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18/07/2018 11:37 EDT | Actualisé 18/07/2018 11:51 EDT

Ray Emery, un héros à sa manière

Quoi que l’on dise à son sujet, Ray Emery était l’un des bons gars. J’étais sous le choc lorsque j’ai appris la triste nouvelle du décès de l’ancien gardien de but.

Ray Emery, lors d'un match opposant les Flyers de Philadelphie et les Rangers de New York, en avril 2014.
USA Today Sports / Reuters
Ray Emery, lors d'un match opposant les Flyers de Philadelphie et les Rangers de New York, en avril 2014.

Quoi que l'on dise à son sujet, Ray Emery était l'un des bons gars. Il était resté lui-même malgré toutes ses difficultés. En définitive, le monde se porterait bien mieux si tous avaient le courage d'être eux-mêmes.

J'étais sous le choc lorsque j'ai appris la triste nouvelle du décès de l'ancien gardien de but. Seulement 35 ans, bien trop jeune pour nous quitter. Il se serait noyé accidentellement bien que l'on n'en connaisse pas plus à l'instant présent. Somme toute, triste fin d'une vie remplie de hauts et de bas. Il était devenu l'un de mes héros en grandissant. Il a su mettre sa propre touche et son propre style au jeu.

Nous partirons tous. Mieux vaut partir en laissant un héritage derrière nous. Emery aura su inspirer tant de personnes, en gardant toujours le sourire. La vie est si précieuse, nous devons faire notre possible pour la vivre à notre plein potentiel. En fin de compte, nous ne savons pas ce que demain nous réserve. C'est ce qu'il a su faire. Certains disent que les géants s'éteignent toujours trop tôt. Je ne sais pas. Ce qui est incontestable est le fait que nous avons un devoir d'inspirer des gens. Peu importe notre flamme, nous avons tous ce potentiel.

Sa carrière

Il a connu toute une carrière dans la Ligue nationale de hockey. Repêché par les Sénateurs en 2001, il a joué avec plusieurs équipes dont les Flyers, les Blackhawks et les Ducks. Il avait, en tant que gardien auxiliaire, soulevé la coupe Stanley avec Chicago en 2013.

Il n'était certainement pas un gardien comme les autres. Avec style non orthodoxe, il savait faire rêver la foule venue le voir briller. Un «showman» tout au long de sa scintillante carrière. En guise de confidence, sachez que je suis un grand partisan des Sénateurs, ayant grandi à Gatineau.

Ray Emery, surnommé Razor pour son style agressif, était extraordinaire, rien de moins.

La région de la capitale nationale au grand complet se souvient de ses performances qui avaient permis à l'équipe d'accéder aux finales de la coupe Stanley en 2007. Les Sénateurs avaient tout donné, malgré leur défaite face aux Ducks d'Anaheim en grande finale. En 2007, il y avait une réelle camaraderie entre les coéquipiers. Que dire du trio de l'heure constitué d'Alfredsson, Spezza et Heatley?

J'avais aux alentours de 13 ans lorsqu'il était gardien pour mon équipe favorite. Nul doute, chaque partie était diffusée à notre demeure. À cet âge, le hockey était une vraie religion, une obsession même. Lorsque le temps des séries éliminatoires était venu, le salon familial se transformait en véritable zone rouge.

Drapeaux des Sénateurs, serviettes éliminatoires et ballons rouges arboraient la pièce! C'était la fièvre des séries et nous étions tous derrière l'équipe locale. Nous étions vêtus de nos chandails. Je voulais avoir la même confiance qu'il avait en lui, je voulais être capable d'exécuter ses arrêts lorsqu'on jouait en famille à la patinoire du quartier. Confiance qu'il ne manquait pas de montrer. Il arrivait aux matchs vêtus d'habits colorés, en Hummer. Jadis, mon automobile de rêve.

Il ne laissait personne indifférent. Emery était différent de la norme, c'est peut-être pour ça que je l'ai tant admiré. Il a sans doute adoré jouer à Ottawa, ayant grandi à Hamilton.

Les Sénateurs avaient été stoppés par les Sabres de Buffalo en deuxième ronde des séries en 2006. On se souvient tous du but spectaculaire de Jason Pomminville sur Emery, en prolongation, au match numéro cinq. L'année d'après, en 2007, les Sénateurs s'étaient rachetés et avaient arraché la victoire aux Sabres pour accéder aux finales de la coupe Stanley. C'était Alfredson qui marqua tout un but. Dans ces années-là, il y avait toute une rivalité entre les deux clubs. Emery avait même jeté les gants face à des joueurs des Sabres. Quel sourire il avait lors de son combat face à Martin Biron!

Emery m'a forcé à être moi-même et avoir confiance en mes habiletés.

J'étais aux anges lorsque mon père m'amenait au hockey. Mon anniversaire avait lieu au mois d'avril, lors du début des séries décisives. Ce fut alors le cadeau d'anniversaire parfait. Je pouvais voir toutes ces grandes vedettes, dont Emery. J'ai toujours admiré leur éthique de travail et admiré le sport qui demande des aptitudes sportives exceptionnelles. Le sportif de 35 ans est parti sans que ses exploits soient égarés pour autant. Le destin en a voulu ainsi. Destin qui nous réserve tous un futur présagé de moments tristes et d'apogées.

Il était bien plus qu'un simple joueur de hockey. Il était un rêveur enjoué. Le sport c'est le respect, la persévérance et le travail d'équipe: une vraie leçon de vie.

À un modèle qui aura su marquer ma jeunesse...

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