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01/03/2019 10:38 EST | Actualisé 01/03/2019 11:04 EST

Médicaments à base de cannabis: les Canadiens feraient confiance au jugement de leur médecin

Avant que les médicaments à base de cannabis puissent être intégrés au système de soins de santé, les professionnels de la santé doivent être mieux éduqués et formés.

Witthaya Prasongsin via Getty Images
Le sondage nous a permis de comprendre que même si les gens font confiance à leurs médecins, ils ne sont pas tout à fait convaincus que ces derniers soient suffisamment informés en matière de traitement au cannabis.

Tetra Bio-Pharma a récemment dévoilé les résultats d'un sondage IPSOS réalisé auprès de plus de 2000 Canadiens concernant leurs attitudes, leurs comportements, leurs opinions, leurs croyances et leurs connaissances à propos du cannabis comme option thérapeutique. Comme nous sommes une entreprise qui travaille à la découverte et au développement de produits à base de cannabinoïdes afin de répondre à certains besoins médicaux non comblés, il est essentiel que nous connaissions toutes les facettes de ce marché.

Les Québécois estiment-ils que le cannabis pharmaceutique est de meilleure qualité que le cannabis récréatif? Sont-ils prêts à participer à une étude clinique portant sur un médicament à base de cannabis menée par Santé Canada? Voudront-ils prendre un médicament à base de cannabis même s'il n'est pas remboursé par leur régime d'assurance maladie? Seraient-ils disposés à prendre un médicament à base de cannabis pour traiter une maladie existante? Accepteraient-ils que leur médecin leur prescrive un médicament à base de cannabis? Nous avons posé ces questions, entre autres, à des résidants du Québec et d'ailleurs au Canada.

Comme ce sondage IPSOS a été réalisé auprès d'un plus grand nombre de personnes que d'habitude, nous avons obtenu des données importantes sur le plan statistique et nous avons constaté des différences régionales qui nous permettent de savoir si les gens sont réceptifs ou non à l'idée d'envisager le cannabis comme un traitement médical, et s'ils estiment qu'un tel traitement serait plus bénéfique que nuisible.

Il n'y a rien d'ambigu dans le développement d'un médicament réalisé dans un cadre règlementaire. Au contraire, il s'agit d'un processus très clair et spécifique. Comme nous travaillons au sein de l'industrie pharmaceutique depuis longtemps, nous connaissons le déroulement y compris les éventuels obstacles.

Nous devons nous renseigner sur la façon dont les gens et les professionnels de la santé vont réagir envers une nouvelle catégorie de médicaments, surtout envers un médicament dont l'ingrédient principal a longtemps été considéré comme illicite.

Le besoin d'éducation et de formations

Les résultats de l'enquête IPSOS semblent indiquer que les médecins devront être mieux éduqués et formés pour traiter leurs patients avec des médicaments à base de cannabinoïdes, ce qui, d'après les experts, serait assez complexe.

Je soupçonne que les médecins devront également prendre le temps de conseiller leurs patients, ce qui ajoutera à leur charge de travail. La possibilité d'offrir une toute nouvelle catégorie de médicaments aux patients est une occasion fascinante qui comporte de nombreuses responsabilités en matière de soutien et de sensibilisation des patients, et d'éducation de la communauté médicale.

L'émergence de ces médicaments, dont l'innocuité et l'efficacité ont été reconnues sur le plan scientifique grâce à des études cliniques, nous forcera à modifier considérablement notre perception et nos comportements envers les traitements à base de cannabinoïdes.

Les résultats du sondage IPSOS nous ont permis de savoir à quel point les Canadiens sont réceptifs à l'idée de prendre un médicament à base de cannabis et de confirmer à quel point leur médecin peut influencer leur propre comportement.

Force est de constater que la plupart des gens font confiance aux recommandations d'un médecin, un niveau de confiance établi sur des centaines d'années. Le sondage nous a toutefois permis de comprendre que même si les gens font confiance à leurs médecins, ils ne sont pas tout à fait convaincus que ces derniers soient suffisamment informés en matière de traitement au cannabis.

Quelques statistiques en vrac:

- Deux Canadiens sur trois (65%) prendraient un médicament contenant du cannabis s'il était prescrit par un médecin et remboursé par une assurance;

- 54% des Canadiens estiment qu'il est risqué de consommer du cannabis pour des raisons médicales sans avoir consulté un médecin;

- Les hommes (69%), les gens âgés de 18-34 ans (72%) et les résidents de l'Ontario (71%) sont les personnes les plus susceptibles de prendre ces médicaments;

- 82% des Canadiens sont d'accord que le cannabis peut atténuer la douleur et les autres symptômes;

- 18% des personnes interrogées pensaient que les médicaments à base de cannabis existaient déjà.

Ceci porte à croire qu'avant que les médicaments à base de cannabis puissent être intégrés au système de soins de santé, les professionnels de la santé doivent être mieux éduqués et formés, comme ils devraient l'être pour toute autre nouvelle catégorie de médicaments, ce qui est logique.

Tôt ou tard, les médecins en qui nous avons confiance disposeront des médicaments à base de cannabis auxquels ils peuvent aussi faire confiance. Ces médicaments répondront aux normes établies par Santé Canada, par les associations médicales et les compagnies d'assurance, et faciliteront l'accès aux médicaments à base de cannabinoïdes pour traiter plusieurs problèmes de santé. Ce qui va grandement changer la donne.

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