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25/06/2018 09:55 EDT | Actualisé 25/06/2018 09:55 EDT

Accompagnée par des bibliothèques

J’ai passé la majorité de ces quatre années dans les bibliothèques. Elles représentent des lieux qui m’ont soutenue lors des temps difficiles.

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Le monde ouvert, les rues de Montréal déroulées devant moi, peu importe que le temps soit beau ou enneigé, il a fallu trouver quelques trucs à faire en plus d'étudier et d'accomplir mes obligations universitaires.

Encore Google Maps! Celui-ci arrive toujours à mon secours au moment où la tentation de découvrir augmente de plus en plus.

Bien sûr, ce n'était pas difficile pour internet de me donner de nombreuses suggestions, on parle de Montréal... Cette fois-ci, parmi les résultats sur l'écran, j'ai choisi les bibliothèques. Alors j'ai fait une recherche plus précise. Il y en avait beaucoup, répandues dans différents quartiers de Montréal.

Il me restait encore des quartiers à visiter afin de connaître la ville de Montréal. Maintenant que j'avais trouvé un but, une bibliothèque par quartier, c'était une excuse pour faire plus de promenades en direction des lieux inconnus. Pourquoi pas!

Toute équipée avec les livres requis, mon ordinateur et, oui, Google Maps, je suis partie d'abord vers Westmount, où on peut trouver la Bibliothèque publique de Westmount. Là, la combinaison de l'intérieur victorien et moderne m'a paru vraiment impressionnante. Je ne savais pas que l'ambiance influencerait mon choix de lecture. La partie victorienne, où les aînés aussi profitaient de l'environnement, m'inspirait à lire des anciens romans ou des théories littéraires. Par contre, le lendemain, quand j'ai pris une place dans la section moderne, j'avais plus envie de prendre les bandes dessinées sur lesquelles j'écrirais ma thèse de doctorat.

Il y a aussi une serre adjacente. Un tour dans la serre rafraîchit vraiment l'esprit. Des plantes d'espèces différentes, des fontaines, des mini bassins et des tables et chaises au milieu en font le lieu idéal pour déstresser et pour fuir les soucis qui nous envahissent.

Lorsque je faisais des lectures au milieu de la verdure, l'angoisse de ne pas pouvoir atteindre les buts universitaires diminuait. En fait, être là, puis réfléchir sur n'importe quel sujet, me permettaient de récupérer l'énergie pour reprendre mes efforts en direction de mes objectifs.

La serre installée au sommet de l'université Concordia dans le campus du centre-ville nous offre un lieu aussi tranquille que celle de Westmount pour y lire et rester parmi des plantes. Mais, celle de Concordia avait aussi l'avantage de me permettre d'entendre le son de l'eau s'écoulant de l'arrosoir qui me rappelait les soirées en Inde, chez moi, où nous devions remplir des seaux à une heure spécifique parce que nous n'avions pas l'approvisionnement en eau tout le temps. Alors, là, je lisais avec ce souvenir apaisant de mon pays, de ma maison. Très nostalgique! Je ne suis pas certaine si ce type de nostalgie est drôle, bizarre ou normale!

Même si j'ai terminé mes études, je sens que cette bibliothèque gardera toujours une espace pour moi où je serai inspirée.

Le lieu que j'ai le plus visité pour m'occuper de mes études est la Bibliothèque McLennan-Redpath, la bibliothèque des lettres de McGill. Chaque étudiant doit y passer, au moins pour quelques minutes, soit pour étudier, pour imprimer ou pour rencontrer quelqu'un. Là, à n'importe quel étage, les coins avec des grandes fenêtres sont la zone la plus confortable pour moi. J'y ai lu beaucoup, j'y ai conquis plein de dates limites, j'y ai rédigé sur le thème qui m'intéressait et j'y ai produit tellement de pages de ma thèse, tout en étant assise près de la fenêtre avec la voirie urbaine dans le fond. Même si j'ai terminé mes études, je sens que cette bibliothèque gardera toujours une espace pour moi où je serai inspirée pour produire plus de rédactions.

J'ai passé la majorité de ces quatre années dans les bibliothèques. Elles représentent des lieux qui m'ont soutenue lors des temps difficiles, m'accompagnant pendant les moments de dépression, de solitude et de l'angoisse de la page blanche. J'aime cette culture d'avoir un espace commun, où les gens peuvent s'unir et partager leurs passions.

C'est comme ça que j'ai développé l'habitude de toujours chercher des bibliothèques pendant mes petits voyages dans d'autres villes.