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Nos gouvernements, de mauvais employeurs?

27/02/2017 10:01 EST | Actualisé 27/02/2017 10:27 EST

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait acquis un système de paye, qui dès son implantation a généré un nombre incalculable de problèmes. Des milliers de fonctionnaires fédéraux se plaignaient d'erreurs au moment de la réception de leur paye. Et pas seulement de petites erreurs: plusieurs ne recevaient aucun salaire depuis des semaines.

Les Libéraux en arrivant au pouvoir étaient conscients de cette situation et avaient promis de régler les problèmes. Cependant, tel ne fut pas le cas. De nombreux fonctionnaires se retrouvaient dans des situations financières préoccupantes et même précaires à cause du non-versement de leur salaire depuis des mois. Le gouvernement libéral avait alors mis sur pied un service téléphonique pour recevoir les plaintes, mais avait décidé de conserver le système acquis par le gouvernement précédent.

Puis, plus d'un an après la prise du pouvoir par les Libéraux de Justin Trudeau, le système de paye Phénix revient dans l'actualité lorsque l'on apprend qu'environ 250 millions de dollars ont été versés par erreur en trop par ce généreux système à des employés et ex-employés de l'État. Il est de mise de se demander comment ces excédents seront récupérés sans savoir si tous les récipiendaires de ces sommes inespérés se sont tous déclarés.

Espérons que l'émission des feuillets d'impôts sera l'occasion de vérifier les anomalies du système pour pouvoir réclamer la totalité des surplus versés par Phénix. Espérons aussi que le gouvernement viendra à bout des problèmes informatiques du système Phénix qui comme son nom le symbolise, s'avère un oiseau de malheurs immortels.

Y a-t-il un lien entre ces largesses du système de paye et la demande formulée à ce moment-ci par les prisonniers pour que leurs salaires soient augmentés? Ont-ils vu là une belle occasion de profiter des largesses d'un système trop généreux?

Le gouvernement fédéral n'est pas le seul à avoir des démêlés concernant les salaires de ses employés.

Le gouvernement fédéral n'est pas le seul à avoir des démêlés concernant les salaires de ses employés. Le gouvernement du Québec fait face à un différend avec ses juristes depuis plusieurs semaines et Philippe Couillard a désigné Pierre Moreau dès son retour à la politique après un long congé de maladie pour régler le problème.

Or, Pierre Moreau qui avait déjà mis le feu aux poudres lors de négociations avec les employés municipaux n'a pas perdu de temps pour jouer au matamore en présentant une offre de règlement aux juristes de l'État qui avaient pourtant très clairement expliqué leurs attentes. Il dit que l'offre déposée est similaire à celle des procureurs de la couronne, comme le souhaitaient les Juristes. Cependant, ceux-ci prétendent qu'il ment.

Nous assistons donc à un combat de coqs entre gens de loi. Ce n'est pas très rassurant puisque notre système judiciaire est déjà embourbé et trop lent. Ce qui n'a pas empêché les juristes de prolonger leur grève qui dure depuis 17 semaines. Il semble qu'il faut s'attendre à ce que le système soit encore plus lent puisqu'il y aura du rattrapage à faire après le retour au travail des juristes à une date encore indéterminée.

Le ministre des Finances Carlos Leitao serait aussi une victime de ce débrayage prolongé parce que la rédaction de son prochain budget serait ralentie par l'absence des juristes habituellement impliqués à la formulation de la portion légale des mesures fiscales de ce document.

Sachant cela, qui voudrait travailler pour l'État? Et cela n'est pas beaucoup plus reluisant pour les ambulanciers sur le point de déclencher la grève ou pour les infirmières fréquemment obligées de prolonger leur horaire de travail en heures supplémentaires pour pallier l'absence de collègues. Qui s'imaginera encore que le gouvernement est un employeur idéal offrant des conditions de travail idéales?

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