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08/03/2018 09:00 EST | Actualisé 08/03/2018 09:00 EST

Les 5 défis de la femme différente

En tant que femmes, nous partageons des défis communs. Mais quand notre route prend un tournant différent, le degré de difficulté de nos défis passe à un niveau supérieur. 

Robert Daly

Avant de devenir une femme différente, je n'accordais pas trop d'attention à la Journée internationale des femmes. Je vivais mon petit train-train quotidien sans trop me préoccuper des enjeux féministes. Mais depuis que mon ange aux ailes brisées est venu transformer ma vie, je mesure toute l'ampleur de chaque sphère du quotidien. En tant que femmes, nous partageons des défis communs. Mais quand notre route prend un tournant différent, le degré de difficulté de nos défis passe à un niveau supérieur. Top 5 des défis communs à toutes les femmes, mais dont le degré de difficulté monte d'un cran dans le cadre de la vie différente :

  1. Famille : ces dernières semaines, la charge mentale des femmes au cœur du noyau familial a été un sujet d'actualité. Malgré les avancées féministes des dernières années, force est de constater que les femmes portent un plus lourd fardeau de responsabilités que les hommes dans la gestion de la maisonnée. Peu importe que la femme mène une vie «normale» ou une vie différente, le portrait de cette sphère du quotidien est semblable d'un côté comme de l'autre. Qu'il s'agisse d'organiser les rendez-vous des enfants chez le dentiste, de dresser la liste d'épicerie ou de penser à laver le costume d'Halloween du p'tit dernier, la grande majorité du temps, c'est la femme qui s'en occupe. Pourquoi? Admettons-le, mesdames, beaucoup d'entre nous souffrent du syndrome de la superwoman. On veut tout et trop bien faire, être sur tous les fronts. On est multitâches et ça déborde de partout! Solution : les femmes doivent lâcher prise et les hommes doivent prendre une place plus active dans l'organigramme familial.

  1. Marché de l'emploi : les femmes prennent de plus en plus leur place sur le marché de l'emploi. Selon l'institut de la statistique du Québec, un des faits les plus marquants du marché du travail des 35 dernières années est la forte progression de la participation des femmes, qui détenaient en 2015 près de la moitié de l'ensemble de l'emploi, comparativement à moins de 40 % il y a 35 ans. Mais... Pour la femme différente, occuper un emploi est un défi de taille. Les rendez-vous, les chirurgies, les problèmes de gardiennage et autres pépins obligent la maman à s'absenter du travail et les employeurs se montrent rarement conciliants. Il est désolant de constater qu'en 2018, le marché du travail peine encore à offrir des solutions aux besoins des familles différentes. La conciliation travail-famille «normale» a progressé ces dernières années, mais pour ce qui est de la conciliation travail-famille différente, les innovations se font attendre.

  1. Revenu : l'Institut de la statistique du Québec indiquait, en mars 2017, que dans les entreprises québécoises de 200 employés et plus, les femmes occupant des professions exigeant une formation universitaire, collégiale et secondaire sont en moyenne moins bien rémunérées que les hommes. La loi sur l'équité salariale adoptée en 1996 par le gouvernement du Parti québécois a été une grande avancée féministe, mais il reste encore du chemin à faire.
La loi sur l'équité salariale adoptée en 1996 par le gouvernement du Parti québécois a été une grande avancée féministe, mais il reste encore du chemin à faire.
  1. Appauvrissement : les femmes proches aidantes s'appauvrissent irrémédiablement. Absences, réaménagement et diminution du temps de travail ont évidemment un impact sur leur revenu. Et que dire de celles qui doivent tirer un trait sur leur carrière pour prendre soin d'un proche à temps plein, ce qui est souvent le cas pour les mamans d'enfants différents. Le manque de services et l'absence de soutien financier de l'État maintiennent ces femmes en situation de grande pauvreté. Plusieurs d'entre elles sont cheffes de famille monoparentale, et pour celles qui chutent jusqu'à toucher le fond du baril et atterrir à l'aide sociale, c'est le cauchemar chronique. Une recette parfaite pour des dépressions, burnouts et malaises de toutes sortes.

  1. Santé : le Conseil du statut de la femme rapporte qu'en 2014, 59,2% des femmes déclaraient être en très bonne ou en excellente santé globale. Qu'en est-il des femmes proches aidantes? En mai 2017, le Regroupement des aidants naturels du Québec indiquait que faute d'un soutien adéquat, presque toutes les personnes proches aidantes ont admis (99 %) en 2012 que leurs responsabilités d'aidant ont eu une incidence sur leur santé. Ces répercussions se sont principalement manifestées sous forme d'inquiétude ou d'angoisse (37 %), de fatigue (32 %), de problèmes de sommeil (22 %), de débordement (22 %) et de mécontentement (20 %). Parce que les tâches effectuées par les femmes aidantes nécessitent un engagement plus continu et à long terme, il y a lieu de croire que les femmes aidantes subissent davantage d'impacts sur leur santé que leur contrepartie masculine.

En conclusion, qu'on soit une femme différente ou une femme au parcours plus conventionnel, nos défis se ressemblent. La charge de nos engagements familiaux et professionnels est plutôt lourde et nous fait parfois plier les genoux. Malgré les avancées de la cause féministe, l'égalité entre les sexes n'est pas encore chose faite. Beaucoup de progrès restent à faire. À ceux et celles qui se demandent si le mouvement féministe a toujours sa place au Québec, la réponse est oui. Il reste du travail à faire les filles, relevons-nous les manches et avançons toutes ensemble!

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