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12/02/2016 06:32 EST | Actualisé 12/02/2017 05:12 EST

Un nouveau contrat social: réussir une immigration durable et positive au Québec

Le Québec se trouve présentement dans une situation où l'accueil et l'intégration de nouveaux arrivants sont plus que jamais essentiels à son essor.

Avec le vieillissement de la population et la pénurie appréhendée de travailleurs qualifiés, le Québec se trouve présentement dans une situation où l'accueil et l'intégration de nouveaux arrivants sont plus que jamais essentiels à son essor.

Ce besoin ne fera que s'accentuer au cours des prochaines décennies en raison des perspectives démographiques actuelles et des défis économiques auxquels nous sommes confrontés. Ainsi, pour s'assurer du rendement positif de l'immigration pour le Québec, nous devons réussir l'intégration des immigrants qui souhaitent participer au destin des Québécois, et ce, dans une perspective durable. Il est donc de notre responsabilité d'offrir à ces personnes l'accompagnement nécessaire à leur insertion sur le marché du travail, à leur apprentissage de la langue française, de même qu'à leur compréhension et leur respect des valeurs sur lesquelles s'est fondée notre nation.

25 ans après l'adoption de la politique d'immigration du Québec, l'année 2015 a été l'occasion de consulter les Québécois quant à la façon d'améliorer et de moderniser notre modèle d'intégration, tout en prenant en compte l'évolution des besoins exprimés par les nouveaux arrivants. Malheureusement, force est de constater que le modèle proposé par le gouvernement visant l'amélioration de l'intégration des immigrants dans notre société ne colle pas à la réalité québécoise et manque franchement d'ambition. La relève caquiste propose au gouvernement actuel de prendre en considération les conclusions des consultations publiques à ce sujet.

En effet, le gouvernement actuel a réduit du quart le nombre de cours de francisation offert aux immigrants, pendant que plus de 40 % de ceux-ci ne connaissent pas le français à leur arrivée. Il ne cesse de couper dans les services d'aide essentiels à l'intégration. De plus, 80 % des immigrants admis au Québec ne sont pas initiés à nos valeurs fondamentales et à l'histoire qui a façonné notre nation, problème qui serait résolu en grande partie si le gouvernement leur offrait une formation obligatoire.

L'intégration repose en grande partie sur l'emploi, de même que le contact social auquel il initie, l'usage de notre langue commune auquel il invite, et les opportunités professionnelles auxquelles il donne accès. Or, le taux de chômage que connaissent les immigrants s'élève bien au-delà de celui de la population native, et ce, même dix ans après qu'ils se soient établis au Québec.

Comme la protection de l'environnement ou la saine gestion des finances publiques, l'intégration des nouveaux arrivants étrangers représente un enjeu d'équité intergénérationnelle. Ces personnes, qui ont choisi le Québec comme terre d'accueil, contribueront à répondre aux défis qui attendent les générations futures, mais ce, à condition qu'ils soient bien outillés pour le faire. Les organismes communautaires et les municipalités doivent également être pourvus des moyens nécessaires, sur le plan financier surtout, afin de réaliser leurs importants mandats.

Le but de l'immigration économique, c'est-à-dire autre que celle de nature humanitaire, n'est pas d'ajouter une charge supplémentaire sur les épaules de l'État. Au contraire, l'objectif que nous partageons avec les personnes qui souhaitent s'installer au Québec est de les voir s'épanouir et contribuer au développement et à l'enrichissement de notre société. Selon la relève caquiste, la régionalisation des immigrants constitue un axe incontournable pour y parvenir. En effet, pendant que plus de 80 % des néo-québécois s'installent dans la région montréalaise, nous croyons que des incitatifs devraient être offerts afin d'attirer les immigrants dans nos régions qui se dévitalisent, notamment en raison des pénuries de main-d'œuvre qui y sévissent. Nous croyons par ailleurs que l'intégration des néo-québécois doit se concrétiser par une valorisation de l'entrepreneuriat, un mentorat permettant d'accéder à des postes de qualité, une meilleure reconnaissance des qualifications et une lutte courageuse contre l'intolérance.

Les quelque 50 000 personnes admises au Québec annuellement ne se joignent pas à une entité sociétale désincarnée, mais bien à une authentique nation forte d'une convergence culturelle à laquelle adhèrent des citoyens de toutes origines. Toute personne qui habite sur le territoire du Québec et qui veut contribuer à son odyssée collective est québécoise. Dans le respect de sa culture propre, cette personne doit toutefois contribuer à la préservation de la langue commune et des valeurs fondamentales de la nation québécoise. Et c'est pourquoi, pour assurer une immigration durable et positive pour le Québec, nous devons miser davantage sur la francisation et sélectionner les personnes dont les qualifications répondent aux besoins de notre marché du travail.

Enfin, nous croyons que toute société d'accueil doit définir ses valeurs et les affirmer clairement dans un document soumis à la considération de nouveaux arrivants étrangers. En ce sens, la rédaction d'une Constitution québécoise, une proposition phare de la relève caquiste, permettrait de solidifier la base de notre nation et consoliderait ainsi le droit de chacun à s'épanouir dans l'égalité et la diversité, en cette terre de la francophonie nord-américaine. Ce texte confirmerait ainsi la responsabilité partagée du gouvernement du Québec et des immigrants quant à la réussite de leur intégration à la société québécoise, une société distincte et inclusive au sein de laquelle ils pourront se construire une vie meilleure et participer au projet collectif des Québécois.

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