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Montrer du caractère pour contrer l'obscénité

14/05/2015 11:24 EDT | Actualisé 14/05/2016 05:12 EDT

La journaliste de City-TV Shauna Hunt a bien fait de sortir de son rôle de journaliste, dimanche dernier, pour confronter des petits comiques qui tenaient des propos grossiers à son égard.

Provenant des États-Unis, se répandant au Canada anglais, la pratique consiste à crier des insanités à caractère sexuel dans le micro d'une journaliste généralement féminine.

Puis, comme si ce n'était pas assez, plusieurs vantent leur «geste héroïque» en partageant la vidéo sur les médias sociaux. Et ces incidents se répandent comme de la vermine sans autre raison que l'effet d'entraînement.

Dans le cas qui nous intéresse, un membre d'un groupuscule a prononcé les mots «F*** her right in the p****» alors que la jolie reporter recueillait des commentaires de partisans à la suite d'une défaite de l'équipe de soccer Toronto FC.

Pas besoin d'être bilingue pour comprendre que c'est du harcèlement sexuel et que c'est dégradant.

Lâcheté

Certains diront que c'est drôle, d'autres se conteront de souligner que c'est vulgaire ou inacceptable, mais à mon avis, ces propos sont grossiers, discriminatoires, machistes et surtout d'une grande lâcheté.

Puisqu'elle était en direct, la journaliste n'avait pas vraiment le choix de continuer son topo comme si de rien n'était.

En tout cas, c'est ce qui est fait en général.

Résolument tannée de se faire crier ce genre de bêtises de mauvais goût plusieurs fois par jour, elle a décidé de confronter les plaisantins.

Demeurant quand même polie, elle leur a demandé ce qu'il y avait de drôle et a souligné que ces commentaires étaient grossiers.

Même pas gêné par les actions de ses comparses, un des hommes a répliqué que c'était «hilarant», que «tout le monde le faisait» et que «sa mère trouverait ça drôle».

Cette vidéo a fait le tour du web.

L'arroseur arrosé

Cet ingénieur d'Hydro One, Shawn Simoes, a été congédié par la société d'État ontarienne pour avoir cautionné cette pratique grossière.

Certains trouvent cette sanction exagérée. Je ne m'attarderai pas sur cette décision qui relève de la régie interne et des normes du travail de l'Ontario.

Du courage

Je tiens plutôt à souligner l'attitude exemplaire de Mme Hunt.

Elle aurait pu poursuivre son reportage et se plaindre à ses collègues et à ses proches de cette tendance, comme tout le monde fait à propos de son travail.

Elle aurait aussi pu déposer une plainte auprès de l'équipe de la MLS ou de la ligue.

Elle aurait également pu s'énerver et péter sa coche, mais elle a su garder son sang-froid (et son emploi par le fait même).

Elle a plutôt choisi de briser ce cycle infernal et s'est servie de la force des ondes pour que cette blague se retourne contre les agresseurs verbaux.

Ainsi, la prochaine fois, des individus de ce niveau intellectuel y penseront à deux fois avant de tenir des propos dignes de l'homme des cavernes.

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