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Réaliser l'ampleur de la tâche

15/08/2016 10:31 EDT | Actualisé 16/08/2016 10:49 EDT

La réalité m'a rappelé à l'ordre la semaine dernière lorsque j'ai assisté au Forum social mondial (FSM). Cet événement a le mérite de nous faire comprendre encore mieux comment l'on joue «all in» avec le sort de l'humanité. Parce que nos manières d'agir s'alignent trop souvent sur des logiques de marchandisation, d'efficacité, d'exploitation, de croissance et de profit, nous risquons d'être incapables de faire face aux crises sociales, politiques et environnementales actuelles ou à venir.

La distribution inégale des richesses rend précaire la santé de millions de familles dans le monde. L'exploitation irresponsable des ressources de notre planète déstabilise et épuise nos écosystèmes, ce qui mène à l'extinction d'espèces vivantes. Le capitalisme sauvage s'attaque au bien commun et détourne nos efforts de démocratisation en concentrant le pouvoir entre les mains de quelques-uns. Des milliers de travailleurs sont sacrifiés et ont de la difficulté à combler les besoins de base de leur famille en vendant leur force de travail au nom de la rentabilité et du profit. Des gens sont tués parce qu'ils ont voulu protéger leurs communautés, leurs droits, leurs libertés, leurs milieux de vie et leurs familles. Nous vivons dans un système qui avale tout, qui détruit tout en créant l'illusion que nous fabriquons du bien en fabriquant toujours plus de biens.

De surcroît, toutes ces problématiques ainsi que les luttes de pouvoirs qui s'y rattachent augmentent les tensions et les risques de guerres entre des acteurs internationaux qui orientent leurs actions pour accroître leurs pouvoirs et celui de leurs alliés, plutôt que pour la paix et la sécurité. Pendant ce temps, nos médias de masse préfèrent miser sur le sensationnalisme et les faits divers, ne traitant des questions importantes qu'en surface et d'une façon biaisée.

Au fil des rencontres et des discussions, nous réalisons qu'il existe des actions exceptionnelles, des initiatives fantastiques et qu'un autre monde est possible.

Devant l'ampleur de ces problèmes, nous pouvons nous sentir envahis par des sentiments contradictoires et entremêlés de frustration, d'impuissance et d'une urgence d'agir. Devant la complexité et la quantité des défis à relever, par quel endroit commencer? De quelle façon s'y prendre? Sur quelle base? La seule vérité que nous avons est qu'il faut agir rapidement. Tout ceci a quelque chose d'angoissant. De quoi donner le vertige à un funambule.

Par contre, au fil des rencontres et des discussions, nous réalisons qu'il existe des actions exceptionnelles, des initiatives fantastiques et qu'un autre monde est possible. Nous relativisons un peu notre vision catastrophiste en partageant avec les gens présents au FSM différentes pistes de solutions. On oublie trop souvent que le savoir-faire humain, c'est plus que la création de machines engendrant des gains de productivité. C'est plus que le développement d'un truc à la mode qui peut générer des centaines de millions de dollars de profits. Notre existence, c'est plus qu'une doctrine économique. Nous avons le potentiel de changer le monde pour quelque chose de mieux et certaines idées avancées au FSM en sont un exemple.

Une fois la prise de conscience faite, nous devons repenser nos façons de vivre et faire en sorte que l'humain cesse de générer des inégalités tout en surexploitant les ressources de la planète. Pour y arriver, il faut cependant envisager de briser les murs qui nous séparent et déboulonner les mythes de notre existence collective.

Comme individus, nous sommes enfermés dans nos luttes individuelles et quotidiennes. Comme groupe d'intérêts, nous sommes trop orientés vers nos causes spécifiques, nos idéologies, nos intérêts propres. Il nous faut dépasser ce qui nous oppose, améliorer nos réseaux de collaboration et de solidarité. C'est exactement ce que des rencontres comme le FSM peuvent permettre. À un moment où tout risque de basculer, ou tout risque de nous échapper, il devient de plus en plus pressant de se débarrasser l'hégémonie économique dans laquelle on vit.

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