DIVERTISSEMENT

Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin s’ouvrent sur les scandales de l’automne

Et Guy A. Lepage est revenu sur la controverse entre Martin Matte et Guillaume Wagner...

04/12/2017 05:52 EST | Actualisé 04/12/2017 05:58 EST
Radio-Canada

Lui en tant qu'humoriste ayant nécessairement déjà été en contact avec Gilbert Rozon, elle en tant que l'une des têtes d'affiche principales de la série Mensonges, que réalisait encore récemment Sylvain Archambault, Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin n'ont eu d'autre choix que de prendre la parole à propos des controverses qui ont ébranlé la colonie artistique cet automne, à Tout le monde en parle, dimanche.

Le duo était d'abord de passage à l'émission dominicale pour faire la promotion du film Le trip à trois, dans lequel il personnifie un couple souhaitant donner un second souffle à sa relation en s'adonnant, vous l'aurez deviné, à un «trip à trois». Le long-métrage réalisé par Nicolas Monette sera sur nos grands écrans le mercredi 20 décembre prochain.

Plus tard dans l'entrevue, Guy A.Lepage a d'abord interpellé Mélissa Désormeaux-Poulin sur son rôle de porte-parole de la Fondation Marie-Vincent, un mandat qu'elle endosse depuis 2015. Le regroupement vient en aide aux enfants et aux adolescents victimes de violences sexuelles.

«Depuis octobre, il y a eu cinq fois plus d'appels, a signalé l'actrice. Il y a eu deux fois plus de demandes de services, depuis notre explosion. Tant mieux, parce que cet organisme-là, qui vient en aide à ces enfants-là, à ces adolescents-là, ça fait du sens.»

«Ce qui est heureux, c'est que maintenant, on dénonce, a ajouté Mélissa Désormeaux-Poulin. Comme il y a un mouvement de groupe, il y a moins de gêne. C'est ça qu'il faut faire. Il faut que le tabou tombe, de l'agression sexuelle. Il faut que la honte et la culpabilité s'en aillent. Et nous, comme société, qu'on se lève et qu'on fasse : ça, ça ne peut plus arriver. Le fait qu'on soit en groupe, c'est ça, qui change tout.»

Lorsque elle a été questionnée sur son expérience de tournage avec Sylvain Archambault, celle qui incarne aussi la frondeuse Ariane dans Ruptures a paru un brin mal à l'aise.

«Je vais y aller très honnêtement, et personnellement... Moi, j'ai toujours aimé ça, tourner sur Mensonges. Je trouve ça quand même fragile, comme sujet... Bref. Mais, Sylvain, c'est un gars qui parle fort, c'est un gars qui a une façon particulière de diriger. J'ai eu des scènes à faire, hyper délicates, dues à la nature de mon personnage, qui est une actrice porno. C'a toujours été fait dans le respect et dans l'humour.»

«Ça, c'est mon expérience à moi. À partir du moment où quelqu'un lève la main et dit : «Moi, j'ai été victime de ça», on n'a pas le choix de l'écouter, de le croire puis d'agir. Je me situe là, dans mon cheminement par rapport à ça», a complété la comédienne.

Guy A.Lepage a alors précisé qu'après la médiatisation des comportements allégués de Sylvain Archambault et la pause des enregistrements de Mensonges décrétée par la productrice Sophie Deschênes, le tournage avait repris depuis peu, sous la houlette du réalisateur Francis Leclerc.

«Je ne cacherai pas que l'équipe est chamboulée, c'est quand même un gros changement, a reconnu Mélissa Désormeaux-Poulin. Francis, c'est un super bon capitaine d'équipe. Et je pense qu'on va mener à terme ce voyage-là. Ça va être correct.»

Guillaume Wagner

Martin Matte, de son côté, s'est exprimé sur le nouveau Festival du rire de Montréal, que Martin Petit, Réal Béland et plusieurs autres humoristes travaillent à mettre sur pied en vue de l'été prochain, en réponse aux agissements allégués de Gilbert Rozon. Il a détaillé son point de vue en décochant par la bande une flèche à ce qu'est devenu le Festival Juste pour rire avec le temps.

«Je suis allé à une réunion, a raconté l'homme des Beaux malaises. C'est encore très embryonnaire, il n'y avait pas encore de structure, ni organisationnelle, ni artistique. Donc, je regarde ça aller. Mais je trouve ça sain. Il y a plein de gens que j'aime là-dedans, je les appuie moralement. Je trouve qu'il y a plein de bonnes idées, il y a une belle énergie là-dedans.»

«Et je trouve ça triste, a continué Martin Matte. Gilbert est dans le trouble, et par le fait même, Juste pour rire. Je trouve que Juste pour rire est un joyau pour Montréal aussi, et je ne souhaite pas que ça s'éteigne. En espérant que ça va leur servir de tremplin pour s'ajuster, parce que... Moi, Juste pour rire, j'ai animé un gala en 2004. Je ne suis pas près de Juste pour rire, je fais mes affaires. Je me rappelle, quand je l'ai fait à l'époque, c'était quelque chose, faire un gala à Juste pour rire, c'est Yvon (Deschamps) qui animait... Là, je pense qu'il y a peut-être une chance de se ressaisir et de faire des galas qui représentent peut-être plus ce qu'on fait sur scène. C'est là que je me situe. Je souhaite du succès à tout le monde et je donne mon appui à tous ces gens-là. À suivre, parce que c'est très embryonnaire pour le moment.»

Guy A. Lepage est par ailleurs revenu sur l'échange corsé qui avait explosé à peu près à pareille date l'an dernier entre Martin Matte et Guillaume Wagner, lorsque ce dernier avait reproché à Matte d'avoir accepté le contrat de porte-parole des supermarchés Maxi. Wagner était allé jusqu'à remettre en cause l'intégrité de son collègue.

«Je n'ai pas de troubles avec Guillaume Wagner, a avancé Martin Matte. Lui a un problème avec moi et les gens qui font de la pub ; ça lui appartient. Je n'ai jamais dit que je n'en ferais pas. Je suis intègre... Intègre, c'est gros, c'est honnête. L'intégrité, c'est l'honnêteté, c'est moi, avec mes enfants, dans ma vie. Moi, je suis bien avec moi-même, je suis bien avec ces pubs-là, j'ai carte blanche de création. Des pubs, moi, je trouve – je n'ai pas de statistiques là-dessus -, mais j'ai l'impression qu'il y en a trois sur quatre de plates. Si on peut travailler fort pour en faire des drôles et des bonnes, je trouve ça le fun...»

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