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Résolu a violé l'Entente sur la forêt boréale canadienne, accuse Greenpeace (VIDÉO)

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IMPORTANTE MISE À JOUR: Greenpeace Canada s'est rétracté et a retiré ses accusations le 19 mars 2013. Les détails sont ici.

Produit Forestier Résolu a violé l’Entente sur la forêt boréale canadienne, affirme Greenpeace. En conséquence, l’organisme de protection de l’environnement a décidé de se retirer de l'entente jugée historique lors de sa signature en mai 2010.

L’Entente sur la forêt boréale canadienne, qui regroupe 21 grandes entreprises canadiennes de produits forestiers et neuf organismes environnementaux, vise la protection de 76 millions d’hectares de forêt au Canada, dont 8,5 millions au Québec. Ces aires sont jugées particulièrement importantes pour la survie du caribou. En contrepartie, les organismes environnementaux signataires de l’entente s’engageaient à cesser leurs moyens de pression contre les papetières, principalement auprès des acheteurs.

Les aires visées par l'entente bénéficient d'un moratoire, en attendant une protection permanente. Après deux années et demie de négociations, aucune aire protégée n'a été créée.

Selon Greenpeace, Résolu (ex-AbitibiBowater) a violé les règles de l’entente en défrichant des chemins forestiers dans des aires ciblées par le moratoire, soit le secteur des Montagnes Blanches, au nord du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
L’organisme affirme que 20 kilomètres de routes ont été défrichés dans une des zones protégées. Des coupes ont également été observées sur d’autres sites protégés, affirme Greenpeace.

Le directeur de Greenpeace au Québec, Nicolas Mainville, affirme que son organisme n'avait plus le choix de se retirer de l'accord. «Nous avons respecté notre partie de l'entente en n'appelant pas au boycottage de leurs produits depuis mai 2010, dit-il. Mais on s'est aperçu que la plus grosse entreprise dans l'entente n'a pas tenu son engagement.»

Nicolas Mainville ajoute que les négociations sur la mise en place des aires protégées, qui bénéficient présentement d'un moratoire, se poursuivaient jusqu'à la semaine dernière. «Pendant qu'on négociait, ils coupaient», lance-t-il.

Selon lui, plusieurs forestières négociaient de bonne foi. «Mais Résolu a toujours été la plus réticente, dit Nicolas Mainville. Et quand la plus importante entreprise met les freins, les choses n'avancent pas.»

Résolu nie tout

Du côté de Résolu, le directeur principal, affaires publiques Canada, Pierre Choquette affirme que les allégations de Greenpeace sont «non-fondées». «Les activités de récolte qui se déroulent dans le secteur des Montagnes Blanches ne contreviennent pas à l'entente, dit-il. Les chemins forestiers dont parle Greenpeace ont été faits en fonction de l'entente, dans respect de la certification FSC et selon les règles du ministère des Ressources naturelles.»

Pierre Choquette affirme que Greenpeace, comme les autres partenaires de l'entente, a été avisé de la création de ces chemins forestiers.

Le porte-parole de Résolu affirme que l'impact de cette sortie médiatique de Greenpeace sur le chiffre d'affaires de l'entreprise demeure inconnu. «La nouvelle est toute fraîche, alors il est difficile de spéculer, dit-il. Mais avant de porter un jugement, il faut se rappeler que Résolu a un très bon bilan en termes de développement durable.»

Fin de l'entente?

Pour le professeur en sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval, Luc Bouthillier, l'entente conclue entre les forestières et les groupes environnementaux pouvait difficilement être mise en application. «Ce n'était pas impossible, mais c'était difficile techniquement», dit-il. Luc Bouthillier explique que la protection des caribous implique une protection complète des aires visées. «Dans ce contexte-là, ça devient moins intéressant pour l'industrie.»

Le professeur estime que l'image de Résolu pourrait souffrir de cette sortie médiatique de Greenpeace. «L'entente avec les groupes environnementaux apportait une certaine crédibilité aux entreprises sur la scène internationale, dit-il. Aujourd'hui, Greenpeace dit que Résolu a parlé des deux côtés de la bouche.»

Luc Bouthillier souligne toutefois que le contexte économique est difficile pour Résolu, avec le déclin de l'industrie du papier. «Résolu doit générer des profits dans un secteur en décroissance, dit-il. Les travailleurs coûtent cher, l'énergie coûte cher. Tenir compte des caribous était probablement le dernier souci de l'entreprise.»

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