LES BLOGUES
06/08/2018 09:49 EDT | Actualisé 06/08/2018 10:13 EDT

Tim Hortons aux quatre coins de la Chine

La compétition sera féroce pour la canadienne, car Starbucks a annoncé son intention d'ouvrir 2000 nouveaux restaurants en Chine d'ici 2021, soit un à toutes les 15 heures en moyenne!

Tim Hortons souhaite ouvrir 1500 restaurants en Chine d'ici 10 ans.
Daniel Becerril / Reuters
Tim Hortons souhaite ouvrir 1500 restaurants en Chine d'ici 10 ans.

Au cours de mes nombreux voyages, j'ai remarqué la prolifération des cafés internationaux en Chine. Je me suis souvent demandé pourquoi la chaîne Tim Hortons était absente de ce marché. Mais voilà que bientôt, les adeptes de cette marque de café voyageant dans l'Empire du Milieu pourront bientôt se procurer leur boisson favorite dans l'un des 1500 restaurants que la chaîne veut y ouvrir d'ici 10 ans.

Tim Hortons rejoint une autre entreprise canadienne, Timothy's, filiale de MTY Tiki Ming Enterprises, déjà présente au pays. Cette bannière cherche à vendre du café aux Chinois, mais commercialise aussi du thé vert chinois dans ses restaurants ailleurs dans le monde.

Le plus gros joueur étranger en Chine est Starbucks. La chaîne y a directement implanté (ou via ses franchisés) près de 3000 restaurants, ouverts sur une période de 15 ans. Cela représente plus de 10% des 27 000 cafés Starbucks dans le monde; 14 000 sont situés aux États-Unis.

La compétition sera féroce pour la chaîne canadienne, car Starbucks a annoncé l'an dernier son intention d'ouvrir 2000 nouveaux restaurants en Chine d'ici 2021, soit un à toutes les 15 heures en moyenne!

Le marché du café en Chine possède un fort potentiel de croissance pour longtemps encore (...).

D'autres chaînes étrangères comme Costa ou McCafé sont aussi présentes et doivent se mesurer à des chaînes locales comme Pacific Coffee ou UBC Coffee (dont le nom en Chinois est Shanghai Café) pour se tailler une place dans un marché, valant des milliards de dollars. Le marché du café en Chine possède un fort potentiel de croissance pour longtemps encore, puisque la consommation moyenne de café n'est que de cinq tasses par habitant, par année, contre 300 en Corée du Sud et une moyenne mondiale de 240 tasses par année.

C'est sans surprise que l'on constate que dans ce domaine, comme dans bien d'autres en Chine, il y a du pillage de marque de commerce. Starbucks a gagné certaines batailles judiciaires et en a perdu d'autres. Et si le vol de propriété intellectuelle était flagrant dans le cas chinois, où le nom utilisé était le même en caractères chinois, il n'est pas limité à ce pays. Starbucks vit ce problème à l'échelle planétaire.

Nouvelle génération, nouvelle culture, nouveau consommateur

Pour la Chine, l'implantation et le succès commercial de ces cafés étrangers représentent un changement de culture. Tout comme c'est le cas pour les mauvaises habitudes alimentaires qui proviennent de la malbouffe étrangère et dont j'ai déjà traité dans ce blogue, la transition des jeunes Chinois vers le café, plutôt que le thé, est une véritable rupture avec des dizaines de générations les ayant précédés.

Il y a donc un aspect culturel et générationnel à ces mutations dans les habitudes de consommation. Des études scientifiques témoignent de ces changements alimentaires. De grandes entreprises comme McKinsey ont documenté et étudié à grande échelle ce phénomène, dans le but de dresser un portrait du nouveau consommateur chinois.

À LIRE AUSSI:

» «SLĀV» et «Kanata»: des dérives dangereuses pour la liberté artistique
» L'avenir du Québec appartient aux Québécois
» Canicule: 8 façons de protéger ses animaux