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11/06/2017 12:39 EDT | Actualisé 11/06/2017 12:39 EDT

La victimite aiguë qui fait la vie dure à tout le monde

Nous les comprenons tellement que nous savons exactement ce qu'elles sont en train de s'infliger: saboter leur chance d'être un jour heureuses.

Nous avons tous traversé certaines phases dans notre vie où nous nous sentions totalement impuissants. Des moments difficiles, parfois même, de grande noirceur, qui nous ont rendus extrêmement vulnérables. Nous avons alors eu besoin des autres pour nous aider à nous en sortir, ce qui, jusqu'ici, est tout à fait normal.

Ce qui l'est moins, c'est lorsque ces phases de « Je ne vais pas bien » deviennent notre état d'être quotidien. Non seulement cela doit être pénible pour ceux qui les traversent, mais imaginez pour ceux qui ont à côtoyer ces personnes régulièrement. Car, disons les choses comme elles sont: un individu atteint de victimite aiguë, ça demande énormément d'énergie. Et, parfois, nous en avons moins ou nous n'en avons pas tout simplement, car, nous aussi, nous avons une vie à vivre et des problèmes à gérer. Ce n'est pas parce que nous ne passons pas nos journées à nous plaindre que le soleil est toujours au beau fixe.

Confronter une victime, c'est passer pour un insensible

Ce n'est pas un sujet facile à aborder, la victimite aiguë, parce que nous avons peur de paraître pour des sans-cœur, des insensibles. Alors qu'en réalité, nous comprenons très bien ce que vivent ces personnes. Trop bien même. Nous les comprenons tellement que nous savons exactement ce qu'elles sont en train de s'infliger: saboter leur chance d'être un jour heureuses.

Et c'est peut-être cela qui vient nous chercher du plus profond de notre être. Nous aurions parfois envie de les brasser pour qu'elles comprennent à quel point chacun de nous est responsable de son propre bonheur, mais aussi de son propre malheur.

Nous aurions parfois envie de les brasser pour qu'elles comprennent à quel point chacun de nous est responsable de son propre bonheur, mais aussi de son propre malheur.

C'est la même chose pour tout le monde, victimes ou non! Nous avons tous notre lot de défis à relever et nous puisons à même nos ressources pour y arriver. Mais ces ressources ne sont pas illimitées. De ce fait, si nous devons continuellement les mettre au service de ceux qui considèrent que c'est un droit acquis que de solliciter notre temps, notre attention et notre compassion pour se faire leur propre réserve d'énergie et ainsi pouvoir continuer à avancer... Euh...

Ce que ces personnes ne comprennent pas, c'est que c'est parfois très égoïste de leur part de vouloir nous faire porter (ou supporter) leurs nombreux malheurs. De devoir continuellement remonter le moral d'une personne qui est convaincue que tout est de la faute des autres ou de sa condition, c'est extrêmement lourd, car c'est une quête qui n'aura jamais de fin.

Comment s'en sortir?

Ce qui est vraiment étrange ici, c'est qu'en écrivant sur le sujet, je réalise que les personnes atteintes de victimite aiguë endossent, d'une certaine façon, le rôle de persécuteur dans la vie de ceux qui sont continuellement sollicités pour leur venir en aide.

Ils obtiennent ce qu'ils désirent en manipulant. Par exemple, ils ont le don de nous faire sentir coupables ou honteux de ne pas leur porter secours ou de ne pas être l'oreille attentive dont ils ont tant besoin. Mais nos oreilles n'en peuvent plus d'entendre geindre; voilà tout!

Alors, mon conseil pour celui qui est aux prises avec une éternelle victime est de prendre un peu de distance afin d'amener celle-ci à comprendre qu'elle doit désormais apprendre à développer et à compter sur ses propres ressources pour s'en sortir.

Elle doit :

  • Reconnaître qu'elle a continuellement besoin du support des autres pour survivre.
  • Réaliser sa propension à se déresponsabiliser de ce qui lui arrive. (C'est la faute des autres. Je ne peux rien y faire; je dois apprendre à vivre avec ça.)
  • Arrêter d'utiliser ses problèmes ou ses faiblesses pour obtenir de l'attention. Il faut qu'elle devienne quelqu'un qu'on a envie de côtoyer et non pas quelqu'un qu'on côtoie par pitié.
  • Trouver des solutions et non plus des excuses pour ne pas être ou faire quelque chose.
  • Réaliser qu'elle n'est pas seule à vivre des situations difficiles et prendre exemple sur ceux qui s'en remettent à leur propre pouvoir pour s'en sortir.
  • Focaliser sur ce qu'elle veut expérimenter et donner de moins en moins d'importance à ce qui la dérange.
  • Dédramatiser, cesser de se persécuter inutilement et, par la même occasion, cesser de persécuter les autres.

Il s'agit, tout simplement, de choisir la liberté et le bonheur et, pour ce faire, il faut se réapproprier notre propre pouvoir à maîtriser les conditions de notre vie.

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