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Hubert Lacroix doit partir

17/11/2014 09:12 EST | Actualisé 17/01/2015 05:12 EST

Il nous faut un pays. Je l'ai dit au dernier conseil général du Bloc québécois à Shawinigan et je le répéterai partout. Il nous faut un pays pour que les décisions, bonnes ou mauvaises, qui sont prises par le gouvernement et ses sociétés soient prises en fonction de nos intérêts ou d'une vision de nos intérêts. Quand le gouvernement libéral de Philippe Couillard s'attaque au modèle québécois, c'est aux Québécois qu'il doit en répondre. Quand le gouvernement Harper s'en prend aux intérêts québécois, les Québécois n'ont que peu de pouvoir d'influence. Le fédéral peut très bien vivre sans se préoccuper des intérêts du Québec, on l'a vu et on continuera à le voir tant que nous ne serons pas indépendants.

Alors, il nous faut un pays. Le Québec a une culture unique, une façon de faire les choses bien à lui, une vision du monde, un attachement à la démocratie si fort qu'on peut se faire dire non à 50 % sans qu'il n'y ait de violence. Nous avons de grandes qualités. René Lévesque disait : être informé, c'est être libre. On peut mesurer une démocratie à sa liberté de presse, on peut mesurer une démocratie à sa diversité d'opinions. Et s'attaquer à notre capacité de nous informer, c'est s'attaquer à notre démocratie.

Comme le soulignaient les quatre syndicats du Réseau français de Radio-Canada, « depuis 2009, avec l'appui de son conseil d'administration, la haute direction de CBC/Radio-Canada a mis en œuvre des compressions budgétaires totalisant plus d'un demi-milliard de dollars, ce qui se traduit par la suppression de plus de 4000 postes. » L'information régionale, l'information internationale, la production de dramatiques, l'audace, le développement d'expertises télévisuelles, voilà ce à quoi Hubert Lacroix, l'homme choisi par les conservateurs, s'est attaqué depuis qu'il est en poste.

Jamais on n'a vu de direction à Radio-Canada si peu préoccupée par son personnel, si peu préoccupée par ses artisans, et si enthousiaste à briser de façon irrémédiable la télévision publique. Hubert Lacroix et le gouvernement conservateur ont décidé de mettre un terme à la tradition d'une grande télévision qui permettait non seulement aux Québécois de toutes les régions de bien savoir ce qui se passait dans leur coin de pays, mais qui permettait aussi au milieu culturel québécois de se faire connaître, de travailler, de se faire valoir.

Un Québec indépendant aurait une télévision publique indépendante libre des diktats gouvernementaux. Nous en aurons une. Un jour, le plus rapidement possible. Mais aujourd'hui, nous n'en avons pas et les tories canadiens ont décidé d'affaiblir et de mettre à genou celle qui est à notre disposition.

Les échanges de courriel entre le ministre du Patrimoine et Hubert Lacroix, plus de visibilité pour Kate et William, plus de temps consacré à la monarchie et au développement du «nation building» canadien: les conservateurs ont décidé de faire de Radio-Canada une télévision d'État plutôt qu'une télévision publique. Les conservateurs ont décidé d'utiliser la SRC comme instrument de propagande fédérale. Ce n'est pas nouveau, me direz-vous. Eh bien! même sous Rabinovitch, je n'ai pas souvenir d'une telle complicité empressée de la direction.

Des milliers de femmes et d'hommes perdent leurs emplois pendant que le gouvernement fédéral se prépare à nous éblouir avec des surplus faramineux. Ils ont l'argent pour que les coupes cessent à Radio-Canada, mais avoir des journalistes nerveux qui hésitent avant de s'en prendre au gouvernement fédéral n'a rien pour déplaire aux conservateurs.

Couper dans l'information, couper dans la culture, c'est s'attaquer à la démocratie. Aussi simple que ça.

Si Hubert Lacroix ne veut pas défendre la SRC, il doit partir de lui-même et maintenant. Il en a assez fait. Et si le gouvernement fédéral croit à la télévision publique, eh bien! il doit demander la démission de son président. Dans tous les cas, il faut qu'il parte.

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