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CHSLD: des commentaires à méditer pour le ministre Réjean Hébert

26/02/2014 12:54 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Monsieur le ministre,

Après la publication de mon texte, Ma vie de patient dans un CHSLD, publié par le Huffington Post Québec, j'ai reçu, sur mon blogue, plus de 200 commentaires de la part d'intervenants, de patients et de certains observateurs. Vous pouvez en lire quelques-uns plus bas. Ils sont publiés tels quels, sans aucune modification de ma part (seules les erreurs d'orthographe ont été corrigées pour faciliter la lecture, NDLR). Il me fera plaisir de vous transmettre la totalité des commentaires si vous le désirez.

«Merci M. Jean Bottari. J'aime bien les commentaires des gens, mais Dieu que c'est épeurant quand je pense que peut-être je vais aller dans un de ces centres. J'espère avoir la chance de ne pas me rendre là. J'ai 70 ans et je vis avec mon épouse que j'aime dans notre petite maison. On va essayer de rester le plus longtemps possible avec la santé, si possible. Aussi je veux féliciter tous les PAB (préposés aux bénéficiaires, NDLR) qui ont un coeur d'or. Je vous ai vu à l'oeuvre quand ma mère était dans un centre parmi tous les PAB. On peut facilement reconnaître les PAB au coeur d'or. Vous êtes des anges pour ces personnes (n'oublions pas qu'un jour, ce sera notre tour, et qui donne de l'amour un jour recevra de l'amour et que dans un détour, un de ces anges vous accueillera et vous aimera aussi a votre tour ). Merci encore aux PAB et aussi aux bénévoles. On ne les voit pas trop, discrètes comme elles sont, mais elles sont là à aider. Vous aussi vous êtes des anges.»

«Je suis travailleuse sociale pour un CLSC, volet Soutien à domicile. J'avoue que le «changement de milieu de vie» du domicile au CHSLD ne se fait pas avec bonheur, autant pour la personne concernée que pour l'intervenante et la famille qui souvent, doit baisser les bras, car la conciliation travail-enfants-aidant naturel devient trop lourde. Il y a deux parts de responsabilité dans cette étape de la vie... celle des familles et celle du gouvernement. Trop d'enfants des personnes âgées ou en perte d'autonomie se fient au «système» pour s'occuper de leurs proches et souvent, passent beaucoup plus d'heures sur l'internet qu'au CHSLD.


Pour sa part, le gouvernement préfère payer pour l'hébergement au lieu de payer les familles. Si on octroyait un petit mille dollars par mois aux aidants pour rester à la maison et s'occuper de leur proche, plusieurs pourraient cesser de travailler et même se payer du répit... et puis l'État ferait de grandes économies. Mais ce n'est pas le cas! Les aidants de mes clients n'ont pratiquement pas un sou pour maintenir un niveau de vie acceptable. Donc ils travaillent le jour, la nuit, la semaine, les weekends jusqu'au burnout ou jusqu'à en perdre parfois patience avec leur proche en perte d'autonomie. Il y a des solutions, mais un flagrant manque de volonté des dirigeants! Et si on parlait des mois et des mois d'attente pour une admission en CHSLD... c'est aussi une autre question déplorable.»

«C'est super triste. Ma mère fait ça un soir par semaine et elle me raconte des choses vraiment dégueulasses. Ses petits vieux, comme on dit, s'ennuient tellement d'elle et croient qu'elle travaille une fois par mois, alors que c'est une fois par semaine. Ils sont tellement contents quand elle est là. Il y en a qui leur donnent des bonbons ou des petits cadeaux des fois. Je lève mon chapeau aux gens qui font ça. Ma mère me dit toujours: «Je fais ça comme si je le faisais pour moi. Peut-être qu'un jour je vais arriver là, et j'aimerais ça avoir quelqu'un qui va prendre soin de moi comme je le fais...» En tout cas, quel drôle de monde dans lequel on vit!!!!»

«Bonjour. Je suis une jeune préposée. Je tiens à dire que vous m'avez touché avec votre témoignage. Je travaille dans le milieu depuis 10 ans. Donner le sourire à une personne malade, c'est valorisant pour soi et pour le patient... Je prends soin de chacun d'eux comme j'aimerais être soignée. Je trouve malheureux que nos aînés soient laissés à eux-mêmes, car, disons-le, plusieurs restent seuls durant leur séjour... Je me dévoue coeur et âme à chaque jour de travail pour que chacun des patients soit bien et confortable... Dans ce milieu, le PATIENT a la priorité.»

«Ouff, ça dit les vraies affaires. On n'aime pas sortir de notre zone de confort, mais moi, quand je vous lis M. Bottari, ça me vire à l'envers. On veut tous avoir notre petit paradis. On travaille fort pour ça (on perd sa vie à vouloir la gagner) et voilà où ça mène les gens qui ont bâti nos chemins, construit nos écoles, qui ont payé pour tous les services que nous avons aujourd'hui.... Les prisonniers sont mieux traités, ça n'a tout simplement aucun bon sens. J'ai 36 ans et je suis chanceuse. J'ai mes parents qui habitent tout près de chez moi. J'ai aussi la chance d'avoir mes grand-parents qui habitent dans un appartement ensemble. Mais je ne les visite pas autant que je le souhaiterais. Je n'ai pas eu de famille qui a été placée dans des CHSLD. Mais comment pouvons-nous agir?


M. Jean Bottari, vous devriez faire une pétition pour que les personnes âgées soient aussi bien traitées que des prisonniers. Je suis certaine qu'avec les réseaux sociaux, il y aurait beaucoup de signataires. Nous allons tous passer par la vieillesse un jour alors pourquoi ne pas tenter d'améliorer le sort de nos aînés, de l'amour du temps? Parce qu'être un bénéficiaire, je penserais bien à ce que je pourrais faire pour me retrouver en prison au lieu du CHSLD. Non? Merci de nous faire réfléchir. Je constate que ça marche!»

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