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Le stress chez les adolescents: méfiez-vous de votre cerveau!

06/10/2016 10:08 EDT | Actualisé 06/10/2016 10:08 EDT

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L'adolescence est une période de la vie où l'on observe plusieurs changements psychosociaux et physiologiques. Parmi ces changements, on note des transformations au niveau de certaines régions du cerveau qui affecte votre façon de réagir au stress. Avez-vous déjà remarqué que devant une situation stressante vous allez soit figer comme un chevreuil devant les phares d'une voiture ou vous enfuir en prenant vos jambes à votre cou? Ce type de réaction devant un stress est associé au relâchement rapide d'hormones appelées épinéphrine et norépinéphrine dans la circulation sanguine.

Il y a aussi un deuxième mécanisme hormonal impliqué dans votre réponse face au stress, qui dure plus longtemps que le précédent et qui a beaucoup d'impact sur votre cerveau. Celui-ci implique la communication entre trois régions de votre cerveau soient: l'hypothalamus, la glande pituitaire et les glandes surrénales. C'est l'interaction entre ces trois régions cérébrales qui entraîne la sécrétion du cortisol dans votre corps, le cortisol étant aussi appelé hormone de stress. C'est en grande partie grâce au cortisol que l'on arrive à s'adapter physiologiquement et de façon comportementale aux différents stress de la vie courante. Pour se faire, une fois sécrété, il nous donne accès à des réserves d'énergie supplémentaires et il fait en sorte d'améliorer la réponse de notre système immunitaire, c'est-à-dire, tous ces petits soldats qui sont là pour nous défendre contre des stress un peu différents, soient les virus ou les bactéries. Le cortisol favorise aussi nos apprentissages et notre mémoire s'il n'est pas sécrété de façon excessive.

En effet, dans le cerveau d'un adulte, on sait que l'exposition chronique au stress a des conséquences sur la structure même de certaines de ses régions. Par exemple, l'hippocampe qui est une région importante dans la mémoire à long terme, ainsi que les lobes préfrontaux qui sont impliqués dans différentes fonctions comme la capacité d'inhibition ou l'attention, sont plus petits et moins complexes au niveau structurel comparés à ceux d'adultes qui n'ont pas vécu de stress chronique. Et curieusement, des fonctions comme apprendre à se repérer dans un nouvel endroit (fonction liée à l'hippocampe), comme une nouvelle ville, ou encore la capacité de partager notre attention entre deux tâches (fonction liée aux lobes préfrontaux), comme prendre des notes et écouter, est moins bonne chez les adultes soumis au stress chronique.

On peut penser que le stress chronique pourrait nuire, entre autres, à votre capacité de faire des apprentissages.

On ne sait pas encore si ce qu'on observe chez les adultes se produit aussi chez vous, les adolescents. Toutefois, on sait que lorsque vous êtes exposés à un stress chronique, votre neuroplasticité diminue au niveau de l'hippocampe et des lobes préfrontaux. Bien que la majorité de ces études soient réalisées chez les rongeurs, les chercheurs croient que des résultats semblables seraient observés chez les humains. Aussi, comme la neuroplasticité est importante dans tous nos apprentissages, on peut penser que le stress chronique pourrait nuire, entre autres, à votre capacité de faire des apprentissages. Pas très utile quand on est en plein milieu de nos études secondaires ou collégiales!

Et les émotions dans tout ça? Et bien vous savez que certains d'entre vous seront un peu plus émotifs durant l'adolescence qu'il ne l'était avant alors qu'ils étaient au primaire. Et bien il semble que le stress chronique ne soit pas étrangé à cela. En effet, certaines études ont montré que les stress chroniques nuisaient à votre capacité à gérer vos émotions.

Jusqu'à maintenant, les études ont aussi montré que même un mois après la fin de l'exposition au stress, les changements notés au niveau des régions du cerveau qui avaient été affectées par le stress, sont toujours présents dans votre cerveau alors qu'ils ne le sont plus dans le cerveau des adultes. Conclusion? Éviter d'être stressé de façon continue!

Facile à dire, mais pas nécessairement facile à faire direz-vous peut-être. Alors comment fait-on pour s'aider? Pour éviter d'être stressé de façon chronique, c'est important d'avoir une bonne hygiène de vie. Il n'y a rien comme le sport et l'activité physique pour libérer notre corps et notre esprit du stress. Donc, à mettre à votre agenda de façon régulière. Le sommeil est également bienfaisant. Il permet à votre corps, y compris votre cerveau de se réparer, de se régénérer. Ça vous permet également de consolider vos apprentissages de la journée précédente. Autrement dit de vous rappeler plus facilement de ce que vous avez appris la veille. Huit à dix heures de sommeil par nuit, c'est ce que vous devez viser.

Mais avant toute chose, il faut que vous évitiez le plus possible de vous mettre dans des conditions de stress continu. Et une des meilleures façons de le faire, c'est de planifier le mieux possible votre étude et vos travaux. Je le sais, ç'a l'air plate comme activité, mais croyez-moi, c'est très libérateur! Y'a rien comme un plan pour se libérer l'esprit et faire tomber le stress d'un cran. Vous avez des difficultés à planifier, ce n'est pas votre fort? Demander de l'aide au niveau du personnel de votre école ou de votre Cégep.

Finalement rappelez-vous que vous ne pouvez pas expérimenter une émotion positive en même temps qu'une émotion négative. Alors, assurez-vous de faire des activités et d'être avec des personnes qui vous font vivre des émotions positives régulièrement. Amusez-vous! Mais soyez sages.

Vous êtes en situation de crise? Ou vous connaissez quelqu'un qui a besoin d'aide? Plusieurs centres d'écoute sont à votre disposition au Québec, 24h/24, 7 jours sur 7. Vous pouvez aussi joindre Jeunesse, J'écoute au 1-800-668-6868.

Tête à têtes est une nouvelle série de blogues lancée conjointement par le Huffington Post Québec et le Huffington Post Canada. Inspirée par le projet Maddie, cette série met l'accent sur les adolescents et la santé mentale. Elle a pour but de sensibiliser et de susciter des conversations en s'adressant directement aux adolescents qui traversent un moment difficile ainsi qu'à leurs familles, aux enseignants et aux dirigeants communautaires. Nous voulons nous assurer que les adolescents qui sont aux prises avec une maladie mentale reçoivent l'aide, le soutien et la compassion dont ils ont besoin. Si vous souhaitez contribuer à cette série, envoyez-nous un courriel à cette adresse : nouvelles@huffingtonpost.com.

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