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Rallions tous les Québécois

20/09/2016 10:36 EDT | Actualisé 20/09/2016 10:57 EDT

Comment rallier les différentes composantes du mouvement souverainiste est une question intéressante, mais si elle suggère que le ralliement des Québécoises et des Québécois doit s'opérer uniquement au sein du mouvement souverainiste, il s'agit d'une proposition périlleuse qui aurait pour effet de soustraire plus de 60% de la population en préparation des élections de 2018.

Le Parti Québécois doit chercher à rallier tous les Québécoises et Québécois, sans exception aucune.

La convergence souverainiste, telle qu'incarnée par le OUI Québec, est essentielle dans la perspective de préparer le projet de pays. En effet, indépendamment des divergences de points de vue et de programmes entre chacune des formations politiques, les souverainistes doivent avoir un lieu de réflexion et de collaboration sur l'enjeu qui les rassemble et qui transcende leur engagement politique.

>L'an 1 du gouvernement St-Pierre Plamondon

La stratégie semble largement partagée au sein de ce mouvement de convergence: nous devons recommencer à parler des faits et arguments qui doivent nous amener à vouloir être définitivement maîtres chez nous en 2016.

Dans le cadre de cette promotion du projet de pays, il faut absolument éviter de se parler uniquement entre souverainistes. En ce sens, il ne peut pas y avoir de hiérarchie entre les «vrais» souverainistes et les autres qui parfois reçoivent des surnoms peu flatteurs: la démarche d'information se doit de s'adresser à toute la population et d'être la plus invitante et factuelle possible, dans le but d'additionner et non de soustraire.

La stratégie est cependant toute autre dans la perspective de permettre à une autre formation politique que les libéraux de prendre le pouvoir en 2018. Si la convergence est souhaitable pour bâtir un pays, elle n'est peut-être pas réalisable dans l'objectif de gagner les élections de 2018. Les partis politiques sont des organisations qui ont leurs intérêts propres et qui travaillent naturellement en fonction de leur propre survie. Il est par conséquent beaucoup plus difficile de faire converger des organisations que de faire converger des individus.

Dans l'hypothèse où Option nationale (ON), Québec solidaire (QS) et le Parti Québécois (PQ) ne sont pas en mesure de trouver une stratégie commune pour sortir les libéraux en préparation de 2018, le Parti Québécois devra en appeler à la convergence individuelle de chaque personne qui a à cœur le Québec et qui désire qu'on se dote d'un gouvernement honnête et compétent.

«Nous avons tous le devoir moral de réussir cette convergence, vers une seule formation, de tous ceux qui ont à cœur le Québec et qui croient que nous méritons mieux que le régime libéral de corruption et d'austérité.»

Une stratégie électorale commune des partis souverainistes est pourtant possible. Un pacte de non-concurrence entre QS et le PQ pourrait faire en sorte que QS présenterait des candidat(e)s dans un nombre limité de circonscriptions, soit dans celles où QS est bien établi. Le nombre de circonscriptions «réservées» à QS serait déterminé en fonction du résultat électoral probable si un tel pacte n'avait pas lieu, en tenant compte des résultats de 2014 et des sondages actuels. Une fois les circonscriptions réservées à QS identifiées, QS retirerait ses candidat(e)s des autres circonscriptions dans la compréhension qu'une fois au pouvoir, le PQ mettra en place un mode de scrutin proportionnel mixte qui non seulement assurera la survie de QS dans l'avenir, mais lui permettra en fait d'obtenir beaucoup plus de sièges que dans le mode de scrutin actuel.

Une solution raisonnable et mutuellement bénéfique est donc clairement possible, si tous les intervenants font passer l'intérêt du Québec avant l'intérêt à court terme de leur organisation.

Par contre, si d'ici à 2018, une telle solution est rejetée par QS, le PQ devra alors œuvrer à convaincre directement les électeurs de QS, ainsi que ceux des autres partis politiques, de faire partie de la solution à l'impasse démocratique actuelle qui reconduit systématiquement les libéraux au pouvoir.

Pour y arriver, il faut évidemment redevenir un parti résolument social-démocrate, un parti dédié à éclairer la population sur ses meilleurs intérêts et à protéger ceux qui ont le plus souffert des dernières années de l'austérité du régime Couillard. Un PQ orienté vers le service public et la social-démocratie pourra alors porter le message suivant : la seule formation à pouvoir incarner l'équité, la justice et la fin de l'austérité dès 2018 est le Parti Québécois.

Nous avons tous le devoir moral de réussir cette convergence, vers une seule formation, de tous ceux qui ont à cœur le Québec et qui croient que nous méritons mieux que le régime libéral de corruption et d'austérité.

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