POLITIQUE

Sébastien Proulx ordonne la fin du maquillage des résultats scolaires

30/05/2017 03:27 EDT | Actualisé 30/05/2017 06:13 EDT
PC

Le gouvernement Couillard a émis mardi une directive pour mettre fin à la falsification des résultats scolaires.

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, affirme que "les modifications de notes dans le but d'atteindre des cibles de réussite ne sont pas tolérées", tout en affirmant que cette manipulation n'est pas "généralisée". L'opposition qualifie cette directive d'"opération politique" et déplore que le ministre minimise le phénomène.

Cette directive fait suite à de nombreux témoignages et dénonciations de professeurs qui disaient avoir été contraints de maquiller des résultats scolaires pour accorder la note de passage aux élèves en difficulté, cela en vue d'atteindre les cibles de réussite visées par le gouvernement.

Dans le communiqué accompagnant la directive, M. Proulx soutient que "les cibles de réussite visent d'abord et avant tout à donner à tous des objectifs d'amélioration continue et à améliorer de façon globale la diplomation des élèves, mais elles ne constituent pas une motivation pour changer la réalité".

"Il faut y mettre fin"

La directive est nécessaire non pas parce que le maquillage des notes est généralisé, mais parce que des personnes pensent que l'évaluation du savoir au Québec ne tient pas la route et qu'il faut corriger cette perception", a affirmé le ministre en conférence de presse à l'Assemblée nationale, mardi après-midi.

"Il y a des milieux où on me rapporte qu'il y avait de la pression sur des enseignants, a déclaré le ministre. (...) Il faut y mettre fin maintenant."

Il a rappelé que les commissions scolaires sont responsables de l'application de la loi et a laissé entendre qu'elles s'exposent à des sanctions financières si elles ne la font pas respecter dans les écoles.

M. Proulx a précisé qu'il n'avait pas de portrait qualitatif ou quantitatif sur ce phénomène, outre les cas qui ont été rapportés dans les médias.

C'est ce qu'a déploré l'opposition officielle, qui estime que la situation est bien plus grave que ne le pense le ministre.

"Il dépose une directive sans même nous dire quelle est l'ampleur du problème", a regretté en conférence de presse au parlement le porte-parole péquiste en matière d'éducation, Alexandre Cloutier, qui craint que la directive n'ait pas d'effet.

"Quels sont les résultats des évaluations qu'il a faites? Combien de jeunes sont touchés par des manipulations de résultats? Quels sont les impacts sur la réussite scolaire, sur les matières obligatoires pour l'obtention des diplômes?"

Le député de Lac-Saint-Jean a indiqué que la semaine prochaine, une commission parlementaire devra déterminer si elle tiendra ou non des audiences sur cet enjeu, comme le demandent le Parti québécois et la Coalition avenir Québec.

"Le ministre a reculé parce qu'au début, il ne faisait que banaliser le problème", a dit le porte-parole caquiste en matière d'éducation, Jean-François Roberge, en réclamant la tenue de la commission parlementaire pour savoir "comment on en est arrivé là".

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a salué l'émission de la directive pour mettre fin au "nivellement par le bas inacceptable". Toutefois, cela ne suffit pas, selon lui, car le véritable problème est "le financement du réseau".

FSE-CSQ

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) a quant à elle exigé davantage de clarté pour que la directive soit mise en oeuvre. Le ministre ne dit pas comment il va la faire respecter, il n'offre pas de balises ou d'encadrement, a noté la présidente de la FSE, Josée Scalabrini.

"Je me mets à la place d'un jeune enseignant qui porte plainte, alors qu'il a un devoir de loyauté envers l'employeur, a-t-elle évoqué. Va-t-il frapper à la porte de l'employeur?"

Rappelons qu'un sondage de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) avait suggéré que près d'un professeur sur deux avait vu la note qu'il avait attribuée à un élève être ajustée à la hausse sans qu'il ait pour autant donné son consentement.

Il y a trois semaines, le ministère de l'Éducation avait expliqué qu'un résultat est ramené à 60 pour cent pour tenir compte d'une possible "erreur de mesure dans l'ensemble des évaluations qui couvrent la matière" et que la pratique "cherche à éviter de porter préjudice à un élève".

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