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07/03/2015 08:45 EST | Actualisé 07/05/2015 05:12 EDT

Légalisation du cannabis: 8 questions un 8 mars à 8 leaders québécoises

Un appel à plus de huit leaders québécoises pour huit actions précises visant une légalisation/étatisation et vente du cannabis de qualité contrôlée en SAQ et pharmacies. Le but est d'améliorer la santé publique, et aussi d'aider à la persévérance scolaire des ados.

La semaine dernière seulement, l'Alaska et la Jamaïque ont rejoint le Concert de plusieurs nations des Amériques où leurs élus ont courageusement voté des lois pour une légalisation du cannabis.

Ces deux États emboîtent le pas à l'Uruguay reconnu depuis le 1er janvier 2014, « meilleur pays au monde », selon le réputé magazine financier britannique The Economist et les états américains du Colorado, de l'Oregon, de Washington et du District de Columbia, remplit celui-là de milliers de fonctionnaires. Par conséquent, les élus du Québec - tous partis et paliers confondus - ont le devoir de profiter de la Journée internationale de la femme, pour passer à l'action pro-légalisation. Pourquoi un 8 mars? Pour dire d'abord haut et fort aux conservateurs de Stephen Harper que « la Terre est ronde... et bleue » et que « le monde aspire à plus de vert ».

Surtout que la guerre à la drogue, au Nord comme au Sud et peu importe la circonscription parmi les 125 du Québec et les 308 au Canada, ont fait incontestablement plus de victimes et de morts à ce jour que n'importe laquelle consommation de cannabis. À mon avis et l'avis de milliers de Québécois et de Québécoises qui l'ont exprimé par le passé lors de sondages successifs, il est impératif d'agir en faveur d'une légalisation, spécialement auprès des jeunes, particulièrement les adolescentes.

En effet, des milliers de jeunes filles, étudiantes et autres, sont délibérément ciblées depuis longtemps par d'hypocrites compagnies de tabac qui ne cessent de contourner les lois du tabac. Ces compagnies mondiales continuent de vendre une variété de petits paquets dits «légaux» de cigarillos de saveur, tous plus dommageables et colorés les uns des autres, et attrayants comme des iPod ou iPhone. Impliquées déjà aux frontières dans la contrebande de tabac, ces cupides et notoires cigarettières font l'objet, depuis 2009, d'une impressionnante et inédite poursuite judiciaire par le gouvernement du Québec estimée à... 60 $ milliards de dollars.

Cigarettes, cigarillos sont les plus grandes causes en 2015 de cancers du poumon et de la gorge, mais aussi de solides freins à la persévérance scolaire.

En plus, comme certaines de ces adolescentes fument pour des raisons identitaires et d'estime de soi, elles sont hautement plus vulnérables lorsque ciblées aux portes des écoles par d'habiles gangs de rue, bien organisés. Bien organisés comme dans « crime organisé ». Sans évidemment leur demander une carte d'identité comme dans les dépanneurs, ces petits criminels « Bleus » ou « Rouges », « Crisps » ou « Bloods » leur vendent une camelote de très mauvaise qualité, 470 % plus puissante qu'il y a 20 ans. Chaque joint vendu étant du même coup onze fois plus fort qu'une simple cigarette. Heureusement selon de nombreuses et récentes études, le cannabis n'est pas une drogue de passerelle vers des drogues plus dures : alors que l'alcool et la nicotine du tabac le sont définitivement !

Cependant, notre laxisme et notre lamentable hypocrisie sociale font en sorte que contrebandiers et gangs de rue sont totalement à la solde des bandes de motards et surtout, des mafias italienne, asiatique, irlandaise, russe ou québécoise. Chacune d'elles tue chaque jour dans l'unique but de toujours mieux contrôler horizontalement et verticalement ce lucratif marché milliardaire, et ce, au détriment de la santé publique. La lutte à la drogue est devenue en 2015 le plus vaste détournement de fonds publics, depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Les solutions durables à la pauvreté exigent courage et audace

Courage et audace, comme il y a 80 ans lors de la prohibition de l'alcool ou il y a 25 ans lors de la révolution au niveau de la vente de vin dans les dépanneurs et supermarchés. En ce 8 mars, Journée internationale des femmes, je lance un pressant appel aux 34 femmes députées à l'Assemblée nationale du Québec afin qu'elles s'unissent devant ces narcotrafiquants qui, le 27 septembre dernier, ont tué délibérément 43 étudiants mexicains d'Iguala, toujours recherchés par leurs mères et grand-mères, simplement parce que ceux-ci avaient organisé une collecte de dons afin de financer leur marche pacifique pour contrer un projet de réforme de l'éducation dans l'État du Guerrero.

Ici au Québec, refusant de voir et de s'attaquer à une hyper lucrative économie souterraine contrôlée par des caïds connus et qui se protègent par leur seule loi de l'omerta, notre trio des austères banquiers Leitao, Coiteux et Daoust préfère, comme sur une autre planète, en pleines consultations pré budgétaire 2015-2016 , sous apparence de transparence, appliquer des compressions irréalistes qui affectent dangereusement femmes et enfants. La modulation des tarifs en garderie et les compressions en santé et en éducation, comme seuls exemples, s'en prennent directement aux enfants. Elles toucheront les Québécoises, de manière disproportionnée. Les exigences patronales de M. Coiteux envers les employés de la fonction publique et des services publics « dopent royalement» et mènent directement un secteur majoritairement féminin tout droit vers plus d'appauvrissement.

Voilà pourquoi, j'ose appeler plus de huit femmes leaders d'ici pour huit actions précises visant une légalisation/étatisation et vente du cannabis de qualité contrôlée en SAQ et pharmacies. Le but est d'atteindre une meilleure santé publique, mais aussi d'aider à la persévérance scolaire des ados, spécialement les jeunes filles. Ainsi :

1. Je lance d'abord un appel à Louise Arbour, ex-juge en chef à la Cour suprême du Canada et ex Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. L'ex-juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, le Kosovo et l'ex- Yougoslavie doit continuer d'user de son immense influence et de celle d'une quarantaine de leaders internationaux afin de rappeler au public et aux élus du Québec et du Canada, les recommandations novatrices de la Commission mondiale sur la politique des drogues. Leur rapport suggérait aux 33 chefs d'État réunis au Sommet des Amériques de Carthagène, toute l'importance d'une concertation continentale et d'une légalisation de certaines drogues douces, à débuter par le cannabis et ses dérivés.

2. J'appelle Lise Thériault, vice première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique à faire tandem avec ses collègues, Me Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et responsable de la Condition féminine de même qu'avec Jean-Marc Fournier aux Affaires intergouvernementales et Me Madeleine Giauque, nouvelle « Chef de police des polices » pour réclamer haut et fort de leurs homologues d'Ottawa, le rapatriement par le Québec des pleins pouvoirs et l'application du Code criminel canadien. Pourquoi? D'abord, pour désengorger le système et les cours de justice du Québec. Mais surtout pour mieux absorber les frais d'exploitation inouïs et faramineux des prisons d'ici qui sont surpeuplées; des pénitenciers d'où les trafiquants, avec ou sans cellulaire, s'évadent à Saint-Jérôme, Orsainville et ailleurs; au vu et au su des médias de toute la planète.

Les ressources humaines, technologiques et financières épargnées pourraient ainsi être réinvesties dans des procès hautement plus criminels que la simple possession de cannabis. Pensons à toutes ces enquêtes nécessaires impliquant les firmes de consultants informatiques associées jusqu'à maintenant au Dossier de santé électronique (DSÉ) ou encore, à l'urgent rétablissement d'un Registre québécois des armes à feu.

Infaisable de rapatrier ce Code criminel, me direz-vous? Non. Chacun des 50 états des États-Unis applique différemment son propre Code pénal - peine de mort, conjoints de même sexe, avortement - dans un fédéralisme typiquement américain.

3. J'appelle Lucie Charlebois, membre du Conseil du Trésor et ministre déléguée à la Réadaptation à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique d'interpeler son vis-à-vis le Dr Gaétan Barrette pour qu'il actualise au plus tôt les études de leur ministère. Surtout depuis l'An 1 de la légalisation du cannabis au Colorado qui affiche des revenus de 76 $ millions nets pour un petit état de 3,2 millions d'habitants, sans compter les nombreux gains notés en matière de santé publique : (réduction de la consommation d'alcool et des accidents routiers mortels).

Appliquée au Québec, la légalisation engendrerait 192 millions récurrents chaque année dans les coffres de l'État. Une telle somme équivaut au coût réel de la hausse des frais de scolarité demandée il y a deux ans aux étudiants des CÉGEPS et universités. C'est aussi l'équivalent de la hausse de tarifs de 2,9 % demandé en 2013 par Hydro-Québec ou encore le cadeau fiscal des contribuables québécois offert aux riches compagnies pharmaceutiques transnationales - celles qui, avec les pétrolières, possèdent les lobbies les plus efficaces - et qui ont préféré depuis, délocaliser leur production après la fin de leurs brevets.

Nos deux ministres québécois à la Santé - plus importants postes budgétaires du gouvernement - ont l'obligation de se faire un sérieux examen de conscience. D'abord à propos des nombreuses et récentes recherches qui révèlent d'une part que 16 000 hommes et femmes meurent, chaque année en Amérique du Nord, d'une surdose de médicaments aussi banals que l'Aspirine, le Tylenol et l'Advil... Pourtant, aucun cas documenté de surdose de marijuana n'a été diagnostiqué à ce jour par un médecin, certifié ou charlatan, et ce dans toute l'histoire médicale mondiale.

4. J'appelle aussi Martine Ouellet, seule aspirante à la chefferie du Parti québécois à peaufiner son programme « l'éducation, c'est la base » qui vise une meilleure place aux CÉGEPS en tant que centre attractif des régions. L'ex-ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a récemment renouvelé son soutien aux étudiants de l'Université Laval (CADEUL) concernant le projet de Fonds des services de santé et d'éducation postsecondaire (FSSEP). Voilà certes une solution parmi tant d'autres pour pallier au mauvais financement du réseau postsecondaire au Québec. Cependant, afin de regagner la confiance d'une génération, son ex-confrère député Léo Bureau-Blouin, maintenant président du Conseil national des jeunes péquistes (CNJP), appuie maintenant l'aspirant-chef Alexandre Cloutier. Léo Bureau-Blouin s'est prononcé, comme l'aile jeunesse du parti de l'Opposition officielle, pour une légalisation/nationalisation du cannabis.

5. J'appelle Raymonde Plamondon, présidente de la Fédération des agricultrices à faire alliance avec son président Marcel Groleau de l'Union des producteurs agricoles (UPA) pour inciter quelques-uns seulement des 42 000 producteurs de leurs 92 syndicats affiliés pour produire et récolter, grâce aux serriculteurs et coopératives certifiés, un cannabis de qualité, voire même sous appellation contrôlée. Comme le sont plusieurs vins et fromages. Aidés, à titre expérimental, par nos surplus d'électricité, la formule serait gagnante comme elle l'a été pour attirer les alumineries et des emplois bien rémunérés en région. Le mouvement coopératif - dont font partie Agropur et la Coop fédérée , d'importants employeurs du Québec - est également reconnu pour créer les emplois les plus durables.

Il faut surtout agir rapidement afin de déstabiliser les clubs de motards criminels comme ceux qui, dans les champs de maïs ou de plus en plus dans des plantations en forêt, menacent, armés, la sécurité des travailleurs agroforestiers. Sans compter les fusillades survenues avec des policiers dans plusieurs comtés, y compris dans celui du premier ministre Philippe Couillard, Roberval. Le chef du PLQ a pourtant fait de l'emploi et de la forêt un engagement électoral ferme juste avant le jour de l'élection générale du 7 avril 2014.

6. J'appelle Diane de Courcy, nouvelle présidente du Groupe d'action sur la persévérance scolaire (GAPS) à s'associer à d'autres femmes du domaine de l'éducation pour la légalisation, soit avec Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (CSN), Frances Dionne et Louise Noël, vice-présidentes de la Fédération enseignante affiliée à la CSQ de même que Marie-France Bélanger, présidente du CA de la Fédération des CÉGEPS et Luce Samoisette, présidente du nouveau Bureau de la coopération interuniversitaire (anc. la CREPUQ).

Après le mouvement des « jeannettes », les « marijua-nettes » se doivent de coopérer fièrement et en étroite synergie pour susciter un apport historique du personnel des 12 collèges et universités qui, à Alma, Québec-Lévis, en Abitibi-Témiscamingue, Joliette, Nicolet, Sherbrooke ou Montréal offrent aujourd'hui une formation spécialisée et de pointe en gestion et production agricoles et techniques policières. Voilà de surcroit de sérieuses partenaires en emplois « non traditionnels » parmi les mieux organisés pour surmonter une éventuelle crise ou sursaut économiques.

7. Le 8 mars, j'appelle solennellement Katia Lelièvre, présidente du Syndicat des 5 500 employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec (SEMB-SAQ) d'agir en concertation avec Suzanne Paquin, secrétaire générale et affaires juridiques au CA de la SAQ afin que ce vaste réseau professionnel de vente et de spiritueux offre, dans le futur, sous présentation de la « carte soleil », une variété de cannabis psycho récréatif dans ses 403 points de vente. L'idée permettrait sans conteste et grâce à une partie des revenus soutirés des mains de la mafia d'embaucher plus d'agents de sécurité en succursale et d'éviter ainsi tout autre cas d'agression armée - pour quelques bouteilles d'alcool ! - comme celui sur Hélène Leduc, cette employée laissée seule et attaquée à Baie-d'Urfé décédée en janvier après avoir été tétraplégique durant cinq ans...

Ces SAQ ont de solides infrastructures de vente, uniques au Canada. Elles nécessiteraient seulement de nouveaux espaces pour une vente de cannabis (et une plus grande sélection de vins du Québec) qui seraient toujours contrôlés par ses employés qualifiés. Ceux-ci sont déjà bien rémunérés et aident des centaines de jeunes qui y trouvent les week-ends une source de revenus pour payer leurs études postsecondaires.

Les SAQ maintiendraient ainsi leur position de seconde et principale source de revenus, après l'hydroélectricité, au Fonds consolidé de la province. Ces nouveaux fonds combleraient la perte de revenus observée dans les activités des casinos, loteries et pokers virtuels. Ils aideraient surtout à bâtir et rénover des écoles aux prises avec des problème de moisissure ou encore de faire de même avec les résidences pour nos ainés en manque flagrant de systèmes de sécurité et de gicleurs-incendie.

8. Enfin, j'appelle Sylvie et Marie-Josée Coutu, membres du Conseil d'administration des 416 pharmacies du Groupe Jean Coutu à représenter les 8 068 pharmaciens hautement formés et en première ligne de notre système de santé. Nos apothicaires se sont tous offerts par le passé pour désengorger les urgences d'hôpitaux. Ces cliniciens souhaitent depuis longtemps mieux conseiller et contrôler la qualité et les prescriptions de plus de 8 000 Québécois détenteurs actuels d'une ordonnance de cannabis médical. Une telle expertise pour les seules pharmacies PJC - « là où ontrouve de tout même un ami ! » - serait une « valeur totalement ajoutée et hautement concurrentielle » pour ce vaste réseau de franchisés du Québec Inc., déjà bien présents et actifs chez nos voisins les États-Unis.

Les astres sont si bien alignés que dans moins de 18 mois, lors des élections aux États-Unis, les Américains pourraient élire une première femme à la présidence. Hilary Clinton est une ardente défenseure d'une assurance maladie à la canadienne. Elle aussi a avoué avoir inhalé la fumée de quelques joints de mari. Selon le Huffington Post, elle s'est même laissé toutes les portes grandes ouvertes pour une légalisation du cannabis. Elle ambitionne de remplacer Barack Obama qui a reconnu que l'alcool créait plus de dommages que fumer de la marijuana. Elle souhaite ardemment elle aussi marqué l'histoire le 8 novembre 2016, soit le même jour où plus d'une quinzaine d'états américains tiendront un référendum sur la légalisation du cannabis; des consultations populaires et démocratiques auxquelles le fédéral (américain) a promis de ne point s'objecter...

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