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26/06/2018 16:26 EDT | Actualisé 27/06/2018 09:57 EDT

Maman, fille, amie et... survivante!

Le défi que j’ai eu à vivre en 2016 était non seulement inattendu, mais plus bouleversant que j’aurais pu imaginer.

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Pour ceux qui me connaissent j'ai toujours été une personne qui aime l'aventure et les nouveaux défis. Je considère que c'est à travers les expériences de vie qu'on grandi et apprend à être la meilleure version de nous-mêmes.

Cependant, le défi que j'ai eu à vivre en 2016 était non seulement inattendu, mais plus bouleversant que j'aurais pu imaginer.

Une année mémorable

Tout a commencé en 2015 lorsque je me suis impliquée dans une levée de fonds pour MIRA. J'étais décidé à faire de 2016 une année mémorable en commençant par une aventure de trekking en Patagonie en février. Au cours de mon entraînement et lors de mon voyage, je me sentais plus vive que jamais, sans savoir ce qui allait m'attendre à mon retour.

Avant de partir en vacances, j'avais eu une biopsie. Toutefois, les médecins m'avaient rassuré en me disant que ce n'était probablement rien et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Les choses allaient rapidement prendre une tournure que je ne pouvais alors imaginer.

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Après mon retour, je ne recevais toujours pas les résultats de ma biopsie; les jours suivants m'ont donc paru une éternité. Quand j'ai enfin reçu le diagnostic, ce fut un moment irréel pour moi. Une date que je n'oublierais jamais puisque dans les jours qui ont suivi, j'ai pris la décision de m'absenter de mon travail.

Ma chirurgie était prévue le 22 mars 2016, soit un peu plus de deux semaines suite à l'annonce du diagnostic. J'avais l'impression que ma vie m'échappait.

Le malaise de l'annonce

Il n'y a pas de mots pour exprimer ce que l'on ressent lorsqu'on vous annonce «vous avez le cancer», et ça m'a frappé fort. Je dormais peu et pleurais facilement, la force avec laquelle j'avais commencé mon année m'avait quitté et j'essayais d'entretenir de l'espoir pour ma famille qui en serait aussi affectée que moi.

Quand on me demande ce que j'ai trouvé le plus difficile, je dirais que c'était d'annoncer à ma famille, à mes enfants, que j'avais le cancer. Au-delà d'être une fière survivante du cancer, je suis avant tout une mère et une fille. Je ne voulais pas leur causer de la peine, et l'idée d'avoir mes deux enfants vivre les émotions que je ressentais m'épeurait.

Les mois suivants ont été plus difficiles, mais la force de mes enfants et de ma mère m'a inspiré à lutter contre la maladie.

Certainement, ils n'étaient plus de jeunes enfants, mais rien ne vous prépare à annoncer à vos enfants que la personne sur laquelle ils comptent le plus devra se battre pour sa vie et que plus rien n'est garanti.

L'annoncer à ma mère de 78 ans me blessait, elle qui avait été ma partenaire pour élever mes enfants depuis le début et qui avait vécu sa propre bataille contre la maladie quelques années auparavant. J'avais vu, de mes propres yeux, la façon dont la maladie l'avait affecté et je tenais à la rassurer autant que possible face à ce cauchemar.

Les mois suivants ont été plus difficiles, mais la force de mes enfants et de ma mère m'a inspiré à lutter contre la maladie. J'ai eu l'opportunité de rencontrer des professionnels dédiés et chaleureux qui s'occupaient de chaque patient comme s'il s'agissait de leur propre famille et dont la bonté me touchait profondément.

L'engagement

En tant que mère, fille et survivante du cancer, je me suis engagée à parcourir plus de 200 km à vélo pour la lutte contre le cancer. En compagnie de mon équipe Cycle Néron, nous avons collecté près de 40 000 $ en fonds pour la cause. Je suis dans cette aventure afin de contribuer à la recherche et pour aider ceux qui se battent, tout comme je l'ai fait.

J'ai bénéficié d'un choix dans mon traitement grâce aux découvertes récentes. Quand mon oncologue m'a annoncé que je pouvais éviter la chimiothérapie grâce, entre autres, à l'avancement dans la recherche et la médecine, j'ai senti la responsabilité de redonner aux autres. De faire comme ceux qui m'ont précédé et contribuer à une meilleure vie pour toute personne qui en aurait besoin. Je participe au Cyclo-défi Enbridge contre le cancer parce que je sens qu'accompagné par des personnes incroyables, nous pouvons changer le cours de l'histoire en soutenant la recherche.

On a tous quelqu'un dans notre vie qui a souffert ou nous a quitté de façon précoce à cause de la maladie. C'est quelque chose qui nous concerne tous, puisque selon la Société canadienne du cancer, on prévoit qu'un Canadien sur deux sera atteint de cancer au cours de sa vie.

Je vous invite à vous informer et, si vous le pouvez, inscrivez-vous ou faites un don. Nous pouvons tous faire une différence!

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