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Où sont les jeunes?

20/09/2016 10:19 EDT | Actualisé 20/09/2016 10:19 EDT

tete a tetes

Le 8 septembre dernier, en marge de la Journée mondiale de prévention du suicide, Jeunesse, J'écoute publiait La parole aux jeunes 2016, un rapport annuel portant sur les préoccupations des jeunes, qui révélait qu'un adolescent sur cinq au pays a sérieusement pensé au suicide au cours des 12 derniers mois.

Un adolescent sur cinq. Voilà des chiffres pour le moins alarmants qui nous confrontent une fois de plus à une réalité complexe et troublante, qu'on soit un parent, un grand-parent, un enseignant ou toute autre personne ayant à cœur le bien-être des jeunes.

Cependant, malgré la fréquence mise en lumière par le rapport de Jeunesse, J'écoute, un constat s'impose : des pensées suicidaires ne conduisent pas systématiquement à un passage à l'acte. Et c'est là qu'en tant que société nous avons un rôle primordial à jouer.

Nous devons être en mesure d'agir et de faire de la prévention de façon efficace avant même que les pensées deviennent des plans et que les plans deviennent des tentatives de suicide.

Pour cela, il nous faut écouter et comprendre nos jeunes. Dans leur langage à eux.

Ce que nous savons, c'est que de nos jours, les jeunes ne font presque plus de distinction entre le monde numérique, virtuel et le monde physique, « réel ». Pour eux, les deux sont interconnectés et se complètent. Les jeunes partagent leurs expériences personnelles avec leurs amis, avec leur entourage, aussi bien en ligne qu'en personne.

Il y a un travail à faire afin de rejoindre les jeunes là où ils sont, dans l'espace virtuel et d'être en mesure de leur offrir l'aide et le soutien dont ils ont besoin

On note parallèlement une certaine tendance chez les jeunes à se tourner vers le Web lorsqu'ils veulent s'informer, discuter ou même s'ouvrir sur des sujets plus sérieux. Pas moins de 55 % des jeunes ayant répondu au sondage de Jeunesse, J'écoute et qui avaient pensé au suicide avaient aussi fait des recherches sur le Web ou les réseaux sociaux sur la question. Et, près de la moitié de ces jeunes n'avaient parlé de leur problème à personne. Ni en ligne ni en face à face.

Les statistiques provenant du service de Jeunesse, J'écoute vont dans le même sens. Seulement 6,8 % de nos appels sont liés au suicide contre 12 % pour le clavardage. Nos pages web les plus consultées sont celles portant sur des sujets comme le suicide, les agressions, la sexualité et la santé sexuelle.

Cela nous montre qu'il y a un travail à faire afin de rejoindre les jeunes là où ils sont, dans l'espace virtuel et d'être en mesure de leur offrir l'aide et le soutien dont ils ont besoin même lorsqu'ils ne sont pas prêts à demander de l'aide en personne.

En tant qu'organisme, Jeunesse, J'écoute y travaille continuellement. Aujourd'hui, en plus du téléphone et du clavardage, nous offrons aussi Ressources autour de moi (qui donne aux jeunes accès à plus de 10 000 ressources en ligne) ainsi qu'une foule d'autres outils de qualité.

Nous croyons aussi qu'en étant informés et outillés, nous pouvons tous faire notre part pour rester à l'écoute des jeunes. Cela signifie par exemple que les amis sauront réagir rapidement lorsqu'ils détectent un commentaire sur Facebook exprimant une grande détresse, que les parents pourront mieux comprendre les signes et les besoins de leurs jeunes, et que tous les jeunes qui en ont besoin sauront qu'ils peuvent se tourner vers un organisme comme Jeunesse, J'écoute dans leurs moments difficiles.

C'est en unissant nos efforts que nous pourrons y arriver !

Vous êtes en situation de crise? Ou vous connaissez quelqu'un qui a besoin d'aide? Plusieurs centres d'écoute sont à votre disposition au Québec, 24h/24, 7 jours sur 7. Vous pouvez aussi joindre Jeunesse, J'écoute au 1-800-668-6868.

Tête à têtes est une nouvelle série de blogues lancée conjointement par le Huffington Post Québec et le Huffington Post Canada. Inspirée par le projet Maddie, cette série met l'accent sur les adolescents et la santé mentale. Elle a pour but de sensibiliser et de susciter des conversations en s'adressant directement aux adolescents qui traversent un moment difficile ainsi qu'à leurs familles, aux enseignants et aux dirigeants communautaires. Nous voulons nous assurer que les adolescents qui sont aux prises avec une maladie mentale reçoivent l'aide, le soutien et la compassion dont ils ont besoin. Si vous souhaitez contribuer à cette série, envoyez-nous un courriel à cette adresse : nouvelles@huffingtonpost.com.

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