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Comment réagir quand des élèves se moquent de notre enfant à l'école?

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Qu'y a-t-il de plus souffrant pour un parent que de se sentir impuissant face à la souffrance de son enfant? Être l'objet de taquineries par ses pairs dans la cour d'école est fréquent. Tout enfant, un jour ou l'autre, a été le sujet de moqueries et de farces plates. Toutefois, certains enfants semblent être élus plus souvent qu'à leur tour.

  • Quoi lui dire? Comment le rassurer?
  • Comment aider ces enfants-cibles à se sortir de cette situation?
  • Comment l'aider à préserver sa confiance?
  • Comment lui apprendre à réagir correctement et de façon respectueuse?
  • Quoi lui dire? Comment le rassurer?

En tant que parents, nous cherchons souvent nos mots alors que souvent, l'enfant cherche l'écoute. Il est important que nous puissions lui offrir une écoute sincère et empathique. L'accueillir dans sa souffrance émotionnelle sans se laisser soi-même envahir par des émotions désagréables sera pour lui une occasion de se rassurer. Démontrez-lui que vous avez confiance en sa capacité à traverser cette épreuve. Évitez de vous révolter ou de vous sentir inquiet, cela ne ferait qu'accroître son sentiment d'impuissance et validerait son désarroi.

Comment aider ces enfants-cibles à se sortir de cette situation?

Certains enfants semblent être plus visés que d'autres ou du moins, ils s'en affectent plus. Ces enfants présentent souvent un manque de confiance en eux qui se traduit par une difficulté à s'affirmer, à prendre sa place en groupe et un besoin marqué de plaire et d'être reconnu. Ils ont l'impression d'exister, d'être quelqu'un et d'avoir une valeur QUE lorsqu'ils se reflètent dans le regard des autres. Ils sont donc fréquemment à la recherche d'approbation ou de signe d'appréciation ce qui les pousse parfois à agir inadéquatement. Il est donc important d'aider ces enfants à développer leur autonomie émotionnelle en ciblant prioritairement la confiance en ses capacités.

Vous pouvez faire, avec lui, un exercice que nous aimons bien faire avec les enfants. Faites-le coucher sur le dos sur une grande feuille de papier (ou du carton) suffisamment grande pour que vous puissiez y dessiner le contour de son corps. Par la suite, invitez-le à se représenter physiquement comme il se voit en illustrant ses cheveux, ses yeux, ses vêtements, ses traits particuliers, etc.

Ensuite, retournez la feuille. Demandez-lui de vous faire la liste de ses capacités : Je suis capable de lire. Je partage souvent mes jouets. Je respecte les consignes. Je suis attentif aux autres...

Faites-lui remarquer que ses capacités sont cachées derrière la feuille tout comme elles ne sont pas nécessairement apparentes pour ceux qui le regardent. Soulignez le fait que, peu importe ce que les autres disent ou font, ces capacités sont les siennes et que LUI doit en être conscient. S'il les oublie, comment les autres devraient-ils se le rappeler?

Affichez son autoportrait dans un endroit qui lui est accessible et faites l'exercice de lui faire énumérer ses capacités sans regarder derrière la feuille. Ainsi, il intégrera davantage ses capacités.


Comment l'aider à préserver sa confiance?

En qualifiant ses efforts ainsi que ses actions et en focalisant davantage sur les comportements et ses capacités plutôt que sur la personne, il percevra des détails à améliorer. Cela lui évitera de croire que sa personne entière est nulle, stupide et détestable. Changer certains aspects de soi est plus accessible que de changer de soi.

Cette focalisation passe aussi par votre relation avec lui et le langage que vous utilisez pour lui parler de lui-même.

Évitez les phrases comme :

  • « Tu es bon. »
  • « Tu es fort. »
  • « Comme il est beau ce dessin! »

Faites-le parler de lui en terme de capacité et non de qualificatif :

  • « Tu crois que tu peux le faire? »
  • « Tu arriverais à soulever ce poids? »
  • « Que penses-tu de ton dessin? »

Renforcez sa perception positive de ses capacités en soulevant des points précis :

  • « Tu arrives à faire cet exercice complexe. »
  • « C'est lourd et tu arrives à le soulever. »
  • « Je vois que tu as mis beaucoup de temps et de patience à faire ce dessin. »

Comment lui apprendre à réagir correctement et de façon respectueuse?

Identifiez avec lui sa façon actuelle de réagir et amenez-le à saisir les conséquences de cette réaction :

  • Lorsque tu pleures, est-ce que les copains évitent de rire ou se moquent-ils davantage?
  • Quand tu leur cries d'arrêter de se moquer de toi, est-ce qu'ils arrêtent ou ils continuent?

Dressez avec lui une liste de réactions plus favorables et adéquates selon son objectif :

Affirmation de soi - dire au moqueur que son commentaire n'est pas apprécié.
Utiliser l'humour - pratiquer une réplique drôle qui désamorce les moqueries.
Éviter l'occasion - tisser un nouveau cercle d'amis qui correspond davantage à sa personnalité.
Identifier des personnes ressources - se référer au professeur s'il est victime d'intimidation.

Gardez en tête que plus il aura confiance en ses capacités moins il s'affectera des moqueries de ses copains d'école. Il est donc important l'aider à solidifier sa confiance par différents moyens : développer une posture solide, faire des cours d'art martial, participer à des activités de groupe, lui laisser la place pour s'affirmer et décider, etc.

Bonne récolte!

Merci aux parents-jardiniers : Mirjana Ramesa, Nathalie LeBrun, La source en soi et Christelle Liebesens d'avoir partagé leurs précieux conseils sur notre page facebook.

Et vous? Avez-vous d'autres trucs pour aider un enfant victime de moqueries?

Pour plus d'informations, de conseils et d'outils, visitez savezvousplanterdeschoux.com

La série sur la Santé mentale des enfants (Young Minds Matter) est une nouvelle initiative du Huffington Post destinée à ouvrir un débat sur la santé mentale et émotionnelle des enfants, de sorte que les plus jeunes se sentent aimés, appréciés et compris.

À cette occasion, son Altesse Royale la duchesse de Cambridge est rédactrice en chef invitée. Nous allons discuter des problèmes, des causes et surtout des solutions face à la stigmatisation entourant la santé mentale chez les enfants.

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