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25/04/2015 08:36 EDT | Actualisé 25/06/2015 05:12 EDT

Du déséquilibre à l'injustice fiscale: austérité à Québec et opulence à Ottawa

Les élections fédérales approchent, ça se sent. Le budget fédéral ne saurait être plus clair : Eldorado pour certains, miettes pour le Québec.

Les élections fédérales approchent, ça se sent. Le budget fédéral ne saurait être plus clair : Eldorado pour certains, miettes pour le Québec. Décidément, les intérêts du Québec sont sans intérêt pour Ottawa. Nos impôts au fédéral servent à financer des mesures qui ne répondent pas à nos besoins, à notre vision des choses, aux défis auxquels nous faisons face. On pourrait critiquer bien longtemps ce budget, mais une page, la page 427 en annexe, mérite notre attention.

On y lit : « Il n'y a pas de déséquilibre fiscal au Canada. Tous les gouvernements ont la capacité d'atteindre l'équilibre budgétaire. »

En août dernier, tous les premiers ministres du Québec et des provinces canadiennes dénonçaient le « retour » du déséquilibre fiscal. Même le Conference Board lançait un cri d'alarme et appelait à régler ce débalancement. D'après leur projection, dans une vingtaine d'années, le Québec et les provinces canadiennes auront un déficit annuel combiné de plus de 170 milliards $ alors qu'Ottawa aura un surplus de 110 milliards $.

280 000 000 000 $ d'écart! C'est toute la dette du Québec ! Ahurissant!

Mais ce montant, semble-t-il, n'est pas assez astronomique. Plutôt que d'orienter le budget pour contrer ce débalancement, le fédéral utilise les surplus, qui devraient être destinés pour appuyer notamment les services offerts par le Québec, pour offrir des cadeaux aux plus riches.

Par exemple, le plafond du CÉLI est doublé. Du coup, Ottawa limite les perceptions d'impôt du Québec qui perdra 100 millions $ dès cette année.

Autre exemple, les transferts en santé. Transferts qui représentaient 50% du financement de ce secteur dans les années 1970. Aujourd'hui, ils ne constituent à peine que 22 % du financement de la santé au Québec et ce pourcentage baissera autour de 18 % d'ici quelques années en utilisant, unilatéralement, une nouvelle méthode de calcul lié à la croissance du PIB, privant le Québec de milliards de dollars.

Ou encore le fédéral a changé sa règle pour la répartition de l'enveloppe entre les provinces. Le partage se fait désormais au prorata de la population. Or, la population est plus âgée au Québec et les personnes âgées utilisent davantage les services en santé que les plus jeunes. Le gouvernement du Québec calcule que cette nouvelle règle le prive de 174 millions $ cette année, et plus de 2 milliards $ pour les dix prochaines années.

Au bout du compte, Ottawa plombe les finances du Québec et ce sont les contribuables québécois qui paient et qui reçoivent de moins en moins de services. C'est tout simplement intenable.

Mais Ottawa ne s'arrête pas là. Après avoir pelleté son déficit dans la cour du Québec, il propose une loi antidéficit tout en en imposant un au Québec par ses décisions à sens unique.

Inquiétant. On paie près de la moitié de nos taxes et impôts à Ottawa, mais l'essentiel des services publics sont fournis par Québec et le fédéral en remet une couche. Quand Philippe Couillard nous rappelait des « épisodes » ayant marqué au fer rouge l'histoire politique québécoise, il pourra dorénavant y ajouter cette injustice fiscale rédigée à l'encre noire, gracieuseté des conservateurs que les provincialistes québécois finiront encore, hélas, par accepter.

Le fait de payer nos taxes et impôts à deux gouvernements, doublé du choix d'Ottawa de réduire ses transferts, posent le problème suivant : nos taxes et impôts ne servent plus à financer les services qui sont les plus importants pour nous. Notre 45 milliards $ versé à Ottawa cette année finance en partie les mesures électoralistes de Harper, alors même qu'on en arrache à Québec.

Il n'y a pas à dire, le Québec continue à être très mal servi par la fédération. Ça a toujours été comme ça. La seule solution durable à ce problème est l'indépendance. En attendant, le Bloc est le seul parti fédéral à défendre et à porter nos intérêts, en plus de travailler activement à la promotion de l'indépendance. C'est notre seule voie d'avenir.

Mario Beaulieu, chef du Bloc Québécois

Gabriel Ste-Marie, économiste et candidat du Bloc Québécois dans Joliette

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