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École des recrues des Forces canadiennes: Dylan James Barclay avait demandé de l'aide avant de se suicider

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DYLAN BARCLAY
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OTTAWA - La mère d’un jeune militaire qui s’est suicidé le mois dernier dit que son fils avait demandé de l’aide avant de s’enlever la vie à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes (ELRFC) de Saint-Jean-sur-Richelieu.

« Je veux préserver sa mémoire et je veux que [le public] sache ce qui s’est vraiment passé parce que… quelqu’un a échoué. Je le fais pour lui », a confié Fiona Barker au Huffington Post Québec.

Dylan James Barclay, 23 ans, a été envoyé dans un centre de prévention du suicide, hors de la base militaire, le vendredi, 27 janvier, selon sa mère. Il est resté là-bas pour la nuit et est revenu à l’ELRFC le lendemain. Il a été retrouvé mort moins de 24 heures plus tard, le samedi 28 janvier à 17h37, après s’être lancé en bas du 8e étage de l’édifice Général-Jean-Victor-Allard.

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Le jeune Barclay avait commencé sa formation depuis cinq jours lorsqu’il est mort, selon Christine Hurov, porte-parole pour les Forces armées canadiennes (FAC).

Mme Barker dit que les FAC lui fournissent le soutien nécessaire depuis ces évènements tragiques et comprend qu’une enquête aura lieu bientôt pour déterminer les circonstances entourant la mort de son fils. Mais elle est frustrée de ne pas obtenir plus de détails en attendant.

« Il a demandé de l’aide, ils l’ont emmené [dans un centre de prévention du suicide] vendredi soir et il devait être évalué et ramené [à l’ELRFC] le lendemain matin… mais ils ne me disent rien. Ils ne savent pas s’il a été évalué, ils ne savent pas quand il est revenu. Bien, ils le savent, mais ils ne me le disent pas. »

« Tout ce que je sais, c’est que mon enfant a crié à l’aide et personne ne l’a aidé, alors le public doit savoir. Quelqu’un a échoué. Et pas à peu près », a-t-elle ajouté.

La famille sera tenue informée des derniers développements de la commission d’enquête, aussitôt qu’elle commencera, a ajouté Christine Hurov.

Silence radio

La porte-parole des FAC ne pouvait pas confirmer si Dylan Barclay avait séjourné dans le Centre de prévention du suicide du Haut-Richelieu, qui est tout près de la base militaire. L’École des recrues et le centre ont une entente pour aider les jeunes qui en auraient besoin.

Danielle Chrétien, directrice générale de l’organisme, a elle aussi refusé de dire pourquoi le jeune homme avait quitté après une seule nuit passée chez eux.

« Je ne peux pas commenter. Je ne peux pas commenter ça », a-t-elle répété.

Christine Hurov explique qu’il y a plusieurs moyens d’aider une jeune recrue en détresse – outre le centre de suicide, les FAC auraient pu décider de solliciter la chaîne de commandement, l’aumônier, l’hôpital ou encore la police.

Il s’agit de la deuxième fois en cinq mois qu’une jeune recrue se suicide à l’ELRFC pendant la période d’endoctrinement. Pendant ces cinq premières semaines, les recrues n’ont pas le droit de quitter la base militaire.

En septembre dernier, Michaël Pinel-Duquette, 19 ans, a été retrouvé sans vie dans sa chambre pendant sa deuxième semaine d’entraînement.