DIVERTISSEMENT

À Pointe-à-Callière, venez rencontrer les esprits de l'Amazonie

25/04/2017 12:25 EDT | Actualisé 26/04/2017 02:35 EDT
Aurélien Fontanet/Pointe-à-Callière

Chez les Tukano, un homme ne peut pas épouser une femme qui parle la même langue que lui. Chez les Xingu, la flute est l’instrument qui apaise les démons malfaisants et chez les Kayapo, c’est la forêt qui donne les noms aux enfants. Les autochtones de l’Amazonie ont élu domicile à Pointe-à-Callière à travers une foisonnante exposition révélant les croyances et traditions animistes de plusieurs peuples de la région.

Mais que représente l’Amazonie dans nos esprits? Au-delà des images exotiques, le plus grand fleuve de la planète qui irrigue une forêt aussi vaste qu’un continent (cinq millions de km2) est composé d’une faune et d’une flore unique au monde. Mais l’endroit n’est pas aussi vierge. Des hommes et des femmes s’y sont installés depuis des millénaires composant un grand nombre de tribus dont certaines ont disparu tragiquement avec l’arrivée des premiers colons en Amérique du Sud. Encore aujourd’hui, la déforestation et l’acculturation menacent le mode de vie de milliers de personnes.

En plus de nous téléporter au cœur d’une forêt tropicale avec ambiance sonore et jeux de pénombre et de lumière, l’exposition temporaire rassemble sur deux étages plus de 500 objets issus en grande majorité des collections du Musée d’ethnographie de Genève avec l'ajout de quelques pièces marquantes des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Et l’on découvre que la nature et l’humanité ne font plus qu’un.


Rencontrer les esprits de l’Amazonie à Pointe-à-Callière


Tête humaine réduite

Du bassin amazonien (Brésil, Guyane française, Venezuela, Guyana, Pérou, Colombie, Bolivie, Surinam), le public pourra donc admirer vases, masques cérémonials, parures de plumes aux couleurs flamboyantes, arcs, flèches et autres sarbacanes, illustrant le savoir-faire d’une trentaine d’ethnies.

Une grande section est aussi consacrée aux plantes indigènes dont les propriétés ont permis aux tribus d’extraire matières empoisonnées pour la chasse ou psychotropes hallucinogènes pour les rituels. C’est d’ailleurs du curare, substance de certaines lianes d’Amazonie qu’est née l’anesthésie utilisée aujourd’hui en médecine moderne.

Plusieurs artéfacts rares viennent éclairer le visiteur sur des croyances parfois obscures pour les non-initiés et dont les clés d’interprétation appartiennent au chamane, figure totémique spirituelle et magique. À ce titre, il ne faudra pas manquer de s’arrêter sur la «tsantsa», une tête humaine réduite par les Jivaro afin d’empêcher l’âme du défunt de se venger.

Une autre collection remarquable avec la présentation des masques du peuple Mehinako d’Atuxuá installé dans une reconstitution d’une demeure Xanobo, une grande maison circulaire commune des Yanomami. L’occasion est d’autant plus exceptionnelle que ces masques auraient dû être détruits à la suite d’une cérémonie entre le monde des vivants et celui des esprits.

Exposition Amazonie. le chamane et la pensée de la forêt – Au Musée Pointe-à-Callière – du 20 avril au 22 octobre 2017 – pacmusee.qc.ca

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