex-mairesse de Boisbriand, des cadres d'entreprises de construction, un ingénieur et deux consultants, sont arrêtées dans le cadre de l'Opération Marteau. Ils sont accusés de fraude, d'extorsion, d'avoir proféré des menaces et d'abus de confiance.

  • Février 2011

    Québec annonce la création de l'Unité permanente anti-corruption, bâtie sur le modèle des services d'enquête de la ville de New York.

  • Septembre 2011

    La fuite du rapport explosif de Jacques Duchesneau, patron de l'Unité anticollusion, met le feu aux poudres. L'ancien chef de police conclut que le ministère des Transports est impuissant face à la collusion et que le crime organisé et les entreprises de construction sont responsables des coûts très élevés payés par l'État pour ses projets de construction. Une partie du magot serait ensuite transférée vers les caisses électorales des partis politiques, affirme le rapport Duchesneau.

  • Septembre 2011

    Après la comparution de Jacques Duchesneau devant une commission parlementaire, le gouvernement montre des signes d'ouverture à l'idée de déclencher une commission d'enquête en partie publique, en partie à huis clos.

  • Octobre 2011

    Jean Charest annonce la création d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction présidée par la juge France Charbonneau. Mais le fait que la commission ne relève pas de la loi sur les commission d'enquête et n'accorde pas l'immunité aux témoins suscite un tollé.

  • Octobre 2011

    Le gouvernement Charest complète son recul en annonçant que la commission Charbonneau aura tous les pouvoirs requis et relèvera de la loi sur les commissions d'enquête.

  • Février 2012

    Dans un message vidéo pré-enregistré, la juge France Charbonneau lance un appel aux Québécois afin qu'ils fournissent de l'information à sa commission.

  • 1er octobre 2012

    L'entrepreneur Lino Zambito affirme qu'une cote de 2,5% des contrats publics devait être remise à la mafia, et une autre de 3% au parti Union Montréal, de Gérald Tremblay.


Cela dit, dès les premiers balbutiements de cette téléréalité - car effectivement, il s'agit bien d'un show de télévision d'actualité basé sur une approche mi-documentaire, mi-feuilleton, voire mi-fiction, mettant en vedette des acteurs sociaux, parfois connus, parfois obscurs -, les témoins comme Lino Zambito, Luc Leclerc ou encore Michel Cadotte ont attiré l'attention en dévoilant sans gêne les stratagèmes employés pour outrepasser les règles en matière d'octroi des contrats dans l'industrie de la construction. Après les premiers mois de divulgation, la majorité des gens, autant les citoyens que la classe politique québécoise, s'entendaient pour dire que la commission faisait un excellent boulot pour déterrer les squelettes et obtenir la «vérité». La légitimité de l'exercice ne faisait alors aucun doute parmi la majorité, au sein de laquelle régnait un quasi-consensus. À ce moment, l'attitude adoptée, particulièrement par nos politiciens provinciaux, était ce qui avait de plus normale et décontractée, dans la mesure où les acteurs éclaboussés étaient souvent d'ores et déjà considérés comme des «bad guys»; il n'y a qu'à penser à des individus comme Rizzuto, Milioto, Catania, Zampino, alouettes...

Dans cette optique, les acteurs politiques, mis à part quelques-uns au niveau municipal, s'en sortaient indemnes et sans taches. Il y a certes eu les épisodes impliquant Nathalie Normandeau et un bouquet de quarante roses ou encore celle associant Pierre Bibeau, ancien conjoint de Line Beauchamps, à des dons illégaux au PLQ. Des conflits d'intérêts en apparence, mais rien pour renverser la classe politicienne québécoise et soulever les masses. De fait, ces déclarations étaient marginales comparativement aux nombreuses confessions à l'égard du système de collusion et de clientélisme régnant, comme le pape sur l'Église, dans la métropole. Ainsi, l'image d'une Nathalie Normandeau recevant un bouquet de fleurs était beaucoup moins spectaculaire que celles du Consenza et des chaussettes remplies de frics sales ou encore du coffre-fort qui ne ferme plus. Ces images, tels des symboles, ont marqué l'imaginaire et, encore aujourd'hui, sont inscrites dans les représentations qu'ont les gens de la CEIC.

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  • Tony Accurso

    Premier témoin de l'automne 2014, Tony Accurso <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/09/08/commission-charbonneau-tony-accurso-vito-rizzuto-client-restaurant_n_5785102.html?utm_hp_ref=commission-charbonneau" target="_blank">se défend d'avoir eu des liens avec le crime organisé</a>, mais affirme <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/09/05/jacques-duchesneau-dement-avoir-recu-250-000--de-tony-accurso_n_5773430.html?utm_hp_ref=commission-charbonneau" target="_blank">avoir remis 250 000$ à Jacques Duchesneau</a>. Une photo <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/09/05/photo-de-jean-charest-avec-tony-accurso-les-liberaux-minimisent_n_5772084.html?utm_hp_ref=commission-charbonneau" target="_blank">le montrant avec Jean Charest</a> fait aussi réagir..

  • Violette Trépanier

    L'ex-responsable du financement du PLQ de 2001 à 2013, Violette Trépanier, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/20/lcommission-charbonneau-fin-des-travaux-violette-trepanier_n_5514255.html" target="_blank">se défend et assure avoir été flouée</a>. Elle affirme que les firmes de génie qui ont eu recours à des prête-noms ou à de la fausse facturation pour financer leurs dons au PLQ l'ont fait à son insu.

  • Nathalie Normandeau

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/18/normandeau-contre-charbon_n_5506965.html" target="_blank">«Il n'y a jamais eu de contrats en échange de financement politique»</a>, affirme l'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau. À la suite de sa comparution, elle présentera par ailleurs <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/19/nathalie-normandeau-recommandations-commission-charbonneau_n_5510615.html" target="_blank">quatre recommandations</a> à la commission Charbonneau.

  • Marc-Yvan Côté

    Marc-Yvan Côté a reconnu <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/11/commission-charbonneau-marc-yvan-cote_n_5480929.html" target="_blank">l'existence du financement sectoriel</a> au Parti libéral du Québec, de même que le fait que des employés avaient pu être remboursés par leur entreprise pour des dons au PLQ. Selon l'ancien ministre libéral, interdire le financement d'entreprise <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/11/commission-charbonneau-marc-yvan-cote_n_5484013.html?utm_hp_ref=commission-charbonneau" target="_blank">a été une erreur</a>.

  • François Beaudry

    Le ministère des Transports du Québec avait été mis au parfum dès 2002-2003 par une taupe de l'existence d'un vaste stratagème de collusion impliquant des entrepreneurs de la grande région de Montréal, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/05/05/francois-beaudry-commission-charbonneau_n_5266575.html" target="_blank">a rappelé François Beaudry, un ancien du MTQ</a> qui s'était déjà longuement confié à l'émission <em>Enquête</em>.

  • Florent Gagné

    L'ancien sous-ministre estime que <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/25/commission-charbonneau-florent-gagne_n_5212672.html" target="_blank">les critiques adressées au MTQ quant à son manque de vigueur</a> dans la lutte à la collusion au fil des ans sont injustes.

  • Paul-André Fournier

    L'ex-directeur des travaux pour le MTQ à Montréal admet, à la suite de son subordonné Claude Paquet, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/24/ceic-bpr-fraude_n_5206017.html" target="_blank">avoir négocié avec les plus bas soumissionnaires</a> pour deux contrats accordés dans le dossier de la réfection du rond-point l'Acadie afin d'obtenir des réductions de prix, à la demande du sous-ministre adjoint Liguori Hinse, voire du sous-ministre.

  • Robert Marcil

    L'ex-employé de la Ville de Montréal Robert Marcil a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/23/robert-marcil-plaide-coupable-ordre-ingenieurs-commission-charbonneau_n_5198734.html" target="_blank">plaidé coupable d'infractions déontologiques</a> devant le comité de discipline de l'Ordre des ingénieurs. Il avait témoigné devant la CEIC en février et avait reconnu son «manque de jugement».

  • Claude Paquet

    L'ancien chef de service des projets à la direction territoriale de Montréal du ministère des Transports du Québec a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/17/commission-charbonneau-peche-claude-paquet-ex-cadre-mtq_n_5169126.html" target="_blank">contrevenu aux règles du MTQ</a> dans le dossier de la réfection du rond-point L'Acadie, évoqué par Lino Zambito devant la commission Charbonneau.

  • Jocelyn Dupuis

    L'ex-secrétaire du conseil exécutif de la FTQ-Construction, Alain Pigeon, soutient que <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/16/proces-dupuis-syndicat_n_5159982.html" target="_blank">la haute direction était bien au fait des dépenses extravagantes</a> de son ex-directeur général, Jocelyn Dupuis, et fermait les yeux car les sommes réclamées en trop «allaient au bien-être des travailleurs» de la centrale.

  • Guy Desrosiers

    La perte d'expertise au ministère des Transports du Québec et son recours massif aux firmes de génie dans les années 2000 ont eu pour conséquence que<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/15/commission-charbonneau-contrats-mtq_n_5152533.html" target="_blank"> le MTQ n'arrivait plus à assurer un véritable suivi de ses travaux</a>, et donc à contrôler leurs coûts, a fait ressortir l''enquêteur de la commission Guy Desrosiers.

  • Serge Daunais

    Le directeur général de Pavages Maska admet qu'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/14/commission-charbonneau-contrats-mtq_n_5146078.html" target="_blank">il y a eu de la collusion dans le pavage par le passé</a> et que des entreprises s'entendent encore pour ne pas empiéter sur leurs territoires respectifs.

  • Nicolas Hains

    L'ingénieur Nicolas Hains a dressé <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/11/commission-charbonneau-contrats-ministere-des-transports_n_5132349.html" target="_blank">un portrait critique de son passage comme estimateur</a> au bureau de Montréal de Construction DJL devant la commission Charbonneau.

  • Marcel Roireau

    Le président de l'entreprise DJL <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/10/commission-charbonneau--apres-sintra-la-commission-entend-djl_n_5125020.html" target="_blank">nie avec véhémence avoir fait de la collusion</a> avec Sintra pour se partager le marché du pavage au Québec et soutient que si DJL est plus présente dans certaines régions, et moins ailleurs, c'est uniquement en fonction d'occasions d'affaires.

  • Normand Bédard

    L'ex-président de Sintra <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/09/commission-charbonneau-sintra-normand-bedard-mtq_n_5116956.html" target="_blank">reconnaît avoir fait de la collusion</a> pour se partager des contrats de pavage, notamment ceux attribués par le ministère des Transports du Québec dès les années 1980.

  • Joe Borsellino

    L'ex-dirigeant de Garnier, Joe Borsellino, avait des <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/03/13/commission-charbonneau-joe-borsellino-liens-rizzuto_n_4958006.html" target="_blank">relations personnelles et professionnelles avec le clan Rizzuto</a>, ont révélé des écoutes électroniques.

  • Martin Cloutier

    Le chef de service à l'Agence du revenu du Québec estime que la fausse facturation des entreprises et les travailleurs au noir entraînent des <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/03/10/des-histoires-de-fausse-facturation-au-menu-de-la-commission-charbonneau_n_4934221.html" target="_blank">pertes fiscales de 3,5 milliards de dollars par année</a> pour Québec.

  • Bernard « Rambo » Gauthier

    Le représentant du local 791 des opérateurs de machinerie lourde pour la Côte-Nord a dû admettre qu'il a avait<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/26/commission-charbonneau-bernard-gauthier_n_4858378.html" target="_blank"> fait appel à l'intimidation</a> pour arriver à ses fins dans le cadre des travaux pour la centrale hydroélectrique La Romaine. Son supérieur immédiat, le directeur général du local 791, Bernard Girard, l'avait rencontré dans ses premières années pour discuter de son « agressivité ».

  • Marcel Pouliot

    L'entrepreneur de l'Estrie a raconté à la commission <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/27/commission-charbonneau--et-si-tas-pas-de-soupe-tas-plus-de-travaux----marcel-pouliot_n_4867807.html" target="_blank">ses déboires récents sur le chantier de La Romaine</a>, un cocktail fait de mauvaises surprises, de tensions avec Bernard Gauthier et de bris mystérieux d'équipements coûteux.

  • Pierre Laprise

    Le chantier de La Romaine sur la Côte-Nord s'est révélé <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/25/intransigeance-rambo-entreprise-fernand-gilbert-commission-charbonneau_n_4849971.html" target="_blank">un véritable calvaire</a> pour l'entreprise FGL du Saguenay. Bris d'équipements à répétition, embauche à la merci de Bernard « Rambo » Gauthier, travailleurs intoxiqués... du jamais vu en 25 ans selon Pierre Laprise.

  • Jean-François Sabourin

    L'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/24/bernard--rambo-gauthier-homme-cle-sur-la-cote-nord_n_4846798.html" target="_blank">enquêteur Sabourin</a>, qui a rencontré près d'une centaine de témoins dans la région entre 2009 et 2011, a expliqué que Bernard « Rambo » Gauthier avait la volonté de contrôler l'embauche pour le chantier de La Romaine.

  • Normand Pedneault

    L'entrepreneur du Saguenay a raconté comment ses frères ont été molestés, après qu'il ait refusé de plier devant les exigences du représentant du local AMI Michel Bézeau et de Bernard « Rambo » Gauthier, représentant du 791. Ils demandaient le renvoi de ses travailleurs du Saguenay en échange de ses hommes. M. Pedneault a éclaté en larmes en racontant <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/20/entrepreneurs-battus-cote-nord-ftq-construction-rambo_n_4815729.html" target="_blank">cet épisode</a>.

  • Daniel Gagné

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/19/commission-charbonneau-le-president-de-linternational-contre-interroge-par-la-ftq-construction_n_4815152.html" target="_blank">Daniel Gagné</a> a révélé avoir appris en mars 2010 que la FIPOE (syndicat des électriciens, FTQ-Construction) aurait conclu des ententes secrètes avec deux poids lourds de l'International, soit Gérard Cyr, le puissant gérant d'affaires du local 144 (tuyauteurs), et Donald Fortin, directeur général de la centrale syndicale.

  • Rock Savard

    L'entrepreneur du Saguenay <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/18/commission-charbonneau-un-entrepreneur-du-saguenay-a-la-barre-des-temoins_n_4808170.html" target="_blank">Rock Savard</a> a raconté à la CEIC comment il a été contraint d'acheter la paix sur un chantier de la Côte-Nord en concluant une entente avec les représentants locaux de la FTQ-Construction, Bernard « Rambo » Gauthier et Michel Bézeau.

  • Serge Larouche

    L'entreprise Ganotec a versé environ 1,2 million de dollars entre 2000 et 2006 à Gérard Cyr, alors président du CPQMC-International et patron du local 144, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/12/commission-charbonneau-international-ganotec_n_4775741.html" target="_blank">selon le témoignage de son PDG Serge Larouche</a>.

  • Paul Faulkner

    La commission Charbonneau a fait le point sur le <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/12/commission-charbonneau-interesse-international_n_4773080.html" target="_blank">fonctionnement de l'International</a> avec le directeur général du Conseil provincial du Qc des métiers de la construction.

  • Michel Comeau

    L'enquêteur <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/11/commission-charbonneau-enregistrements-commandes-ken-pereira_n_4766593.html" target="_blank">Michel Comeau</a> a rapporté que plusieurs grutiers québécois ont été payés à ne rien faire sur le chantier de la centrale de Péribonka. Il a rencontré quelque 70 personnes en un an afin de prendre la mesure de la discrimination sur les chantiers et de la violence qui y règne.

  • Jacques Sainte-Marie

    Le chantier d'Hydro-Québec à Péribonka aurait été <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/17/commission-charbonneau-retour-sur-les-grutiers-de-la-ftq-construction-payes-a-ne-rien-faire_n_4802696.html" target="_blank">un véritable calvaire</a> pour l'entreprise allemande Bauer, ce qui aurait entraîné des coûts supplémentaires de plus de 4 M$ indemnisés par la société d'État. Selon Jacques Sainte-Marie, ex-directeur de projet pour Bauer, les doléances des délégués syndicaux étaient constantes, surtout sur le partage des tâches, avec, en arrière-plan, la volonté de « faire sortir les étrangers du chantier ».

  • Eugène Arsenault

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/13/commission-charbonneau-eugene-arsenault_n_4781313.html" target="_blank">Eugène Arsenault</a>, dont le nom est ressorti en marge des allégations portées par Serge Larouche contre le syndicaliste Gérard Cyr, a confirmé que le PDG de Ganotec lui avait confié en 2005 que Léopold Gagnon, alors patron de l'entreprise, versait de l'argent comptant au président de l'International.

  • Michel Arsenault

    L'ex-président de la FTQ a défendu son intégrité, assurant que les choix qui avaient été faits étaient les bons pour l'économie québécoise. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/28/commission-charbonneau-deuxieme-jour-de-comparution-pour-michel-arsenault_n_4680036.html" target="_blank">Il a nié les allégations de Ken Pereira</a>, notamment celle voulant qu'un Italien lui ait proposé 300 000$ pour le dossier Carboneutre. Il a aussi nié avoir donné un traitement particulier aux dossiers de Jocelyn Dupuis. Il a cependant été questionné longuement <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/27/commission-charbonneau-michel-arsenault-frequente-toujours-tony-accurso_n_4673593.html" target="_blank">sur son amitié avec Tony Accurso</a>, entre autres sur un <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/30/commission-charbonneau-michel-arsenault_n_4694791.html" target="_blank">cadeau luxueux</a> que ce dernier a remis à sa femme.

  • Jean Lavallée

    L'ex-président de la FTQ-Construction Jean Lavallée <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/21/jean-lavallee-commission-charbonneau_n_4636972.html" target="_blank">nie avoir fait des démarches auprès du PQ</a>, au printemps 2009, afin de le convaincre de ne pas appuyer la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. L'écoute électronique d'une conversation entre lui et l'ex-président de la FTQ Michel Arsenault laisse toutefois croire à l'existence d'un «deal» entre la FTQ et Claude Blanchet, ex-PDG du Fonds et époux de Pauline Marois. Ml Lavallée admet que Tony Accurso <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/22/commission-charbonneau-jean-lavallee-temoignage_n_4644154.html" target="_blank">l'a invité en vacances à ses frais à plusieurs reprises</a>. Il nie par ailleurs que son ami Denis Vincent soit lié aux Hells Angels. Source: Radio-Canada

  • Guy Gionet

    L'ex-PDG de la SOLIM Guy Gionet <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/14/commission-charbonneau-guy-gionet-solim_n_4595095.html" target="_blank">soutient s'être inquiété du risque</a> que posait à la réputation du Fonds la présence de certaines personnes dans des dossiers de la SOLIM. Mais Jean Lavallée lui a bien fait comprendre que son rôle de PDG se limitait à obtenir du rendement. Lavallée était en quelque sorte un «dieu» à la FTQ et au Fonds, dira Gionet. Il indique aussi que personne à la SOLIM n'a jamais eu de malaise <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/15/commission-charbonneau-guy-gionet-jean-lavallee_n_4601879.html" target="_blank">à faire affaire avec Ronnie Beaulieu</a>, un homme dont le passé criminel était pourtant bien connu. Source: Radio-Canada

  • Jocelyn Dupuis

    Jocelyn Dupuis est l'ancien directeur général du syndicat de la la FTQ-Construction. Il est en attente d'un procès pour avoir réclamé des remboursements sur la base de fausses factures et de factures gonflées. Source: Radio-Canada.ca

  • Nicodemo Milano

    L'enquêteur Nicodemo Milano analyse l'écoute électronique effectuée par la SQ dans le cadre de l'opération Diligence. Les policiers ont enregistré différents acteurs impliqués dans Carboneutre, une entreprise infiltrée par la mafia qui a tenté, en vain, d'obtenir du financement du Fonds de solidarité FTQ.

  • Paul Sauvé

    Paul Sauvé, le patron de LM Sauvé a indiqué dans son <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/23/collusion-na-pas-epargne-maconnerie-sauve_n_4152126.html" target="_blank">témoignage</a> que la maçonnerie n'a été épargnée ni par la collusion ni par l'intimidation, comme les autres domaines de la construction ciblés par la commission.

  • Benoît Ringuette

    Il est le <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/17/commission-charbonneau-quand-la-mafia-cogne-aux-portes-du-fonds-de-solidarite-ftq_n_4114840.html" target="_blank">co-fondateur de Carboneutre</a> et a finalement perdu le contrôle de sa compagnie sans pour autant réussir à la vendre, se retrouvant ainsi entouré de collaborateurs dont il ignorait l'essentiel des agissements, dont notamment la présence dans l'entreprise du mafieux Raynald Desjardins, ou encore de celle de son ami Jocelyn Dupuis. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Gaétan Morin

    Gaétan Morin, le premier vice-président au développement corporatif et investissement du Fonds, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/16/abc-fonds-de-solidarite-commission-charbonneau_n_4107586.html" target="_blank">a expliqué à la commission</a> les étapes que doit maintenant traverser le dossier d'une entreprise qui souhaite obtenir du financement du Fonds de solidarité FTQ.

  • Ken Pereira

    L'ex-syndicaliste Ken Pereira a affirmé que l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis entretenait des liens avec les Hells Angels et la mafia. Il a dû interrompre son témoignage à la suite d'une chute accidentelle au début du mois d'octobre.

  • Jocelyn Anctil

    Jocelyn Anctil, un homme d'affaire prospère et ambitieux de l'Estrie, a raconté à la commission Charbonneau comment ses entreprises ont été victimes d'une série d'incendies criminels entre 2009 et la fin 2010. Source: Radio-Canada.ca

  • Claude Asselin

    Claude Asselin admet que l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt lui a demandé à de multiples reprises de s'arranger pour que des contrats lancés en appels d'offres aboutissent entre les mains des entrepreneurs qu'il avait choisis. Il soutient n'avoir sinon jamais été témoin de cas de collusion entre firmes de génie et se défend d'avoir fait de l'aveuglement volontaire.

  • Jean Gauthier

    Le notaire à la retraite Jean Gauthier admet, après s'être défilé malhabilement, que l'argent qu'il récoltait auprès des firmes de génie pour le PRO des Lavallois était lié à des contrats obtenus par elles à la Ville de Laval. « C'est ça, c'est pour des contrats qu'ils ont reçus », a-t-il laissé tomber, coincé sous le feu croisé du procureur Denis Gallant et de la commissaire France Charbonneau

  • Bahjat Ashkar

    L'ingénieur Bahjat Ashkar a expliqué à la commission comment il a pu prendre pied dans le marché de Laval au tournant des années 2000 en finançant le PRO des Lavallois, par l'intermédiaire du notaire Jean Gauthier, puis a expliqué son implication dans le système de collusion dans le génie mis en place en 2002.

  • Vincent Auclair

    L'ex-député libéral Vincent Auclair admet avoir reçu des mains de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt une enveloppe d'argent lors d'une rencontre en tête à tête à l'hôtel de ville de Laval arrangée par son équipe de campagne. L'argent lui a été remis en marge de la partielle dans la circonscription de Vimont en 2002, lors de la troisième semaine de campagne.

  • Mike Mergl

    Mike Mergl reconnaît avoir fait de la collusion à Laval dès le début des années 2000 avec son entreprise Mergad. Il ne peut cependant dire pourquoi tel ou tel contrat lui était attribué par le système, mais estime que le gestionnaire de la collusion, le directeur de l'ingénierie Claude Deguise, lui donnait « les projets que personne ne voulait ».

  • Basile Angelopoulos

    Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval, Basile Angelopoulos, admet avoir servi de prête-nom pour des contributions politiques faites au parti du maire Gilles Vaillancourt, à la demande de Me Jean Bertrand.

  • Jean Bertrand

    Presque tous les conseillers municipaux élus sous la bannière du PRO des Lavallois depuis 1997, dont l'actuel maire Alexandre Duplessis et l'ensemble du comité exécutif, se sont fait rembourser des centaines de milliers de dollars en contributions politiques grâce à de l'argent comptant fourni par des firmes d'ingénieurs au notaire Jean Gauthier, affirme Me Jean Bertrand. (Source: Radio-Canada)

  • Ronnie Mergl

    Ronnie Mergl, vice-président de Nepcon, a révélé jeudi que l'entreprise a elle aussi versé une rémunération à Bernard Trépanier, l'ancien responsable du financement d'Union Montréal. Devant la Commission Charbonneau, M. Mergl a confirmé que Nepcon a versé quelque 90 000 $ en honoraires à la compagnie de M. Trépanier en 2010 et 2011. Le rôle de M. Trépanier consistait à identifier des projets qui pourraient intéresser Nepcon, comme des abribus. (Source: Radio-Canada)

  • Gilles Théberge

    Gilles Théberge a expliqué à la commission Charbonneau que Sintra, entreprise pour laquelle il travaillait de 1996 à 2000, a fait de la collusion dans l'asphalte sur des contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ). La collusion se faisait entre producteurs d'asphalte tant sur la Rive-Sud que sur la Rive-Nord de Montréal. (Source: Radio-Canada)

  • Pierre Allard

    Un entrepreneur de Mascouche, Pierre Allard, a raconté à la commission avoir tenu tête au système de collusion à Laval entre entrepreneurs. Le propriétaire d'Excavations S. Allard a affirmé avoir refusé, en 2006, de se tasser sur un contrat public de raccordement des égouts et aqueducs de 42 triplex aux services municipaux sur un chantier où il avait fait l'excavation. (Source: Radio-Canada)

  • Roger Desbois

    Roger Desbois confirme que la collusion a régné dans les appels d'offres à Laval entre firmes de génie-conseil, au vu et au su du maire Vaillancourt. Le système, implanté début 2000 dans la foulée de la loi 106, était géré par le directeur de l'ingénierie de la Ville de Laval, Claude Deguise. Les firmes devaient verser en échange une cote de 2 % au parti de Gilles Vaillancourt. (Source: Radio-Canada)

  • Jean Roberge

    Le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, a confirmé avoir pris part au système de collusion à la Ville de Laval. « J'y ai moi-même participé », a-t-il confié à la commission Charbonneau. Jean Roberge a pris part à ce système alors qu'il était à la tête de la firme d'ingénieurs Équation Groupe Conseil, de 2002 à 2007. (Source: Radio-Canada)


Mais, les véritables sujets que nous souhaitions aborder, ceux qui sont sensibles et qui impliquent nos élus, n'avaient toujours pas été traités. Or, depuis maintenant plusieurs jours, les révélations-chocs viennent ébranler les colonnes du temple sacré de la politique québécoise. Le dossier vierge (ou presque) de nos politiciens et de leur parti fut de courte durée. Sur ce point, dans les deux dernières semaines, nous avons eu droit à des aveux qui nous renseignent sur les méthodes occultes de financement des partis politiques et même sur les commandites (contributions) illégales lors de la dernière campagne référendaire. N'épargnant ni ses amis, ni ses adversaires, l'ex-organisateur libéral Gilles Cloutier a, dans les derniers jours, éclaboussé le Parti libéral et le Parti québécois. Voilà, enfin, des vérités qui dérangent... Il n'est donc pas surprenant qu'à l'heure actuelle les politiciens et, plus spécifiquement, le gouvernement remettent en question le modus operandi de la commission. Cette mise en doute du travail de la juge, de sa façon de procéder, est une conséquence normale, dans l'optique où la critique, tel le vent, se lève au moment où débute la tempête.

Alors que l'on octroyait, il y a de ça quelques semaines, une confiance aveugle à l'endroit de la commission et même ses témoins, aujourd'hui, lorsque les révélations ne sont plus favorables à notre cause ou notre idéologie et, subséquemment, nous touchent directement et/ou indirectement, on modifie notre discours, on nuance et on critique le processus, la méthode, les acteurs... Après tout, c'est la même histoire dans la vie quotidienne et dans toutes les relations sociales, qu'elles soient familiales, amicales, conjugales, etc. Mais, nous constatons que la figure du politicien, plus que tout autre, possède cette propension à afficher deux poids, deux mesures. Double discours, double représentation, mais une seule perception... Il n'y a rien à redire. Si les politiciens, les ingénieurs, les entreprises et la mafia ne sont pas contents du travail, mais qu'en revanche le citoyen est satisfait, c'est que la commission a, jusqu'à maintenant, accompli le rôle qui lui a été confié.

 

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