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8 mars, journée de la femme (pas juste de la féministe)

08/03/2016 03:05 EST | Actualisé 09/03/2017 05:12 EST

Les discussions houleuses n'ont pas manqué ces derniers temps. Pensons à la déclaration de Lise Thériault. Sur le fond, tout le monde est d'accord: hommes et femmes doivent être face à des chances égales. Mais comme le diable est dans les détails...

Ministre de la condition «féministe»?

Le mouvement féministe se réclame d'un collectivisme qui ne plaît pas à toutes. Qu'une chose soit claire, je me sens beaucoup plus proche de Lise Thériault que des différents groupes féministes.

Si j'ai assez peu en commun avec madame Thériault sur le plan politique, j'admire son parcours professionnel. Partie de rien, elle est devenue une femme d'affaires aguerrie avant de se faire élire en 2002 et de diriger avec succès différents ministères. Cette femme qui devrait être proposée par les féministes comme un modèle de réussite au féminin est plutôt décriée pour avoir «osé» affirmer qu'elle se considérait «plus égalitaire que féministe».

Wow! Oser revenir à l'origine du mouvement qui nous a permis de grandes avancées, plutôt que d'adhérer à ce mouvement auquel de moins en moins de femmes se reconnaissent... Des plans pour que les femmes «ordinaires» se reconnaissent dans leur ministre de la condition féminine!

Maintenant qu'on est égales en droit, chacune peut prendre son sort en mains.

Je fais un métier traditionnellement réservé aux hommes où je gagne un bon salaire et où je suis respectée par mes collègues. Et je crois que le sexisme résiduel au Québec et au Canada est le fait de quelques tarés à qui il vaut mieux ne pas consacrer trop d'énergie.

Quotas vs liberté

D'ailleurs, des recherches récentes tendent à démontrer que le sort des femmes s'améliore non pas en fonction des mesures de discrimination positive, mais en fonction de la liberté économique. C'est-à-dire que plus un pays offre de liberté économique, plus la femme est instruite et gagne un bon salaire.

Légiférer l'égalité ou apprendre individuellement à s'affirmer?

Un article de Vincent Geloso nous apprend que les femmes en couple homosexuel ont un revenu significativement plus élevé que les femmes en couple hétérosexuel. La piste suivie est celle du partage équitable des tâches domestiques. Plus le partage des tâches est équitable à l'intérieur d'un couple et plus le salaire de la femme augmenterait. Doit-on légiférer sur les tâches ménagères (ne répondez pas par l'affirmative, je vous en prie!!!) ou doit-on plutôt apprendre individuellement à nous affirmer?

Féminisme halal?

Par contre, si on continue d'accepter massivement l'immigration de pays qui mutilent et lapident les femmes qui osent aller à l'école, réfléchir par elles-mêmes et parler, ce n'est qu'une question de temps avant que le droit des femmes recule. Quelles sont les féministes qui en appellent à diminuer l'immigration massive de pays où les femmes sont moins importantes que les chiens?

Bruits de criquet...

Mais quel est donc ce silence, mesdames?

***

Le droit d'avorter, mais pas le droit de porter?

Une autre sortie m'a fait bondir cette semaine. Denise Bombardier est pourtant une femme pour qui j'ai une grande admiration. Mais quand elle s'insurge contre le droit d'une femme de louer son corps, je suis propulsée sur une autre planète.

L'utérus ostentatoire

Aux yeux de madame Bombardier, une femme qui accepte de porter un bébé au profit d'autres personnes est soit d'une «inconscience sidérale», ou soit exploitée à cause de sa pauvreté. Le principe de liberté individuelle a-t-il traversé son esprit? Les femmes sont-elles toutes incapables de décider de ce qu'elles font de leurs corps? Soit une pauvre victime, soit une traîtresse à la cause féministe? Quel affront que d'oser exploiter son corps pour s'enrichir! Et si c'était vous, madame, qui étiez dans le déni quant à la diversité au féminin?

La femme comme individu libre, une ennemie du féminisme collectif?

Marie-France Bazzo est aussi de celles qui se sont positionnées en dehors du féminisme traditionnel. Elle nous raconte comment ses talons hauts et ses courbes fièrement affichées avaient porté ombrage, selon madame P., à la cause féministe.

«Un jour, sur un plateau de télé, une célébrité féministe autoproclamée de la première heure, appelons-la madame P, m'apostrophe: "Vous, vos jupes courtes et votre décolleté, c'est pas sérieux!!!" Wô, madame papesse, je ne suis pas assez sérieuse pour votre mouvement? Je marcherai donc seule. Avec mes talons, loin des pancartes et des hashtags revendicatifs. Mais un talon, ça se coince bien dans une porte...»

Libération de la femme

Je suis de celles qui remercient les pionnières qui m'ont ouvert la voie. Mais je me réclamerai du féminisme le jour où le féminisme se réclamera de la diversité et de la liberté au féminin.

En attendant, le 8 mars, je fêterai la journée de la femme. Et non pas la journée des féministes. Et puis... Lâchez pas madame la ministre!

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