LES BLOGUES

Réussir la transition énergétique

28/02/2016 11:28 EST | Actualisé 28/02/2017 05:12 EST

L'adoption de l'accord de Paris fait espérer l'entrée de la communauté internationale dans une nouvelle ère. Évidemment, l'énergie demeurera un secteur d'activité névralgique en ce qui concerne le développement économique.

Toutefois, afin d'assurer la sauvegarde de notre planète, les différentes nations du monde s'engagent désormais à ce que le développement énergétique se fasse dans une perspective de développement durable.

La transition énergétique qui s'amorce devrait culminer en 2100 par l'avènement d'une économie verte où la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère n'augmente plus continuellement.

Si chacun joue son rôle, l'humanité réussira l'un de ses principaux défis du XXIe siècle : éviter un emballement du réchauffement climatique. Quoi entreprendre au Québec, suite à cet accord ? Faisons un tour de piste.

Changer graduellement notre mode de vie

D'abord, il faudra s'habituer à ce que nos habitudes reliées à l'énergie changent. Il en va de même pour nos entreprises. Sur le plan de la consommation, les efforts d'efficacité énergétique ne serviront à rien si nos comportements d'utilisateurs ne changent pas.

De plus, les Québécois ayant tendance à être désintéressés par rapport à la science et la technologie, il faudra trouver un moyen de cultiver chez eux un intérêt - à tout le moins une ouverture - envers les changements qui leur seront proposés et auxquels ils seront invités à participer et s'engager.

En effet, ce ne sont pas uniquement les technologies qui devront changer, mais également la manière de les implanter dans la société.

Par exemple, l'intégration du savoir des populations locales où les projets sont implantés est une méthode garantissant un développement durable au même titre que l'efficacité économique, l'équité et la protection de l'environnement.

Assurer une vigilance fiscale

Ensuite, la transition énergétique, si elle est prise au sérieux, coûtera nécessairement quelque chose aux Québécois. L'application, sous forme d'écotaxes, du principe de pollueur payeur ainsi que l'internalisation des coûts fera augmenter le fardeau fiscal des contribuables.

Il est difficile de critiquer une mesure fiscale ayant l'un des motifs les plus nobles qui soient: la protection de l'environnement.

Toutefois, cela ne doit pas nous empêcher de porter un jugement critique, au-delà du coût d'une telle mesure, par rapport à la prise en compte du principe d'équité sociale. C'est d'ailleurs sur cet aspect que des députés de la Coalition avenir Québec critiquaient récemment l'introduction, pour 66 municipalités du 450, d'une nouvelle taxe devant financer le transport en commun. La CAQ juge la taxe en question inéquitable pour les banlieusards puisqu'ils profitent moins du transport collectif que les citadins.

Également, la vigilance fiscale sera également de mise en ce qui concerne l'utilisation des fonds recueillis. En effet, les Québécois seront davantage enclins à payer des taxes vertes s'ils savent que l'argent recueilli est adéquatement administré.

Il faut dire que le gouvernement a de la difficulté, jusqu'à présent, sur ce plan. Les récentes découvertes concernant l'utilisation du Fonds vert (subventions à Air Canada, aux érablières, aux pétrolières, etc.) démontrent de manière assez éloquente qu'il y a un manque de rigueur dans la gestion de certaines sommes recueillies. La situation devra être corrigée.

Miser sur l'entrepreneuriat

L'entrepreneuriat aura également un rôle majeur à jouer dans le développement et la commercialisation d'innovations technologiques reliées au secteur de l'énergie.

L'avènement du transport électrique, le développement des technologies de stockage énergétique ainsi que la production locale d'électricité renouvelable à moindre coût sont quelques exemples d'innovations qui modifieront graduellement le paysage énergétique québécois.

Le Québec possède une expertise dans le domaine électrique qui pourrait lui permettre de tirer son épingle du jeu dans l'ensemble de ces domaines. Conséquemment, il sera important d'aménager un environnement d'affaires davantage intéressant pour l'entrepreneuriat, notamment dans les secteurs de l'environnement, des ressources naturelles et des énergies renouvelables.

Nous devrons nous intéresser à des chantiers comme la formation, le financement, la réglementation, l'innovation, la commercialisation et l'internationalisation.

Réussir

Finalement, nous avons les moyens de réussir. Les Québécoises et Québécois sont remplis de talent et d'audace, à l'image de leurs ancêtres explorateurs.

Profitons de la transition énergétique qui s'amorce pour développer nos compétences et faire croître notre économie de manière durable.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Des sites naturels et culturels célèbres menacés par le réchauffement climatique

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter